| Année: |
1917 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
Laos |
| Rédacteur: | Mgr Prodhomme |
V. — Laos
Population catholique 13.375
Baptêmes d’adultes 194
Baptêmes d’enfants de païens 66
___
« L’année qui finit a été très dure pour la mission du Laos, écrit Mgr Prodhomme. Huit des missionnaires non mobilisés ont été assez sérieusement malades. J’ai moi-même donné le mauvais exemple, et à trois différentes reprises la maladie m’a obligé à interrompre mon travail.
Au milieu de ces épreuves les résultats obtenus ont été assez satisfaisants dans certains districts, moins consolants dans d’autres.
M. Couasnon et M. Boher se félicitent de l’attachement des chrétiens au missionnaire et de leur fidélité aux pratiques religieuses.
M. Alazard constate que les catéchumènes ne manquent pas dans son district ; le peu de temps dont il a disposé et l’état précaire de sa santé ne lui ont pas permis de s’occuper de leur instruction comme il l’aurait désiré.
La famine qui a désolé diverses régions du Tonkin a fait affluer vers le Laos une foule d’Annamites, et parmi eux se trouvent de nombreux catholiques. « Le nombre des chrétiens de mon district a plus que doublé cette année, écrit M. Bouchet. La capitale du Laos devient une ville annamite. C’est une grande consolation pour moi de voir la nombreuse assistance qui se presse à la messe du dimanche ; l’église est actuellement bien trop petite. Mais combien je regrette que les missions de langue annamite n’aient pas unifié le catéchisme et le livre de prières. Ici nous avons actuellement trois différents formulaires de prières en langue annamite. »
Ce n’est pas la seule difficulté que rencontre le missionnaire avec les chrétiens venus du Tonkin. Beaucoup d’Annamites arrivent seuls au Laos, soit qu’ils ne soient pas encore mariés, soit qu’ils aient laissé dans leur village femme et enfants. Il en résulte des unions illégitimes et d’autres désordres que déplore M. Bouchet. Mon provicaire, M. Dabin, se plaint des mêmes désordres, et regrette que beaucoup de ces Annamites, se disant chrétiens, arrivent sans avoir de leur curé aucune pièce justificative.
C’est surtout vers la région de Nongseng que s’est portée l’immigration. Le nombre des chrétiens de cette région a doublé par suite de cet afflux de Tonkinois ; le dimanche matin ils remplissent l’église. Mais que de misères parmi eux ! Plus d’une mère chrétienne a donné ses filles à des païens. Cinq de ces pauvres filles ont réussi à s’échapper, et sont venues se réfugier à l’orphelinat des Sœurs où déjà sont recueillies d’autres orphelines ou abandonnées. Elles remplissent une de nos grandes maisons ; j’ai dû en bâtir une nouvelle pour installer le pensionnat, dont le local a été cédé à la Sainte-Enfance.
J’avais demandé à Mgr Eloy, vicaire apostolique du Tonkin méridional, un prêtre indigène pour s’occuper des chrétiens tonkinois venus au Laos. Sa Grandeur n’a pu accéder à ma demande. J’ai donc dû, à mon grand regret, retirer le P. Athanase du poste d’Oubone où sa présence était pourtant si nécesaire, et l’envoyer dans la région de Nongseng. Il est chargé des chrétiens annamites de Nongseng, de Nakhon ou Lakhon, et des villages environnants, de Thakhek, de Kengkabao, de Savannakhet, de Bangmouk, et même de Phnom. C’est beaucoup trop pour un seul prêtre.
Dans le district de M. Gouin et dans celui de M. Quentin, des épidémies ont causé une grande mortalité. Pour conjurer le fléau, M. Quentin, trop tardivement peut-être, a engagé ses chrétiens à faire un vœu à la Sainte Vierge. La statue de Notre-Dame de Lourdes a été portée processionnellement dans toute l’étendue du village. Depuis lors aucun nouveau cas n’a été constaté, et les malades déjà atteints sont guéris. Les païens de la région ont payé un large tribut à la mort. »
En terminant son compte rendu Mgr Prodhomme se plaît à rendre térnoignage au zèle et au dévouement des religieuses de Saint-Paul de Chartres. Aidées par une trentaine de religieuses indigènes, elles font prospérer leurs œuvres à Oubone et à Nongseng. Dans ce dernier poste, sans négliger la Sainte-Enfance, elles se sont particulièrement employées cette année à soulager les Tonkinois affamés et malades qui réclamaient leurs soins.
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|