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Rapport annuel des évêques

Année: 1920
Pays: Laos
Mission: Laos
Rédacteur:Mgr Malaval

V. — Laos

Population catholique 14.095
Baptêmes d’adultes 149
Baptêmes d’enfants de païens 68
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Mgr Prodhomme nous a quittés le 20 août dernier, écrit M. Malaval, Provicaire, pour aller, après une douloureuse maladie, recevoir la récompense du bon serviteur. Espérons que le Saint-Père ne tardera pas à nous donner un nouveau Vicaire Apostolique. Comme provicaire j’ai dû, malgré moi, prendre la direction de la Mission.
Le manque d’ouvriers apostoliques ne nous a pas permis d’arriver au même chiffre de baptêmes que l’an dernier. La maladie retient en France trois de nos missionnaires. Deux, MM. Gratien et Mercier, étaient partis avant la guerre ; le troisième, M. Beigbéder, nous avait quittés en 1915. Deux autres, au début de cette année, ont été obligés, eux aussi, d’aller demander au climat de la patrie le rétablisement de leur santé délabrée. Beaucoup d’autres, très épuisés, demandent un retour en France qu’ils jugent nécessaire pour recouvrer leurs forces.
Heureusement, un nouveau collaborateur, M. Piljean, vient de nous arriver bien portant et plein de vigueur ; il commence à apprendre la langue pour aider les anciens qui n’en peuvent plus. Tous nos remerciements au Conseil de Paris qui nous l’a envoyé. Mais c’est bien peu, car, messis quidem multa operarii autem pauci.
La disette de riz a été très grande et, seule la région de Sakon n’a pas trop souffert. Partout ailleurs ça été la gêne, la misère avec la famine. Les catéchumènes n’ont pu assister régulièrement au catéchisme ; et même plusieurs, parmi les chrétiens, ont été obligés d’abandonner les villages chrétiens pour ne pas s’exposer à mourir de faim. Malgré tout, je puis affirmer que tous les missionnaires ont fait leur devoir et qu’ils ont dépensé leurs forces jusqu’au bout pour instruire leurs chrétiens et leur inculquer la vie chrétienne. Le bon Dieu, je l’espère, bénira de si généreux efforts et bientôt nous pourrons recueillir des fruits en abondance.

Voici maintenant quelques détails sur les différents postes :
A Vientiane, M. Bouchet est enchanté de ses Annamites, dont le nombre augmente toujours. Actuellement il a 710 chrétiens presque tous originaires de l’Annam. L’ancienne église, d’ailleurs assez mal située, étant devenue trop petite, M. Bouchet a été obligé d’en construire une autre plus grande et il l’a rendue plus belle ; elle fait bonne figure parmi les autres édifices de la capitale. Mais notre confrère se voit obligé de remettre à plus tard l’érection d’un clocher, ses ressources ayant été épuisées par la fondation d’un nouveau poste à une vingtaine de kilomètres de Vientiane.
9 adultes ont été baptisés à Muangkhouk. L’ancien curé, M. Jantet, a quitté ce poste pour aller à Paksé, c’est le P. Antoine Mun qui l’a remplacé tout d’abord, puis M. Fresnel est venu lui porter secours. Ce dernier, après avoir terminé la belle cathédrale de Nongseng, est venu comme curé à Muangkhouk. Ce poste est très difficile à administrer à cause de la distance qui sépare les différents villages où se trouvent quelques chrétiens perdus au milieu des païens.

Les postes du Sud de la Mission ont particulièrement souffert et souffrent encore de la disette de riz. Malgré cela, MM. Dabin et Boher ont pu avoir 24 baptêmes d’adultes.
M. Chatenet se félicite également de ses chrétiens, dont le nombre s’est augmenté par la réunion de l’ancien village de Bandun à celui qu’il administre. Nongkhu, Songnhe, Sesong, avec 300 catéchumènes, promettent beaucoup pour le moment. Le travail ne manque point à MM. Dezavelle et Paulin, qui en sont chargés ; car, pendant la guerre, cette région avait été un peu trop délaissée. Et puis les païens des environs, jaloux de cet accroissement du troupeau des fidèles cherchent par tous les moyens, à nuire aux missionnaires ou aux chrétiens. Les vols ne sont pas rares et des mains criminelles ont incendié l’église de Songnhe. Mais M. Dezavelle, avec l’aide de ses néophytes, a réussi à réparer les ruines encore fumantes et à rétablir un endroit convenable pour dire la messe. Il a obtenu 17 baptêmes d’adultes.
La région de Sakon, à l’ouest, est la plus peuplée de chrétiens ; on en compte là près de 5.000. Cette région n’ayant pas souffert de la disette, les commerçants de Tharé ont pu fournir du riz à tous les environs et secourir ainsi beaucoup de malheureux. Aussi les catéchumènes s’y sont-ils multipliés. Toute cette région marche bien. Si l’on pouvait y envoyer des ouvriers apostoliques en nombre suffisant, ils y obtiendraient, tout permet de le croire, d’excellents résultats.
En général le nombre des confessions et des communions a sensiblement augmenté. Quant aux nouveaux chrétiens, s’ils ne sont encore qu’un groupe modeste, au moins deviennent-ils meilleurs. Nous n’avons qu’à remercier le bon Dieu du bien que nous avons pu faire et à le supplier de nous accorder encore sa bénédiction.


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