Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1925
Pays: Laos
Mission: Laos
Rédacteur:Mgr Gouin

V. — Laos

Population catholique 16.524
Baptêmes d’adultes 298
Baptêmes d’enfants de païens 270


Mgr Gouin nous écrit : « Au mois de novembre, à la fin de notre retraite annuelle, pour remercier la Très Sainte Vierge des grâces obtenues depuis la fondation de la Mission et appeler sur nous de nouvelles faveurs, tous ensemble, Vicaire Apostolique, missionnaires, prêtres indigènes, nous avons consacré le Laos à Marie, lui demandant de prendre entre ses bras maternels son Laos encore faible comme un nouveau-né, de l’aider à croître en nombre, en ferveur, d’y susciter de nombreuses vocations au sacerdoce.
Cette année encore, c’est la province d’Oubone qui donne la plus grosse part des baptêmes d’adultes. M. Burguière, chargé des postes de Banbua et de Sithan, arrive au premier rang avec 67 baptêmes. « Au petit village de Nongtham, m’écrit ce confrère, j’ai fait 60 baptêmes. C’est la première gerbe que j’offre au Maître de la moisson. Je tiens à témoigner du bon esprit et de l’ardeur à s’instruire dont ont fait preuve tous ces catéchumènes, qui d’ailleurs avaient préféré quitter leur ancien village païen, voici bientôt deux ans, plutôt que d’exposer leur jeune foi. Il reste encore une quarantaine de personnes dont la plupart seront baptisées bientôt. Pour parfaire l’instruction et la formation chrétiennes de ces néophytes, il faudrait pouvoir faire de longs séjours parmi eux ; mais il faut s’occuper de Banbua et de Sithan. Dans les différents postes, le nombre des communions de dévotion est supérieur à celui de l’année dernière. Les maîtres d’école et élèves me donnent satisfaction. Banbua a eu de brillants succès scolaires. ».
Je me réjouis fort de cette fondation de la chrétienté de Nongtham, continue Mgr d’Orciste ; elle a été faite dans d’excellentes conditions de durée. Dans ce village nouveau, fondé par des catéchumènes qui veulent se convertir, nos fidèles sont chez eux, tous chrétiens ou voulant l’être, donc libres d’admettre qui leur plaira, c’est-à-dire seulement des gens qui désirent le baptême. Le village a des chances de s’agrandir, car la rizière à prendre sur la forêt ne manque pas. Que nos villages soient exclusivement chrétiens, c’est presque de nécessité absolue au Laos, si l’on veut que le paganisme et ses mœurs faciles ne déteignent pas sur nos néophytes, leurs enfants surtout. Nous avons hélas ! trop de preuves du peu de persévérance de ces familles dispersées dont les enfants se perdent par la faiblesse des parents qui les laissent faire.
M. Courrier inscrit cette année 32 baptêmes d’enfants de païens et 13 d’adultes dont 11 en danger de mort. La plupart de ces baptêmes sont l’œuvre du missionnaire lui-même qui, dans une région assez ingrate, porte tous ses efforts à la recherche des enfants et adultes à baptiser à l’heure de la mort.

D’Oubone, M. Chatenet m’écrit : « Cette année — 35 baptêmes d’adultes — ma gerbe est moins forte, mais c’est une gerbe tout de même. Donc, Deo Gratias ! Le gros événement de l’année a été l’achèvement de la Crèche qui sera bientôt ouverte aux « oisillons ». L’œuvre ayant désormais les locaux nécessaires, nous espérons à l’avenir pouvoir mieux faire que précédemment. »
A son retour de France où il était allé prendre un regain de vie, M. Alazard a été chargé des postes de Sesong et Bandun. Voici des extraits de son compte rendu : « Les sacrements sont bien fréquentés, surtout à Bandum : quelques brebis égarées sont rentrées au bercail. Le point noir dans cette région, c’est l’indifférence des païens pour notre sainte Religion. Depuis mon arrivée ici, à peinte une douzaine de catéchumènes sont entrés. Je dois pourtant signaler la venue d’un bon vieux de soixante ans que j’ai baptisé à Pâques. Depuis deux ans il étudiait le catéchisme chez lui et insistait auprès de sa femme et de ses enfants pour les décider à se convertir, mais sans succès. Finalement il a quitté sa famille et ses biens — il était assez aisé — pour venir me demander le baptême. Depuis qu’il est chrétien il a encore plus qu’avant le désir d’amener tous les siens à la Foi.
J’ai fait recouvrir l’église de Sesong en bardeaux. Pour ce travail je n’ai qu’à me louer du bon vouloir des chrétiens. L’église est actuellement bien fermée et quand je suis là, je puis conserver le Saint-Sacrement.

Avec Songnhé, Nongkhu, Laosuokhut, chrétienté de M. Dezavelle, nous sommes au dernier district de la région d’Oubone. Le rapport de M. Dézavelle serait à citer tout entier, en voici le début : « J’ai fini mes additions pour l’exercice 1924 ; je vous les envoie. Je n’ai pas retrouvé le beau chiffre de baptêmes de l’an dernier ; je m’y attendais d’ailleurs, ce qui ne veut pas dire que je me tiens pour satisfait. J’aurais dû avoir davantage si les catéchismes avaient été plus régulièrement suivis ; mais ces catéchumènes de vieille date — asssueta vilescunt — ils ne sont pas en peine de vous donner de bonnes raisons de s’exempter : c’est son vivre qu’il faut aller chercher ; c’est son enfant malade qu’il faut garder ; ce sont les buffles, chères créatures, qu’il faut veiller. « Et puis on est si obtus, on ne retient rien ! » Le sourire avec lequel cette phrase vous est dite est tellement « jocondique » et reposant que devant pareil mépris de soi-même on ne peut être qu’indulgent.
Je vous apporte donc ma petite gerbette de 48 baptêmes de païens ; sur ce nombre, 11 enfants qui, une fois cette grâce reçue, n’ont pas jugé bon, sauf un, de rester plus longtemps ici-bas. Pratique religieuse, assistance à la messe, confessions, communions, peu de chose à redire. Je dois une mention très honorable aux catéchumènes et aux néophytes de Nongimoi, qui ont préféré faire huit ou neuf jours de prison plutôt que de contribuer à l’érection d’une pagode. Leurs femmes les ont suppliés de ne pas céder et de ne pas s’inquiéter d’elles. Le vieux père de trois d’entre eux est un homme de foi profonde qui a subi maints assauts pour la Religion… »

La région du fleuve, de Vientiane à Bassac, a eu ses rizières perdues deux années de suite par l’inondation. Le rapport de M. Anthelme Excoffon, chargé du poste de Siengvang donne bien la note générale de ce qu’a été l’administration de toutes ces chrétientés du bord du fleuve : « Disette de riz deux années de suite. J’aurais presque craint une dispersion vers des endroits plus fortunés. Dieu merci, mes chrétiens ont tenu. L’assiduité aux écoles et aux catéchismes s’est ressentie de la famine : tandis que pères et mères étaient sur les sentiers laotiens à la recherche d’un peu de riz, les enfants devaient nécessairement s’occuper des plus jeunes. Si tout le reste est demeuré stationnaire, il y a au moins progrès sur les baptêmes d’enfants de païens, 26 cette année. »
Je crois, continue Mgr Gouin, que les Laotiens des bords du fleuve sont plus difficiles à convertir que ceux de l’intérieur ; ils viennent d’un peu partout, d’où manque de cohésion entre eux. Pour un oui ou pour un non, ils quittent leur village et vont s’installer ailleurs. Puis on peut dire qu’ils n’ont su prendre que les défauts des Européens, Annamites, Chinois qu’ils voient et coudoient chaque jour. Les bords du fleuve doivent compter près de 2.000 Annamites chrétiens et un bon nombre, par l’exemple qu’ils donnent, ne sont point faits pour amener nos Laotiens à se convertir.
M. Marchi a été malade depuis novembre ; il a dû aller faire un séjour au sanatorium de Béthanie, vers la fin de juillet. Son compte rendu porte quand même 22 baptêmes d’adultes et 28 d’enfants de païens. « Sans la maladie qui m’a tenu éloigné de mon poste, écrit-il, j’aurais eu moitié plus de baptêmes d’adultes. Le poste de Nachan nouvellement fondé s’est augmenté de quelques familles chrétiennes venues de Xangmin où elles étaient trop à l’étroit. Le 1er juillet j’ai pu célébrer la sainte messe dans la nouvelle chapelle. A Xangmin, chef-lieu de canton, la question des écoles est peut-être plus difficile qu’ailleurs et ce sont surtout des maîtres d’école qui me manquent. »
Durant l’absence de M. Marchi, M. Lacombe a bien voulu se charger de l’intérim de Xangmin, tout en administrant son district de Champhen, d’où, il m’écrit : « Depuis l’an dernier j’avais tourné mes efforts vers deux villages païens qui semblaient donner quelque espoir ; mais le Laotien est toujours lent à se décider et avant de s’engager il semble toujours attendre qu’un autre dise oui. L’événement heureux de l’année a été l’achèvement de la nouvelle église que Votre Grandeur a bien voulu bénir. De nombreux chrétiens de Tharë et de Nakpho étaient venus. Ces fêtes ont eu ce résultat heureux de faire sentir à nos chrétiens parfois assez éloignés de tout autre poste, qu’ils ne sont pas seuls. De même, l’impression faite sur les païens qui voient nos chrétiens passer en groupes nombreux, est excellente ; car on ne se cache pas d’être chrétien. Une vieille chrétienne partie depuis trente ans de l’autre côté de la montagne et qui avait cessé toute pratique religieuse, sentant la mort venir, m’a fait appeler ; ce qui m’a valu trois jours de voyage et la joie de constater que la foi est bien ancrée dans l’âme de nos vieux chrétiens, même lorsqu’ils en ont négligé la pratique. »
Après le départ pour un voyage en France de M. Combourieu, provicaire de la Mission, à Tharë depuis 1885, M. Thibaud, aidé de M. Piljean, a pris la direction des 3.000 chrétiens du district. 61 baptêmes d’enfants de païens, 27 d’adultes, nombreuses confessions et commu-nions, tout indique qu’à son retour M. Combourieu retrouvera son cher Tharë plein de vie.

Cette année nous pourrons envoyer à Penang deux nouveaux grands séminaristes, ce qui portera leur nombre à trois. Est-ce l’aurore de temps meilleurs pour notre Clergé indigène ? Espérons-le, mais cette aurore sera nécessairement longue.
Dans nos couvents de Religieuses indigènes Amantes de la Croix, les confrères qui en sont chargés poussent de plus en plus religieuses et novices, reconnues aptes à l’enseignement, à préparer l’obtention du diplôme nécessaire pour la direction des écoles de filles ; car les écoles restent toujours notre gros souci. De son côté, M. Boher qui dirige notre école normale de catéchistes instituteurs se dépense sans compter à cette œuvre si nécessaire.
Nos Religieuses de Saint-Paul de Chartres, trop peu nombreuses elles aussi, maintiennent leurs œuvres à force d’ingéniosité et d’énergie.
Notre Dame du Laos, priez pour nous ! »


~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam