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Rapport annuel des évêques

Année: 1924
Pays: Japon
Mission: Osaka
Rédacteur:Mgr Castanier

III. – Osaka

Population catholique 4.298
Baptêmes d’adultes 186
Baptêmes d’enfants de païens 255
Conversions d’hérétiques 2


« L’événement principal de cette année, écrit Mgr Castanier, est la division définitive de notre Mission. La décision prise en 1921 par la Sacrée Congrégation de la Propagande de créer une nouvelle Mission avec la partie Ouest de notre diocèse, est enfin réalisée. Le décret d’érection du Vicariat Apostolique de Hiroshima est daté du 4 mai 1923. Cependant, pour diverses raisons, Sa Grandeur, Mgr Doering, S. J., n’a pu prendre la charge de cette nouvelle Mission que le 23 septembre 1923.
« Par le fait de cette division, le diocèse d’Osaka se trouve diminué de cinq vastes départements, d’une population totale de 5.000.000, dont un millier de catholiques. Pour rendre hommage aux missionnaires de la Société des Missions-Etrangères qui, dans cette partie du diocèse, se sont dépensés durant de longues années, et aussi afin de donner des renseignements utiles à nos successeurs, M. Duthu, sur le désir de son évêque, a composé une série de monographies des huit districts que nous avons cédés. Ce travail a été très apprécié par Mgr Doering qui en a vivement remercié.
« Nos confrères qui évangélisaient la région cédée, ont installé les pères Jésuites et, à la fin du mois de septembre 1923, sont rentrés dans le diocèse d’Osaka. Seul, notre doyen, M. Villion, sur son désir et sur la demande de Mgr Doering, est resté dans son poste de Hagi, jusqu’aux derniers jours du mois d’août de cette année. Ce confrère, toujours vert malgré ses quatre-vingts ans passés, tenait à terminer l’œuvre à laquelle il s’est dévoué depuis plus de vingt ans.
« M. Villion eut jadis la bonne fortune de découvrir, à Yamaguchi, l’emplacement du temple qui fut donné en 1551 à saint François Xavier par le Daimyo du temps ; ce temple servit de résidence au saint pendant les six mois de son séjour dans cette ville. Aussitôt, notre confrère résolut d’élever sur cet emplacement un monument destiné à perpétuer le souvenir du grand apôtre ; il remua littéralement ciel et terre et la campagne menée pendant des années a été couronnée de succès. Aujourd’hui, l’entreprise, appréciée par les Japonais eux-mêmes, est entre les mains d’un Comité présidé par le Préfet de Yamaguchi. Ce Comité comprend, outre les principaux représentants diplomatiques des pays étrangers, bon nombre des membres de l’aristocratie du pays ; enfin, l’œuvre a été honorée de la haute approbation de son Altesse Impériale, le Prince Régent du Japon. Au milieu d’un parc de verdure, doit s’élever une croix monumentale en marbre blanc, portant au croisillon le médaillon en bronze du saint ; au-dessus sera fixée une plaque avec la copie de l’acte de donation de 1551, que l’on possède encore. Cette croix reposera sur un piédestal en granit. Notre Saint-Père le Pape, mis au courant du projet, a daigné le bénir et fait parvenir au Préfet de Yamaguchi une lettre fort élogieuse. »
Après la division, le diocèse d’Osaka ne comprend plus que sept départements, avec une population d’environ dix millions d’habitants, sur laquelle nous ne comptons encore que 4.298 catholiques.

« Les confrères qui nous revenaient de l’ouest allaient, en grossissant nos rangs, nous permettre d’intensifier un peu ici, au centre de la Mission, le travail d’évangélisation ; mais il fallait leur fournir les moyens de se mettre au travail, c’est-à-dire installer matériellement de nouveaux postes : tâche difficile à laquelle il a fallu faire face cette année.
« Grâce à Dieu, le travail d’évangélisation n’en a pas souffert : la construction d’une église, l’installation matérielle de plusieurs nouveaux postes, n’ont pas ralenti l’activité des ouvriers apostoliques et les bénédictions de l’Auteur de tout bien sont descendues sur notre œuvre d’une façon si manifeste qu’on s’est écrié plus d’une fois : « Digitus Dei est hic. »
« L’automne de 1923 a vu l’achèvement de l’église du Sacré-Cœur, paroisse des catholiques étrangers de Kobé. Les travaux ont duré deux ans, sous la direction de M. Fage, Vicaire Général et Curé de la Paroisse. Le dimanche, 9 décembre, jour où l’on fêtait ici l’Immaculée Conception, l’Evêque d’Osaka a béni solennellement la nouvelle église, devant une assistance heureuse de voir enfin le couronnement de ses efforts. La paroisse étrangère, où sont représentées pas moins de vingt nationalités différentes, et qui n’est ni nombreuse, ni riche, pourra se rendre le témoignage d’avoir édifié l’église presque avec les seules ressources de ses fidèles. L’édifice est déjà payé aux trois quarts. M. Fage a érigé la fabrique de sa paroisse conformément aux prescriptions du Droit Canon, et ses nouveaux marguilliers, fiers d’être appelés à partager les responsabilités matérielles de leur Pasteur, se sont engagés à prêter tout leur concours pour l’amortissement rapide de la dette paroissiale.
« M. Bousquet, après avoir habité pendant trois ans une maison de location à Nishinomiya, s’est enfin transporté sur le nouveau terrain qu’on a pu acquérir à peu de distance de sa première installation. La Mission a élevé sur ce terrain les constructions nécessaires : chapelle, salle de conférences, maisons d’habitation pour le missionnaire et le catéchiste, et il reste encore de la place pour les développements futurs.
« A signaler encore cette année la fondation d’un nouveau poste dans la ville de Sakai. Aujourd’hui Sakai n’est plus guère qu’un faubourg de notre immense Osaka ; mais au XVIIe siècle, cette ville a marqué son nom dans l’histoire de l’Eglise au Japon. C’est dans son port que s’embarquaient et débarquaient les missionnaires, dans leurs allées et venues entre la capitale et la grande île de Kyushu. Là vécut une chrétienté fervente, et les martyrs, en route pour le lieu des supplices, ont foulé ce sol.
« M. Cettour a accepté joyeusement de fonder ce nouveau poste. Il loge, pour commencer, dans une pauvre maison de location. Un groupe de chrétiens venus d’un peu partout résidaient déjà dans cette ville et aux environs. Le missionnaire a commencé à les réunir et il espère par eux atteindre peu à peu les païens.
« Dans la ville d’Osaka, l’agrandissement de la gare centrale a amené l’expropriation du poste de la Mission catholique situé dans le quartier de Kitano. Par un concours de circonstances providentielles, M. Geley, chargé de ce poste, a découvert, à une centaine de mètres de l’ancienne Mission, un terrain inoccupé que la Mission a pu acheter à un prix raisonnable. La nouvelle installation, d’une superficie un peu supérieure à celle de la précédente, a, pour les chrétiens du poste, les mêmes facilités de communications. Aussitôt le contrat signé, M. Geley n’a pas perdu une minute pour y faire transporter les divers bâtiments de la Mission. La chapelle a été rebâtie et agrandie ; la salle de conférences, le presbytère et les maisons des catéchistes ont été debout pour la fin de juillet. Cette mutation a donc été l’occasion d’une amélioration sérieuse dans l’installation matérielle du poste de Kitano.

« En parcourant les comptes rendus que m’ont envoyés mes missionnaires, je ne puis qu’admirer l’inlassable courage avec lequel chacun d’eux reste attaché à son labeur. Les moyens humains dont nous disposons paraissent si disproportionnés en face de la grande œuvre à laquelle nous travaillons, l’évangélisation de nos villes et de nos campagnes marche si lentement au gré de nos désirs, que nous sentons toujours davantage la nécessité de faire appel avant tout aux moyens surnaturels, à la prière. C’est pourquoi l’œuvre de l’Apostolat de la Prière vient d’être établie dans presque toutes nos paroisses. M. Marmonier, nommé directeur diocésain de l’œuvre, s’acquitte de sa tâche avec un zèle au-dessus de tout éloge. Comme il prêche par l’exemple, ses chrétiens l’imitent ; dans son poste de Maizuru, la dévotion au Sacré Cœur est en honneur et produit d’heureux fruits. Cette année Dieu a récompensé son zèle, en lui faisant cueillir la plus belle gerbe de toutes celles qui ont été cueillies durant cet exercice : 23 baptêmes d’adultes.

« De l’œuvre d’évangélisation proprement dite, passons maintenant aux œuvres d’éducation de nos chers auxiliaires, Religieux et Religieuses.
« Les Frères Marianistes ont fêté l’automne dernier, le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de leur Ecole « l’Etoile Brillante », à Osaka. Plusieurs d’entre nous, missionnaires d’Osaka, ont assisté à la naissance de l’Ecole. Le Directeur, M. Wolf, était là avec trois Frères. On avait loué un local convenable pour commencer ; la permission officielle était obtenue ; le personnel enseignant était prêt et la réclame était suffisamment lancée, on espérait. Cependant on ne voulait pas se montrer trop difficile et on se résignait à commencer, même avec une trentaine d’élèves. C’était le minimum au-dessous duquel les prévisions même les plus pessimistes ne voulaient pas descendre…Or, on eut, le premier jour… deux élèves ! Des gens bien informés disent que ce soir-là, à l’école, silencieusement, dans l’ombre, il y eut des larmes versées. Mais c’étaient ces larmes qui devaient arroser le grain de sénevé et le faire germer. Aujourd’hui il est devenu un grand arbre. Dans la cour de l’école, on se plaît à contempler un groupe compact de 850 jeunes gens, évoluant dans une tenue impeccable et dans un ordre parfait. Comme on voit clairement l’action de la Providence sur cette œuvre !
« A chaque rentrée, faute de place, on doit refuser des centaines de demandes d’admission. Aussi, la direction a pris des mesures pour procéder à l’agrandissement de l’Ecole.
« La cataclysme de septembre 1923 a détruit à Yokohama le collège où les Frères Marianistes élevaient les enfants de la population étrangère. Heureusement, tous les Frères eurent la vie sauve et purent se réfugier à Kobé, où la Procure de la Mission d’Osaka fut heureuse de leur donner l’hospitalité pendant deux mois. La population étrangère de Yokohama s’étant aussi, en grande partie, retirée à Kobé, les Frères, en attendant que Yokohama se relève de ses ruines, ont rouvert ici provisoirement leur Collège Saint-Joseph. Tout de suite ils ont réuni 600 élèves, et ils continuent jusqu’à nouvel ordre, dans le diocèse d’Osaka, leur œuvre d’éducation de Yokohama.
« Les Dames du Sacré-Cœur ont développé l’établissement fondé par elles, l’an dernier, près de Kobé, pour l’éducation des jeunes filles de la classe aisée. Depuis le 1er avril dernier, elles ont, avec l’autorisation du Gouvernement, ouvert une école primaire et un lycée de filles.
« Les Religieuses du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles continuent, soit à Kobé, soit à Osaka, à développer leurs œuvres.
« Les Religieuses de Nevers en sont maintenant à leur deuxième année de leur lycée de filles, et les élèves qui viennent suivre des cours particuliers augmentent sans cesse.
« J’attendais d’avoir donné ce court résumé de nos travaux pour vous narrer, un peu à loisir, une consolation que la Bonne Providence vient de nous envoyer : la découverte, dans de petits hameaux perdus au fond des montagnes à trois lieues au nord d’Osaka, de quelques descendants des catholiques du XVIIe siècle. Hâtons-nous de dire qu’il ne faudrait pas grossir l’événement, ni caresser trop tôt l’espoir du retour au Catholicisme, à part peut-être quelques unités, de ces descendants des anciens chrétiens, d’ailleurs peu nombreux. Mais à supposer même que le fait ne sorte pas des modestes proportions qu’il a jus-qu’ici, la joie qu’il nous a causée à tous, missionnaires et chrétiens, est telle, que je me reprocherais de ne pas la faire partager.
« Qui ne se rappelle l’émotion ressentie dans tout le monde catholique à la nouvelle de la découverte, en 1865, des anciens chrétiens de Nagasaki ? Pendant près de trois cents ans, la persécution, sans contredit la plus terrible qu’ait eu à enregistrer l’Histoire de l’Eglise, avait sévi au Japon. Aucun prêtre n’était resté, aucun prêtre n’avait pu aborder dans ces îles. Ceux qui voulurent tenter l’impossible et entrer quand même payèrent de leur tête leur sainte audace, avant même d’avoir pu pénétrer auprès de ceux pour qui ils venaient. La rage des persécuteurs n’avait rien omis pour effacer jusqu’au dernier vestige du Catholicisme.
« Et tout d’un coup, l’on apprit que des chrétiens restaient au Japon ; que pendant près de trois siècles, sans prêtres, sans sacrements, des milliers et des milliers de Japonais avaient, en secret, gardé au cœur la foi catholique, la foi de leurs pères, les Confesseurs du XVIe et du XVIIe siècle ! Comme on comprend bien les larmes de joie du doux Pontife Pie IX, alors sur le Calvaire, s’écriant à cette nouvelle : « Le Japon me console de tout ! »
« Quatre ans après la découverte de Nagasaki, en 1869, nos confrères pouvaient enfin s’établir à Osaka. Ils savaient, par les Annales des anciens missionnaires, combien cette région, elle aussi, avait compté de chrétientés florissantes. Ils savaient qu’à TAKATSUKI, en particulier, le seigneur du lieu, le fameux « Juste Takayama », avait implanté si bien la foi dans ses domaines que, en 1581, quinze mille fidèles avaient assisté à la fête de Pâques. Toute cette chrétienté avait-elle été anéantie ? N’en restait-il aucun vestige ? Nos Confrères firent des recherches. Hélas ! rien n’aboutit. Cependant un jour, en 1878, M. Plessis, missionnaire à Osaka, tressaillit d’espérance : Deux pauvres femmes de la campagne, venant vendre des légumes, avaient confié à ses catéchistes que, dans leurs villages, on était chrétien. Immédiatement le missionnaire partit à la découverte. Hélas ! il lui fut absolument impossible de faire parler, tellement trois cents ans de persécutions avaient rendus peureux ces pauvres gens.
« Aujourd’hui, personne parmi nous n’espérait plus. Or, en 1923, dans un petit village à trois lieues d’ici, un maître d’école découvrait des pierres tombales chrétiennes, datant de l’an 1600. Cette trouvaille, d’un intérêt purement historique pour nos Japonais, attira l’attention de deux professeurs de l’Université Impériale de Kyoto. Ils vinrent sur les lieux examiner les pierres tombales ; puis un habitant leur montra la collection d’objets chrétiens qu’il avait hérités de ses ancêtres. L’ « Assahi », grand journal d’Osaka, envoya aussi des gens et, dans son numéro du 8 novembre 1923, il publia un article détaillé, orné de photographies. On avait découvert deux familles avouant descendre des anciens chrétiens.
« A la lecture de cet article, un catholique d’Osaka, marchand ambulant de son métier, prit dès le lendemain le chemin de la montagne, et tout en exhibant ses articles, il réussit à faire parler les deux familles signalées par le journal. De retour chez lui, il s’empressa de mettre M. Birraux, curé de la cathédrale, au courant de ses investigations et des résultats obtenus. Celui-ci fut alors chargé par son évêque de pour suivre les recherches, et de ressusciter, si possible, cette ancienne chrétienté.
« Dès le premier voyage, le missionnaire se rendit compte qu’il fallait procéder avec une extrême prudence et qu’un sage lenteur était nécessaire. Au mois de janvier, muni de ses instructions, son paroissien alla louer une petite chambre et se fixer au milieu de ces paysans. Bientôt notre homme reçut les confidences de deux familles et devint même persona grata auprès d’une bonne vieille, âgée de quatre-vingt-six ans, bien conservée malgré son grand âge. Quelques jours plus tard, M. Birraux put avoir avec celle-ci une conversation qu’il nous a résumée
« La vieille récita l’Ave Maria conservé parmi ces descendants de chrétiens pendant trois cent cinquante ans, prière où les mots japonais sont entremêlés de termes latins, et qui cependant fut récitée sans la moindre faute.
– Est-ce que tu récites encore cette prière ?
– Oui, de temps en temps, surtout lorsque j’éprouve quelque peine. Autrefois, lorsqu’il y avait un décès, tous les parents se réunissaient en cachette et récitaient trois chapelets pour le mort… Jadis, nous étions toujours sur le qui-vive. A chaque décès, un fonctionnaire venait de la ville de Takatsuki afin d’examiner le cadavre et s’assurer qu’il ne portait aucun signe de la religion perverse.
– Pour les funérailles, appeliez-vous le bonze ?
– Oui, parce qu’on y était forcé ; mais pendant qu’il chantait ses prières devant le cadavre, nous allions derrière lui réciter les nôtres, afin d’effacer les siennes.
– Sais-tu si l’on t’a fait quelque cérémonie sur le front ?
– Je sois que, quand j’étais petite, mon père m’a fait sur le front un signe de croix avec de l’eau.
Et la vieille femme raconta ensuite que, jusqu’à l’âge de vingt ans, elle a vu huit ou dix familles du voisinage se réunir encore les dimanches. Seulement, pour détourner les soupçons, on appelait cela le « cha bi » (jour du thé). Tous les printemps, pendant quarante jours, les gens du hameau, tout en travaillant aux champs, ne faisaient qu’un seul repas, le soir. Mais, ajoute la vieille, après ces quarante jours on faisait un grand festin.
– D’après les enseignements de nos ancêtres, il ne faut pas, comme c’est l’usage au Japon, brûler de l’encens ou offrir des mets devant les idoles ou devant les tablettes des ancêtres. »
« Peu à peu, à chaque visite du missionnaire, le cœur de ces villageois s’ouvrit. La bonne aïeule alla jusqu’à désigner les familles descendant de chrétiens connues d’elle, et ses enfants montrèrent à M. Birraux le trésor des reliques chrétiennes héritées des ancêtres.
« Le démon ne pouvait voir le bien se faire sans le contrecarrer ; le bonze du village se fit son instrument. Il circula dans les familles, confiant à voix basse à ces paysans que l’étranger et son homme n’étaient rien moins que des agents bolchevistes, surveillés de près par la police. Ces insinuations firent leur chemin.
« M. Birraux se décida alors à profiter de la grande bienveillance que le Préfet d’Osaka a toujours témoignée aux missionnaires et à leur œuvre. Sur sa demande, le Préfet lui donna sa carte avec un mot de recommandation pour le sous-préfet de la région qu’il visitait, enjoignant à celui-ci de veiller à ce qu’on n’allât pas par malveillance entraver le missionnaire dans ses recherches. Muni de cette carte, notre confrère rendit visite au sous-préfet qui, à son tour, transmit ses instructions aux maires des villages en question. L’effet produit fut immédiat. »
Le 29 avril, M. Birraux eut la joie de recommencer sur ces montagnes l’offrande du Saint Sacrifice de la messe qui avait été interrompu depuis plus de trois cents ans.
Cette première fois, le démon tenait encore éloignés les fils des martyrs. Mais au mois de juillet, à la deuxième célébration du Saint Sacrifice, plusieurs vinrent y assister et présenter leurs adorations au vrai Dieu. Depuis, à chaque visite du missionnaire, leur nombre augmente toujours de quelques unités, et le jour de l’Assomption, trois d’entre eux se sont enhardis jusqu’à faire le voyage d’Osaka pour assister à la messe, à la Cathédrale.
« Nous espérons que grâce à l’intercession de Marie Immaculée, dont le nom n’a cessé d’être invoqué dans ces montagnes pendant plus de trois cents ans, et grâce à l’intercession des Confesseurs et des Martyrs leurs ancêtres, ces descendants des anciens chrétiens reviendront bientôt à la foi de leurs pères. »


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