| Année: |
1915 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
Laos |
| Rédacteur: | Mgr Prodhomme |
V.— Laos
Population catholique 12.509
Baptêmes d’adultes 217
Baptêmes d’enfants de païens 36
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« Vous ne serez pas surpris, écrit Mgr Prodhomme, de ne recevoir qu’un compte rendu incomplet de la mission du Laos. Plusieurs missionnaires, nouvellement arrivés dans certains districts, n’ont pas encore eu le temps de se mettre au courant des détails de l’administrations, et les chiffres des résultats qu’ils indiquent ne sont guère qu’approximatifs.
« Au cours du dernier exercice, notre personnel a été considérablement réduit par la mobilisation et la maladie.
« La Région de Bassac n’a pas souffert de la mobilisation, mais les deux confrères qui s’y trouvent ont été éprouvés par la maladie presque toute l’année, et, à un moment, j’ai même eu peur de les perdre.
« Sur les six misionnaires de la région d’Oubone, cinq ont été mobilisés dès la première heure. M.Quenti et le P. Athanase restaient seuls pour s’occuper des chrétiens. Je dus alors envoyer à Oubone mon cher et zélé provicaire, M. Dabin, que ses anciens néophytes furent heureux de revoir.
« Sur ces entrefaites, M. Boher nous revint de France avec une petite santé ; et, au printemps, M. Anthelme Excoffon revint lui-même de Hong-Kong, où la maladie l’avait retenu plusieurs mois. Enfin, vers le mois de mai, M. Pierre Excoffon rentrait bien portant au Laos, après un séjour assez prolongé au pays natal et à Montbeton, A. son retour, je le chargeai de se rendre à Bassac près de nos confrères malades, qui avaient grandement besoin d’être secourus.
« M. Anthelme Excoffon à Nong Khu et M. Quentin à Sesong comptaient sur un bon nombre de baptêmes ; leur espoir ne s’est pas réalisé. La peste bovine s’étant abattue sur la contrée, les hommes durent conduire leurs troupeaux dans les forêts pour les soustraire à la contagion. Les femmes, restées seules à la maison, continuèrent d’apprendre le catéchisme, mais nos deux confrères jugèrent prudent de ne pas les admettre au baptême sans leurs maris et leurs enfants.
« M. Jouve, titulaire de Song-Khon, s’était mis à ma disposition avec beaucoup de bonne volonté pour administrer les chrétientés privées de missionnaires. Hélas ! il ne tarda pas lui-même à recevoir son ordre d’appel, suivi, il est vrai, d’un sursis sans limite déterminée. A la fin de juillet, arrive un nouvel ordre. Notre confrère distribue alors aux chrétiens ses vieux habits avec les objets qu’il ne peut emporter, et se met en route. Un second sursis, notifié par le télégraphe, l’attendait à Tha Kheko. Il reprit alors tranquillement le chemin de Song-Khon.
« M. Xavier Guégo à Sieng-Vang et, M. Malaval à Dong-Makba ont été trop occupés dans leur propre district pour pouvoir visiter aucune chrétienté des districts voisins.
« La cathédrale de Nong-seng, qui commençait à prendre une tournure l’an dernier, reste inachevée, à cause du départ de M. Berthéas, et aussi à cause du manque de fonde. Je le regrette pour nos chrétiens qui n’ont point de riz, et qui eussent été heureux de gagner un peu d’argent en travaillant à la construction de la maison de Dieu.
« Kham Kom souffre de l’absence de M. Dabin, qui a été envoyé à Oubone. Notre jeune prêtre laotien garde le poste, mais il n’a ni la force ni l’expérience nécessaires pour faire à lui seul le travail de deux. Sieng-Jun est encore moins bien partagé, parce que le curé, le P. Lazare, devenu procureur intérimaire, n’y peut faire que de rares apparitions. M. Gouin réside à Keng-sadok et visite cinq stations. Il aurait bien besoin d’un aide, car il souffre sérieusement de la gorge. M. Delalex, chef du district de Pak-sane, était malade et devait faire un voyage en France, avant la guerre. Il est guéri maintenant, Dieu merci, et j’espère qu’il n’aura pas de rechute.
« M. Jantet, chargé de Vieng-Khouk et de Vieng-Chan (en français, Vientiane), fut d’abord mobilisé, mais arrivé à Saïgon il apprit que sa classe ne partait pas. Atteint d’un abcès au foie, il passa plus d’un mois à l’ambulance, avant de revenir au Laos. Rentré dans son district, il se trouva seul pour diriger sept ou huit postes très éloignés les uns des autres. Un nouvel abcès au foie se déclara au mois de juillet, et notre confrère, qui était alors à Vientiane, fut soigné par un médecin français.
« Le P. Ambroise, prêtre indigène, est mort à Phon-sung le 21 septembre.
« M. Barriol a failli mourir, lui aussi, à Ban-Boua. Pris de fièvres hématuriques, il n’a dû son salut qu’aux bons soins de MM. Paulin et Beigbéder. Depuis lors, ce cher confrère a eu plusieurs rechutes, mais il va assez bien maintenant à Don-Thoi, où il a remplacé M. Stocker.
« M. Alazard, saisi par la fièvre à Nong-seng, ne put s’embarquer avec M. Marchi pour répondre à l’appel de mobilisation. Au bout de 8 jours, se croyant guéri il se mit en route ; mais à peine arrivé à Phnom-penh, il fut placé d’office à l’ambulance et envoyé ensuite à Saigon pour y subir une visite médicale. Résultat de la visite : ajournement sine die. Il occupe actuellement le poste de Xang-ming, laissé vacant par le départ de M. Marchi.
« M. Lacombe, titulaire de Champhen, eût été un de nos premiers mobilisés, si la maladie ne l’eût empêché de partir. D’une taille au-dessus de 1m.70, notre pauvre confrère ne pesait plus que 47 kilo après 8 jours de convalescence. Cependant, malgré mes avis réitérés, le consul de la région criait et tempêtait contre ce missionnaire qui ne répondait pas à l’ordre d’appel. Au lieu de crier ainsi, il aurait pu se rendre auprès du malade et juger par lui-même de son état. Au printemps, M. Lacombe a été envoyé au Tonkin, où les fièvres l’ont souvent repris sans lui être trop funestes, grâce aux soins des médecins français.
« La chrétienté de Champhen est devenue une succursale de Tharé. Deux missionnaires, MM. Combourieu et Bouchet, administrent toute une région où il y a du travail pour cinq. M. Bouchet a fini par être déclaré inapte au service, après une seconde visite médicale.
« La situation, on le voit, n’est pas brillante au Laos ; toutefois, nous ne nous décourageons pas, car nous savons que tout ce qui arrive est permis par la Providence, dont le bras n’est pas raccourci et qui nous viendra en aide quand Elle le jugera bon.
« Donc, à la grâce et à la garde de Dieu ! »
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