| Année: |
1914 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
Laos |
| Rédacteur: | Mgr Prodhomme |
V. — Laos
Population catholique 12.509
Baptêmes d’adultes 217
Baptêmes d’enfants de païens 72
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« A un moment donné, écrit Mgr Prodhomme, le nombre des ouvriers apostoliques du Laos, mobilisés ou malades, s’élevait à dix huit, et, on. parlait de nous prendre encore cinq missionnaires de la rive gauche du Mékong ! Heureusement, M. Boher nous est revenu de France, et deux de nos mobilisés ont bénéficié d’un sursis.
« La mort nous a enlevé le P. Ambroise Xun, excellent prêtre indigène. Sur les quatre autres prêtres indigènes, qui nous restent, le doyen d’âge et le plus jeune laissent beaucoup à désirer sous le rapport de la santé. Vous pouvez juger, d’après ce simple exposé, du désarroi dans lequel se trouve notre cher Laos.
« La visite épiscopale a eu lieu, cette année, dans presque tous les centres chrétiens de quelque importance. Les néophytes ont montré le plus louable empressement pour recevoir leur évêque et assister aux instructions, qui se faisaient, matin et soir, pendant les deux ou trois jours que durait la visite. Les confessions et les communions ont été nombreuses, chacun tenant à gagner l’indulgence plénière qu’apportait le vicaire apostolique.
« Ma première tournée se fil, en vapeur, dans le nord de la mission. Parti le 4 décembre, je ne rentrai à Nong-seng que le 27 du même mois. A. Vien chan, l’absence de M. Figuet se faisait visiblement sentir. Les chrétiens de l’endroit ne manquent pas d’une certaine bonne volonté ; mais, à part trois ou quatre familles, ce sont des cosmopolites qui mènent une vie peu conforme aux règles de l’Eglise. Tous cependant voudraient que leurs enfants fussent élevés chrétiennement.
« A Yienkouk, chez M. Jantet, il y eut 15 confirmations. Le poste de Pakson, placé sous la direct ion de M. Delalex, semble s’affermir de plus en plus dans la foi ; il a fourni 72 confirmations. Nous célébrâmes la fête de Noël à Keng sadok. Plusieurs centaines de communions et 102 confirmations furent le couronnement de cette belle solennité, Le lendemain nous disions au revoir à M. Gouin, curé du lieu, pour rentrer à Nong Seng.
« Le 24 janvier, soixante-cinquième anniversaire de mon baptême, je me remettais en route pour Bassac avec M. Paulin. Je voulais visiter le sud de ma mission. Nos transbordements successifs de vapeur en pirogue et de pirogue en vapeur, se firent sans accident. A Bassac, la réception fut splendide ; le roitelet nous fit l’honneur de venir dîner à notre table. Je confirmai 24 néophytes et visitai les deux succursales situées sur la rive, droite du Mékong.
« Trois jours suffisent, avec des chevaux bien entraînés, pour franchir la distance de Bassac à Oubone, mais il nous en fallut plus de quatre, parce que nos chevaux n’étaient pas de
première qualité, et que je me trompai de chemin, n’étant point passé par là depuis longtemps.
« Belle réception à Oubone, et très belle fête de nos bienheureux Martyrs, le 18 février. Les chrétiens d’Oubone et de Ban ban, grâce aux soins assidus de M. Burguière et de M. Dezavelle, savaient leur catéchisme à la perfection. Il y eut 98 confirmations dans cette région.
« C’est Oubone qui fournit le plus grand nombre de vocations religieuses. Je dois de bien sincères félicitations aux Sœurs de Saint-Paul de Chartres, qui s’occupent de la direction des religieuses indigènes d’Oubone et de leurs nombreuses novices, tout en maintenant sur un excellent pied l’orphelinat de la Sainte-Enfance.
« Après avoir visité presque toutes les localités chrétiennes des environs, je quittais Oubone le 26 février, et, le soir du même jour, j’arrivais à Ban Don où j’étais accueilli comme en triomphe. Dans cette petite chrétienté, 34 personnes reçurent le sacrement qui fait les forts.
« Je m’arrêtai aussi trois ou quatre jours dans les postes de Se song et de Nong Khou. L’assistance aux instructions et aux offices était considérable, mais il n’y eut pas de confirmation : MM. Quentin et Courrier avaient jugé à propos de s’occuper surtout de leurs nombreux catéchumènes qui se préparaient au baptême. A eux deux, ils ont baptisé 72 adultes.
« Le 13 mars, au matin, j’étais de retour à Nong seng, que je quittais de nouveau, le 15 avril, pour parcourir l’ouest et le nord-ouest du Laos, M Anthelme Excoffon m’accompagnait. Au départ, chaleur torride ; puis, bonne douche de pluie, le soir, pour nous rafraîchir.
« Le jeudi 16, nous arrivons de bonne heure à Na Pho, l’une des belles succursales du district de Tharé. M. Alazard était là pour nous recevoir. Le dimanche, de Quasimodo, confirmation d’une soixantaine de nouveaux baptisés. Sur les 3 heures de l’après-midi, nous nous mettons en route pour faire les quatorze ou quinze kilomètres qui nous séparent de Tharé. Nous ne sommes pas à moitié chemin, que nous rencontrons une cinquantaine de cavaliers qui viennent à notre rencontre et nous escortent jusqu’au village, pavoisé de drapeaux et d’oriflammes. Je suis reçu à l’église selon toutes les règles du Pontifical.
« La fête proprement dite ne devant avoir lieu que le 10 mai à Tharé, je me dirige dès le lendemain sur Sakon, où je fais visite, au sous-préfet ; et ensuite, sur Chan Phen, où j’administre 67 confirmations le 22 avril. Le 23, dîner chez le sous-préfet de Sakon, qui est né à Chantabun et se montre très prévenant à mon égard.
« De Chan Phen à Xang Ming la distance est de 63 kilomètres, et nos chevaux sont de force à faire le trajet. Mais nous avons perdu beaucoup de temps chez l’aimable sous-préfet de Sakon, et il est décidé que M. Alazard ira prévenir M. Marchi, curé de Xang Ming, de notre arrivée le lendemain 24 au matin. Nous passons la nuit dans le hangar de Ban-Phok.
« Il était près de 7 heures du matin le 24, quand nous passâmes au village de Nong Don. Les chrétiens de l’endroit ne nous attendaient pas. Sans mettre pied à terre, je donnais ma bénédiction à ceux que je rencontrais, en leur recommandant de se rendre à l’église de Xang Ming. Bientôt nous apercevons une foule de gens, occupés les uns à niveler le chemin, les autres à orner le village de banderoles et de fleurs. Nous étions à Xang Ming. Le dimanche, je donnai 86 confirmations, mais je laissai à un confrère le soin de dire la messe principale, car j’étais indisposé.
« Le mardi suivant, je me rendis à Na Bua, chez M. Barriol. Na Bua est un village riche en rizières et en bêtes à cornes ; mais qu’il est donc pauvre en eau, à la saison sèche ! Le terrain ne produit plus rien, à cette époque. N’y cherchez alors ni banane, ni légume quelconque ; les habitants n’en ont pas. Le curé a fait creuser un puits d’eau saumâtre, qui lui permet d’avoir un petit jardin et de bons légumes... nous en savons quelque chose. »
Après avoir visité Khut Chok, Mgr Prodhomme donna 40 confirmations à Don Thoi, chez M. Stocker, le jour du Patronage de saint Joseph. Sa Grandeur s’arrêta quelques heures à Thung Mon, et arriva enfin à Tharé, où se trouvèrent réunis autour d’Elle MM. Marchi, Lacombe, Combourieu, Bouchet et Alazard.
« Dès le jeudi 7 mai, dit Mgr Prodhomme, les confessions commencent et se poursuivent sans interruption. Chaque jour, les communions sont nombreuses. Le dimanche matin, il y en a à toutes les messes ; et, à la messe pontificale, le nombre en est si grand que je me fais aider par un prêtre, pour abréger un peu la longueur de l’office. Nous avions eu plus de 200 confirmations avant la messe ; et, après l’évangile, M. Marchi nous avait tenus sous le charme de sa parole pendant près de trois quarts d’heure.
« Vers 3 heures de l’après-midi, je donnai la bénédiction du Saint-Sacrement avec diacre et sous-diacre. Dans la soirée, les chrétiens se succédèrent pour offrir des présents à l’évêque et aux missionnaires. Les uns apportaient de la cire, les autres des allumettes, des étoffes, voire même des biscuits anglais et danois. Les canons, les fusils, les pétards et les feux d’artifices tirent rage et égayèrent la population, qui poussait d’interminables hourras.
« Le lendemain, dès 5 heures, nous nous mettons en route pour regagner Nong seng. Malgré l’heure matinale, les deux côtés du chemin sont bordés de néophytes, les uns debout dans la boue, les autres à genoux sur le gravier humide ; ils tiennent à recevoir une dernière bénédiction de leur évêque. Toute la journée, la pluie et le tonnerre nous poursuivent sans jamais nous atteindre. Le 12 mai, à 8 heures du matin, nous étions à Nong seng et déjeunions à l’évêché.
« Le 19 mai, j’étais à Kham Keum chez M. Dabin, et le 21, jour de l’Ascension, avant la grand’messe pontificale, je confirmais 66 personnes. Le 24 mai, 88 confirmations à Sieng Nang, chez M. Xa-vier Guégo ; le 27, 25 à Dong Mak ba, chez M. Malaval, l’apôtre des « Sos ». Le 29 au soir, le vapeur des Messageries me ramenait à Nong seng.
« En terminant, je dois dire que notre petit pensionnat de Nong seng a fait des progrès sensibles, et que l’orphelinat donne de grandes consolations aux Sœurs de Saint-Paul de Chartres, qui le dirigent avec tant de dévouement. »
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