| Année: |
1969 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
LAOS |
| Rédacteur: | Mgr MICHEL |
REGION DU LAOS
Situation générale
Ceci est le premier compte rendu annuel du Laos en tant que Région missionnaire. En effet, le 12 novembre 1968, un décret du R.P. Supérieur général a fait de notre pays une région indépendante de la Thaïlande, à laquelle elle appartenait naguère, et y a nommé un Régional, le 18 février 1969. Cette région missionnaire comprend les deux vicariats apostoliques de Savannakhet (Mgr ARNAUD) et de Paksé (Mgr URKIA), avec, quand nos jeunes seront à pied-d’œuvre, 26 missionnaires en activité (dans ce nombre sont compris les vicaires apostoliques), pour une population de 950 000 habitants environ, dispersée dans trois centres plus importants et une poussière de villages. Le nombre des catholiques au dernier recensement de juin 1969 est de 12 482 pour les deux missions. En gros, nous avons à faire à deux races principales : les Laotiens, de race thai, dans la plaine, et les Khas, montagnards du versant laotien de la chaîne annamitique. Les premiers sont boudhistes, au moins de nom, le bouddhisme étant la religion d’Etat, et les seconds animistes. Disons tout de suite que les conversions sont plus nombreuses chez ces derniers.
Situation politique
Le Laos a été déclaré pays neutre après la guerre du Vietnam et les accords de Genève de 1954. Le principe de cette déclaration a été renouvelé aux nouveaux accords de Genève avec le Pathet Lao en 1962. Cette neutralité, le prince Souvannaphouma et son gouvernement la proclament sans cesse, la défendent de leur mieux et protestent fréquemment auprès de Hanoï au sujet de la présence prouvée de troupes vietcong sur le territoire laotien. Protestations toujours vaines, semble-t-il. Une autre preuve de neutralité est encore apportée en conservant à la Chambre les sièges des députés Neo Lao Hak Sat (d’obédience Pathet Lao et donc communistes), sièges que les titulaires ne daignent jamais occuper.
La neutralité ne tolère donc pas de troupes étrangères sur le territoire du pays, elle n’admet que des conseillers militaires et techniques. Les Français, Américains, Thaïlandais ou Philippins qui s’y trouvent ne font partie que de l’une ou de l’autre catégorie.
Dans sa déclaration du 17 septembre dernier, le prince Souvannaphouma a souligné que son pays avait toujours respecté les accords de Genève, ce qui n’était pas le cas du Vietcông. Qu’en conséquence, et de guerre lasse, il s’était résigné à accepter l’aide américaine, que d’ailleurs les articles des accords de Genève de 1962-n’interdisaient pas. Sans doute entend-t-il aussi qu’il a autorisé les bombardements par « jets » américains de certains secteurs occupés par les troupes viets ou rebelles. A toutes tentatives de discussion, de rapprochement ou de conciliation, le Pathet Lao a toujours répondu qu’on cesse d’abord les bombardements.
Au point de vue intérieur, le prince Souvannaphouma voudrait un parti neutraliste (ancien parti du général Kong Le) plus élargi, qui engloberait les diverses tendances neutres du pays et serait appelé Parti Neutraliste National. Dans son esprit, cette mesure augmenterait l’in-fluence du gouvernement, attirerait davantage la confiance des autres pays, en manifestant une plus forte unité, et par voie de conséquence... une aide financière plus abondante de la part de l’Amérique, l’Angleterre, l’Australie, la France et le Japon.
Situation militaire
Le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas claire. Elle ne l’a jamais été d’ailleurs, et cela depuis le début, c’est-à-dire octobre 1959. Cet état de choses vient sans doute de l’extrême mobilité des troupes ennemies et du genre spécifique de la guérilla qui veut faire sentir sa présence et semer l’insécurité partout. (1)
Néanmoins, cette année 1968-1969 a vu se dessiner quelques mouvements caractérisés de l’avance rebelle, du moins sur le territoire de notre région.
Début novembre 1968 : attaque viet soutenant les Pathet Lao dans le sud, Saravane est de nouveau encerclée ; la route de Saravane à Thateng est coupée, de même que celle de Saravane à Wapi Kham Thong, qui rejoint la RN 13 Paksé-Savannakhet. Tout le territoire compris dans ce triangle est occupé par l’ennemi ou déclaré zone d’insécurité. Réfugiés, volontaires ou forcés, affluent dans les provinces de Kong Sédone et de Paksé.
Peu de temps après, prise du bourg de Thateng par les Lao-Viets (Thateng commande l’entrée du plateau des Bolovens), sérieuse menace sur Paksong, sur la route Paksong-Paksé et sur les versants ouest du plateau, au pied duquel se situent les villages chrétiens de Udom-Suk et de Nongsim.
En février, les Lao-Viets, après quelques attaques sur Kong Sédone, Souvannakhili et les environs, coupent et occupent l’axe routier Paksé-Savannakhet sur une longueur de plusieurs dizaines de kilomètres. La circulation sur la seule route reliant Paksé et le Sud-Laos à Savannakhet-Thakhek et Vientiane reste interrompue jusqu’au 15 août dernier. Les véhicules passent par la Thaïlande pour rejoindre Vientiane.
Cependant, ni Saravane ni Attopeu ne sont occupées. Attopeu est pratiquement entourée depuis 1960. Les villes ne semblent pas intéresser l’ennemi.
Au centre de la région, sur l’axe routier Savannakhet-Tchépone, on ne pouvait guère s’aventurer plus loin que Donghène, à 30 km à l’est de Séno. La région de Phalane, 30 km plus loin, a souvent été depuis des années le théâtre de combats assez sévères.
A Thakhek, le soir de la fête des pirogues, début novembre 1968, une grenade éclatait au milieu de danseurs, faisant 12 morts et 20 blessés. C’était un coup de gong ouvrant une période de plus grande insécurité. Depuis, les attaques et les incendies de véhicules ainsi que les attentats se sont multipliés. A cela, il faut ajouter une recrudescence d’incursions rebelles dans les villages. Dans certains coins, comme le secteur Dong Makba-Pongkiu-Banghien, où se trouvent les PP. Ouvrard et Nénot, ces rebelles semblent vouloir s’installer. Les voitures, quand elles desservent l’intérieur compris entre la route Séno-Thakhek et le Mékong, arborent le drapeau blanc, ce qui signifie que le propriétaire paye l’impôt aux Pathet Lao.
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(1) Cette analyse s’arrête au milieu de 1969.
Plus au nord, dans la mission de Vientiane, à17 km de Paksane, Je P. BOISSEL, o.m.i., a été assassiné d’une rafale de mitrailleuse dans sa jeep, alors qu’il se rendait dans un de ses villages pour le service du dimanche. Entre les m.e.p. et les Oblats, cela fait le quatorzième missionnaire mort de mort violente à cause de la guerre.
Quelle est la réaction des troupes régulières devant cette nouvelle avance des communistes ?
Bombardements aériens d’abord sur les endroits et les villages soupçonnés de cacher les rebelles ; ce qui, dit-on, n’est pas très efficace contre l’ennemi, les forêts sont si vastes, mais cause beaucoup de dégâts matériels et fait des victimes civiles.
Timides patrouilles dans quelques secteurs, sans grands résultats apparemment. La tendance serait plutôt de se barricader derrière des positions fortifiées, à proximité de villages ou de bourgs dits stratégiques, et d’y attendre l’ennemi tout en surveillant les alentours. Signalons cependant certaines équipes appelées « teams », composées surtout de montagnards, entraînées, équipées et grassement payées par les Américains, et qui sont, soit parachutées, soit déposées dans la nature, pour le renseignement ou le sabotage. Ces équipes spéciales opéreraient jusque sur la piste « Ho-chi-Minh » et obtiendraient des résultats.
Depuis un mois environ, des bruits de victoires obtenues par l’armée nationale circulent dans le pays. La radio de Phnompenh en a parlé et des sources dignes de foi semblent les confirmer. Dans le nord, reprise de Xieng Khouang, de la Plaine des Jarres, de Muang-Soui et avance continuelle sur Ban-Ban, Kang Khai et Samneua.
Dans le centre, axe routier Savannakhet-Tchépone, reprise de Muangphine et de Tchépone, cette dernière localité à 200 km de Savannakhet. L’armée avancerait sans pratiquement se heurter à aucune résistance, l’ennemi abandonnant derrière lui une grande quantité de matériel neuf ! On aurait même vu des colonnes de Vietcong refouler vers le Nord-Vietnam. Ce recul, ou plutôt cet abandon, ne laisse pas d’être mystérieux. Serait-ce la mort de Ho-chi-Minh et une sourde lutte pour le pouvoir à Hanoï qui aurait ainsi désorganisé et désorienté les fameuses troupes étrangères, dont le gouvernement lao se plaint si souvent ? Cette situation nous semble très bizarre, car l’approche de la saison sèche et de la récolte du riz diminue, d’habitude, l’espoir de voir les choses s’arranger. A cette époque, l’insécurité ne fait que grandir, les attaques se multiplient, les incursions rebelles deviennent plus fréquentes et la circulation plus dangereuse. L’avenir nous renseignera sans doute. Pour l’instant, Radio- Vientiane ne dit mot à ce sujet. On pense aussi que les vrais pourparlers de paix ne se passent pas à Paris, mais à Vientiane, où se trouvent toutes les ambassades intéressées.
Situation économique et sociale
On comprendra facilement que dans un pays en guerre, qui ne produit presque rien de par lui-même, qui attend tout de l’étranger et qui géographiquement est étroitement dépendant des nations voisines pour les débouchés commerciaux en particulier, l’économie ne se développe pas, mais reste insignifiante. Par contrecoup, la situation sociale s’en ressent.
A cet état de guerre, d’insécurité et d’occupation ennemie du territoire, nous pouvons ajouter la mauvaise organisation, le manque de routes d’exploitation vers l’intérieur du pays, la concussion, les querelles féodales d’influence, le manque égoïste d’intérêt pour le bien général, l’afflux des réfugiés... autant de causes qui font du Laos un pays pauvre, sous-développé et, somme toute, misérable, en ce sens surtout que le petit peuple manque souvent du nécessaire, alors que les hauts fonctionnaires, officiers etc... sont nettement nantis, Nettement nantis, mais de quelle source ? Les traitements sont dérisoires. Il est vrai que l’aide étrangère est assez abondante !
Les étudiants sont nombreux, relativement au chiffre de la population. Mais quels débouchés ont-ils ? Un pays ne peut se contenter de fonctionnaires. Peu d’écoles professionnelles ou techniques, et le Laotien qui a un vernis de savoir préfère les professions libérales à celles où il faut travailler de ses mains.
Le gouvernement, cependant, fait effort pour améliorer la situation économique. C’est ainsi qu’il construit avec l’aide étrangère, un barrage important sur la rivière Nam Ngum, dans le nord du pays. Ce barrage aura une double utilité : d’abord, irriguer de nombreux hectares de plaine et augmenter la production de riz ; ensuite, distribuer de l’énergie électrique à Vientiane et ses environs, ce qui contribuera sans doute à développer les petites industries locales et donnera du travail à ceux qui viennent en chercher en ville, mais n’y trouvent que des métiers de misère ou ne vivent que d’expédients. A Paksé aussi, nous aurons en fin d’année quelque chose de semblable, quoique en plus petit, avec le barrage de Salabam que des ingénieurs français construisent en collaboration avec des Lao et des Allemands.
A part cela, la situation économique et sociale du Laos n’a guère varié depuis le rapport annuel de l’an dernier, 95 % du commerce est toujours entre les mains des Chinois ; l’artisanat en grande partie entre celles des Vietnamiens. Le Lao se contente de métiers plus en rapport avec ses goûts : chauffeur, manœuvre temporaire, ou agriculteur s’il habite la campagne ou les villages de brousse. Rien d’important donc depuis l’an dernier. On signale même une augmentation du nombre des chômeurs dans la capitale ; ils seraient 30 000 actuellement. Le nombre des réfugiés s’est lui aussi accru, on parle de 600 000 pour tout le pays. Ce chiffre me paraît exagéré.
Situation de l’Eglise locale
Malgré l’insécurité et bien que la route de Savannakhet à Paksé ait été coupée jusqu’au 15 août dernier, les Pères des différentes missions, Vientiane, Luang Prabang, Savannakhet et Paksé (nous collaborons étroitement avec les Oblats, surtout pour ce qui regarde la nouvelle liturgie et les traductions), ont pu se réunir à différentes reprises.
D’abord, événement important et pour la première fois au Laos, une session de pastorale dirigée par le chanoine BOULARD. Elle se déroula du 26 au 30 octobre et eut pour thème : « Comment débute l’évangélisation ? ». Evêque, prêtres et laïcs y participèrent et la trouvèrent très enrichissante,
Une autre conférence dans le même genre eut lieu à Bangkok, celle-là donnée par le P. FRISQUE, à laquelle prirent part des confrères délégués par la Région.
En septembre 1968, les pères et les laïcs de la Commission liturgique se sont réunis pour traduire les quatre prières eucharistiques et les préfaces. Certaines de ces dernières ont été rédigées en poésie laotienne, ce qui leur donne un tour solennel.
Du 28 au 31 décembre, les prêtres laotiens ont travaillé à une première formulation de directives à. prendre pour adapter la liturgie aux coutumes laotiennes, en particulier les différentes attitudes pendant la messe et certains rites du sacrement de mariage.
La CELAC, Assemblée des évêques du Laos et du Cambodge, a tenu sa session annuelle au début de juin.
Voilà pour ce qui concerne les réunions à l’échelon national.
Tous les deux mois, les confrères de Thakhek et de Paksé assistent, au centre de leur mission respective, à la recollection prévue par le règlement de la Société, Les Pères lao y viennent aussi très régulièrement. Elles durent une journée avec arrivée la veille et départ le lendemain. Son programme est simple : oraison en commun, récitation de laudes en commun, messe concélébrée, homélie par le vicaire apostolique, le régional ou le vice-régional à tour de rôle, deux instructions assurées par l’un d’entre nous, réunion du presbytérium, puis, dans l’après-midi, carrefour sur un sujet donné, le tout agrémenté d’agapes fraternelles et d’esprit Missions Etrangères autour de l’évêque.
Ces réunions du presbytérium sont enrichissantes et font que chacun se sent en plus grande unité et responsabilité avec son évêque et ses confrères. Les problèmes d’organisation spirituelle, matérielle et financière de la mission, ainsi que ses problèmes apostoliques y sont discutés.
C’est ainsi que, par exemple, au dernier presbytérium de Paksé, nous avons traité, entre autres choses, de la mise en place dans le vicariat du Conseil pastoral. Nous sommes partis d’une réflexion théologique : c’est la présence active du Christ au cœur de chaque chrétien qui fonde sa participation au peuple de Dieu. L’Eglise n’est pas un intermédiaire entre le Christ et les chrétiens : il n’y a qu’un seul Médiateur, le Christ. Cela permet de déterminer le fondement du Conseil pastoral et le caractère spécifique du presbytérium. Pour connaître la forme juridique du Conseil pastoral, il est bon de s’inspirer de la forme du Synode épiscopal. Ce Conseil est de nature perpétuel, mais ne se réunit que lorsqu’une occasion grave se présente, sur convocation de l’évêque. Les membres doivent être choisis en fonction des sujets à traiter et ils doivent travailler ces questions avant la réunion. Il faudrait d’ailleurs déjà des conseils dans chaque catégorie : prêtres, religieuses (nous n’avons pas de religieux) et laïcs. Il est demandé de choisir les laïcs, non seulement dans les mouvements déjà organisés, mais aussi dans tout le peuple.
Pratiquement, pour la mise en place prochaine de ce conseil pastoral vicarial, nous allons commencer par former des conseils paroissiaux. Dans ces derniers, le missionnaire traitera les questions les plus urgentes ; puis, lorsque l’évêque convoquera le conseil diocésain, chaque conseil paroissial délèguera un ou deux de ses membres pour y participer.
Thakhek aussi est en train de créer son conseil pastoral vicarial sur les mêmes bases, semble-t-il. On pense que les premiers problèmes qui seront traités dans ces différents conseils sont les changements prochains dans la liturgie ainsi que dans le rituel des sacrements de baptême et de mariage. Déjà le P. VAN NEDERVELDE, avec deux prêtres laos, travaille activement à leur traduction.
La conférence épiscopale a confié à la mission de Paksé la traduction en langue lao des épîtres. Thakhek traduit l’Evangile. Pour Paksé, c’est encore le P. VAN NEDERVELDE qui est chargé de ce travail de bénédictin.
Nous avons décidé aussi dans la mission de Paksé de donner une formation permanente à nos catéchistes. La première session a eu lieu en septembre et se renouvellera tous les mois. Elles commencent par une présentation et une explication détaillée du programme de catéchisme qu’ils auront à enseigner dans le courant du mois suivant ; puis liturgie, chants, sacrements, rôle d’un catéchiste dans un village chrétien, dans un village païen ; soins spirituels à donner aux malades et aux mourants, etc... Nous espérons ainsi former de bons auxiliaires du missionnaire, surtout pour les endroits que celui-ci ne peut atteindre facilement.
La région, cette année, a eu le plaisir d’accueillir deux visiteurs envoyés par Paris : le P. KÉROUANTON et le P. ITCAÏNA. Le premier venait dans le sens « formation permanente » du missionnaire, et nous avons tous apprécié ses exposés qui, bien que donnés en conversation et discussions détendues, n’en étaient pas moins suivis avec profit. Le Père nous a ouvert des horizons, en particulier en Ecriture Sainte. Malheureusement, des crises de coliques néphrétiques et un hoquet incoercible l’ont beaucoup fatigué et obligé à regagner la France plus tôt qu’il ne l’escomptait.
La visite du P. Itcaïna, envoyé par la Société, a aussi été très appréciée. D’abord, par la sympathie qu’il a su attirer sur sa personne, ensuite par la compréhension et l’amitié qu’il nous a manifestées. Il nous a mis au courant des principaux problèmes auxquels doit faire face la Société, notamment celui du recrutement. Le Père a tenu à visiter chaque confrère dans son district et y a réussi, sauf pour deux d’entre nous : le P. MARTIN à Saravane, parce que les horaires d’avion ne correspondaient pas à son programme, et le P. OUVRARD à Pongkiu, parce que l’accès à son village s’avérait très difficile, tant à cause de la saison des pluies qu’à cause de la présence du Pathet Lao sur le parcours. La plupart des confrères ont pu faire part au P. Itcaïna. de leurs espoirs, de leurs travaux, de leurs difficultés et de leurs critiques. On dit ici que sa visite a été très amicale, mais que rien n’a échappé à son œil perspicace. Tant mieux ! Nous espérons tous cependant que le Laos aura en sa personne un représentant éclairé et un bon avocat à Paris.
La retraite annuelle nous a été prêchée par Mgr ANCEL. L’éloge de ce prédicateur, si plein de foi et d’expérience, n’est plus à faire. Les confrères ont été unanimes pour apprécier ses instructions et ses carrefours qui sortaient du cadre ordinaire des sermons de retraite classique. Chacun dit, y compris les prêtres lao, que depuis longtemps, il n’avait fait une retraite aussi fructueuse.
Les deux vicariats apostoliques m.e.p.
Il n’y a pas grand chose à ajouter au rapport que je fis l’an dernier comme supérieur local. Les missionnaires n’ont pas changé de postes, tant à Thakhek que sur le territoire de Paksé. Ils ne sont cependant pas restés inactifs et ne se sont pas cantonnés uniquement dans le soin des chrétientés déjà existantes, ils ont aussi dirigé « ad gentes » leurs efforts, d’autant plus méritoires que les circonstances les rendent plus difficiles et dangereux. La note générale est que la plupart ont été apôtres, autant qu’ils l’ont pu.
Les statistiques des deux missions ressemblent d’assez près à celles de l’exercice précédent. Progrès en somme assez peu sensible. Cela est dû, en grande partie, à la situation ainsi qu’à toutes les misères et désordres qui en découlent. Chacun a donc travaillé avec zèle pour des résultats apparemment inexistants. Il est évident que celui qui se bornerait à juger de l’activité des missionnaires du Laos d’après des statistiques risquerait de se tromper lourdement. Ici, nous avons affaire bien souvent à des chrétiens amorphes, qu’il faut secouer et souvent traîner ; à des difficultés matérielles et financières qui font le tourment du missionnaire ; à des païens totalement indifférents aux beautés du christianisme et parfaite-ment satisfaits de leur bouddhisme décadent sans compter le matérialisme grandissant, la lutte pour la vie ou pour le gain dans cette atmosphère de guerre. On peut dire que l’esprit n’est pas aux conversions, même chez les montagnards, en qui pourtant nous avions le plus d’espoir.
Vicariat apostolique de Paksé
Commençons par le nord de la mission. C’est le P. VIGNALET qui s’y trouve dans sa résidence de Kong Sédone, bâtie naguère par le P. GODET. Kong Sédone est une bourgade passée récemment au rang de chef-lieu de province. Une seule famille chrétienne vietna-mienne, et un village entré en religion, il y a une dizaine d’années. Ce village d’origine montagnarde est très pauvre à tous points de vue, comme le dit son curé : « Ayant peu reçu du bon Dieu, il demande beaucoup à son représentant ! ». Tout le reste de la province est boud-dhiste fervent, autant que peut l’être un laotien, mais ce bouddhisme représente pour eux un genre de vie qui leur convient et qu’ils ne soient pas la nécessité d’abandonner. Le P. Vignalet voit le plus de villages possible, y crée de nombreuses sympathies, les aide socialement, mais n’en est pour le moment qu’au stade des contacts humains. D’autre part, depuis deux ans, ce secteur a vu la guerre et l’insécurité s’accentuer. De nombreux réfugiés ont dû abandonner leurs villages et leurs rizières, pour venir s’installer pauvrement sur la rive droite de la Sédone.
A 30 km au sud, le village de Khampeng, vieux village chrétien d’origine montagnarde aussi. Le village que, dans la mission, nous appelons « pilote ». Le P. MOREL, en était le recteur avant son congé en France, et le P. Vignalet le régit pendant son absence, jusqu’à l’arrivée du P. BRARD, car c’est là que Monseigneur a nommé ce dernier. Vieille chrétienté relativement fervente, d’environ 450 habitants, sans compter les annexes au nord et au sud, elle donne assez de travail à son curé. C’est là encore que le P. RUBAN étudie la langue et fait ses premières armes dans l’apostolat.
Puis, à Paksé, nous trouvons le P. BACH comme responsable de la paroisse, aidé par le P. BUNLIEP, prêtre d’origine vietnamienne très zélé. Paroisse assez cosmopolite, puisqu’on y rencontre en plus des Lao et des Vietnamiens, des Français (peu de pratiquants dans le corps professoral), des Américains et quelques Philippins. Activités multiples : Action Catholique, Légion de Marie, Croisade eucharistique, cercle de jeunes... Le P. Bach a pu mener à bien cette année la construction d’une maison agréable destinée à être la maison des jeunes de Paksé.
Paksé compte encore deux annexes, l’une Tha-Hin, de l’autre côté de la Sédone, composée uniquement de chrétiens vietnamiens, avec une école ; l’autre, Bang-lo à deux kilomètres au sud, formée de catéchumènes et de chrétiens lao de différents villages, venus se rassembler dans ce village pour différents motifs : réfugiés, terres à cultiver ou espoirs d’une vie meilleure à proximité de la ville. A toutes ces occupations, le P. Bach joint encore celles de donner des cours de catéchisme aux enfants chrétiens et des cours quotidiens de religion aux élèves non chrétiens de l’école des Sœurs de Ste-Jeanne-Antide de Paksé, sans compter sa charge de provicaire.
A l’évêché, notre infatigable vicaire apostolique Mgr URKIA, à sa charge épiscopale, joint celles de procureur et de curé de trois villages montagnards récemment convertis sur la route de Paksong. Monseigneur a voulu se réserver ce ministère pour être toujours dans la pâte et être à même de pouvoir toujours mieux comprendre le travail apostolique de ses missionnaires.
Sur la route de Saïgon vers le sud, à 30 km, nous sommes chez le P. CAVAILLIER à Ban Nam Sai. C’est un village de lépreux dont le Père s’occupait déjà bien avant d’y résider et où il tâchait de faire des chrétiens des quelque trois cents déshérités qu’il y soignait. Les soins aux lépreux semblent passer de plus en plus sous le contrôle gouvernemental et, dans ce but, on y a délégué un docteur léprologue français... Celui-ci veut avoir la mainmise absolue sur tout ce qui se fait, se donne ou se construit pour les lépreux. Le P. Cavaillier ne semble pas vouloir l’entendre de cette oreille… des difficultés ont surgi... des essais d’arrangement aussi… Le P. Cavaillier crée maintenant un village de lépreux blanchis, à proximité de celui où il réside et où il continue à donner des soins.
En traversant le Mékong, en face de Bassac, nous atteignons Phranon-Nua, résidence du P. LAIRAT. Il paît avec sérénité, compréhension et pas mal d’humour, quelque 400 vieux chrétiens qui ne lui donnent pas que des consolations, A 11 km de là, le village de Thateng, un peu plus fervent, 150 chrétiens, fait aussi partie de son secteur. Le Père y a construit une belle église en dur que l’on a bénie récemment… Ces deux villages ne sont que deux petits îlots, noyés en plein pays bouddhiste. (Champassac est le fief du prince Boun Oum) : les pagodes et les bonzes y sont très nombreux et la population suit le mouvement. Aussi les conversions y sont-elles rares et difficiles. Il n’y a guère que les indésirables dans les villages païens (mauvais œil), ou ceux qui se marient avec une partie catholique qui consentent à faire le pas.
Sur la route de Paksong, le village de Non-Saat, PK. 15. Le P. GODET en est le curé très dévoué. Ce village de montagnards Ta-Oi est originaire de la Chaîne annamitique, à trois jours de marche de Saravane. Ces gens sont venus se fixer à Paksé depuis la guerre du Viet- minh. Ils se sont convertis, et le village grâce à l’élément jeune d’alors, devenu adulte depuis, compte comme un de nos villages montagnards le plus christianisé. Le P. Godet y entretient une école d’une centaine d’élèves. Notre sympathique économe régional est en même temps aumônier des religieuses laotiennes du couvent bâti sur le territoire de ce village. Il y est très pris par des cours, des conférences et les soins spirituels aux sœurs, professes, novices et postulantes, sans compter le travail sous-jacent de la mise à l’heure du Concile. Ce n’est pas un labeur tout repos
C’est au PK. 21, sur cette même route de Paksong, que se dessine la piste qui mène à Udom-Suk, secteur du P. VAN NEDERVELDE, du moins jusqu’à Noël prochain. Le P. MOREL, de retour de congé, le remplacera alors. Udom-Suk est un composé de villages pour la plupart réfugiés. La population est formée de Khas de différentes tribus : Ong, Souei, Ta-Oi, Lovens, aux langues, aux mœurs et à la mentalité diverses. De plus, chez les chrétiens, (ils se sont regroupés par villages), chacun voudrait avoir son église, son école et son instituteur, un peu comme les réfugiés du Nord-Vietnam sur la route de Saïgon-Bienhoa-Dalat. Le P. MAINIER déjà, à cause de cette diversité, appelait le secteur Babel-Suk ! Le dynamique P. « Van » y fait néanmoins de l’excellent travail. Il y a organisé ses catéchismes, (des centaines de catéchumènes), ses visites, ses messes et vient récemment d’obtenir toutes autorisations pour ouvrir une école qui compte déjà plus de 120 élèves. Après Noël, il s’en ira fonder une nouvelle chrétienté à Kinac, tout à fait au sud de la Mission, près de la frontière cambodgienne.
PAKSE
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Evêque Mgr URKIA Pierre
Vicaire délégué, provicaire PP. BACH Pierre
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Supérieur régional MICHEL Louis
Conseiller régional GODET Marcel
MINISTÈRE PAROISSIAL
PAKSE BACH Pierre
HUEI PHEK * BUNLIEP, pr. loc.
KONG SEDONE VIGNALET Marcel
KHAMPENG BRARD René
NAM SAI CAVAILLIER Pierre
PHRA NON LAIRAT André
QUINAC VAN NEDERVELDE André
PK. 15 GODET Marcel
UDOM SUK MOREL Jean
PK. 42 EB André
NONG SIM * BUNHUANG, pr. loc.
PAKSONG-NONG I 01 MICHEL Louis
SARAVANE MARTIN Philibert
ETUDE DE LA LANGUE KHAMPENG
EN FRANCE
Congé régulier MOREL Jean
Etudiant CAMIO Aristide
Nous reprenons la route de Paksong et nous voici au PK. 42, chez le P. EB, notre doyen. Chapelle et résidence en bois, belle pelouse et fleurs du plateau des Bolovens. Le Père y vit parmi une dizaine de familles vietnamiennes originaires du Nord-Vietnam, mais résidant au Laos depuis des années. Ces Vietnamiens sont maraîchers et surtout cultivateurs de thé et de café. Vieux chrétiens à la nuque un peu dure, que le Père voudrait mener « modo antiquo », mais qui ne se laissent pas toujours faire. Notre doyen essaye de contacter les Khas de différentes races qui peuplent les villages environnants : ceux-ci l’ont en estime, mais semblent estimer davantage ses médicaments.
Puis à 8 km de là, Paksong, la capitale du Plateau des Bolovens. Bourg très humide pendant une grande partie de l’année (il y pleut 4,70 m par an !). Ce bourg, assez lépreux par ailleurs, est situé à 1 280 m d’altitude. Il y fait bon et frais pendant la saison torride dans la plaine, (mars, avril et mai) et les confrères aiment à venir y respirer à cette époque. C’est là que se situe l’école des catéchistes, où exerce le P. MICHEL : avec l’aide de deux instituteurs-catéchistes, il essaye, en plus du programme des écoles primaires du royaume de développer le sens de l’Eglise, celui de l’apostolat, de la liturgie, en même temps que d’inculquer une sérieuse dose de catéchisme et la manière de l’enseigner, à une vingtaine d’adolescents et de jeunes gens d’origine montagnarde. Notre désir serait de recevoir beaucoup plus d’élèves, mais les fonds sont déjà à peine suffisants pour enseigner un si petit nombre. Nous nous considérerions cependant comblés, si, après un cycle de trois ans, ces jeunes devenaient les précieux auxiliaires du missionnaire dans les villages chrétiens, catéchumènes et païens.
Et voici enfin Saravane, secteur du P. MARTIN depuis des années. J’ai dit, l’an dernier, son isolement et son travail apostolique très durs auprès des populations Khas de cette province coupée de tout. Malheureusement, la situation ne s’est pas améliorée. Le Père ne peut guère parcourir que le cinquième du territoire qu’il pouvait naguère évangéliser. Grosse consolation cependant : ses catéchistes peuvent encore venir le visiter, et ils lui sont restés fidèles ainsi qu’à l’enseignement qu’ils étaient chargés de répandre dans les villages chrétiens, catéchumènes et païens, que le Père a fondés ou contactés.
Vicariat apostolique de Savannakhet
Au centre de la mission, à Thakhek, Mgr ARNAUD et le P. EVRARD, procureur. Monsei-gneur, à sa charge pastorale, joint encore celle de curé par intérim dans divers villages. C’est ainsi qu’actuellement, il dessert le village de Dong Makba que le P. Ouvrard ne peut plus atteindre. Mgr Arnaud a donné sa démission de vicaire apostolique pour raisons de santé, mais continue à diriger la mission jusqu’à la nomination de son successeur.
Le P. Evrard a, lui aussi, le village de Simang à sa charge, à quatre kilomètres de Thakhek.
Le P. ABALLAIN, toujours aussi actif, sportif et organisé, s’occupe avec maestria de la paroisse de la cathédrale, où, comme le P. Bach à Paksé, il instaure le renouveau liturgique. Notre provicaire est encore recteur de deux autres villages laotiens : Phon Nia et Kok Sang : de cette façon, il ne perd pas le goût de la brousse qu’il a toujours aimée.
Au mois de mars dernier, le sacristain du P. NÉNOT a été assassiné, juste l’avant-veille de la fête paroissiale de son village de Dong Sok. Depuis, le Père se doit d’être prudent chaque dimanche lorsque, après la messe à sa résidence principale de Bang Hien, il va à sa desserte célébrer une deuxième messe. Le doyen de la mission fait encore allégrement, à 71 ans, les 16 km que représente ce trajet aller-retour.
A Pong Kiu, le P. OUVRARD se voit bloqué lui aussi, ne pouvant plus assurer le service de Dong Makba, car, entre ces deux villages, il y a de très dangereux kilomètres de forêt où les rebelles sont comme chez eux. Il peut cependant se rendre quelquefois à Thakhek « per aliam viam ». Ce secteur au nord de la rivière Sé Bang Fai, c’est-à-dire : Banghieng, Dong Sok, Pongkiu, Dong Makba, se pourrit de plus en plus, et les Pathet-Lao semblent y avoir élu domicile, ce qui entraîne de fréquents bombardements et quelques engagements. Les PP. Nénot et surtout Ouvrard, sans être en danger immédiat, restent pourtant à la merci de faux frères et à celle de l’humeur changeante des rebelles.
En stage dans les villages de Namdik et de Nataket, le P. LAB, vicaire du P. Montagne pour ces deux endroits, est aussi au service de la population. Il y fait ses premières armes, tout en continuant à se perfectionner en langue lao. Tout porte à croire que notre jeune confrère sera un bon broussard qui ne craint pas sa peine et un excellent missionnaire.
Le P. MONTAGNE, notre dévoué vice-régional, est celui qui a le secteur le plus long, 120 km. Responsable des villages de Namdik et de Nataket, il y ajoute ceux de Nam Thon, Phontiu, (mines d’étain). Nasa à l’est, de Hinlat à l’est sur le Mékong. Il ne compte plus les kilomètres à pied qu’il parcourt dans une année pour visiter ses ouailles ou catéchiser ses catéchumènes, pour la plupart réfugiés, (on en dénombre 6 000 dans son secteur). Cette année, notre vaillant confrère a eu la joie de pouvoir construire une résidence-chapelle au sillage de Nam Thon ; il peut ainsi rester davantage sur place pour évangéliser ses nouveaux adeptes. Il attend avec impatience l’arrivée d’une « Land-Rover » pour pouvoir parcourir avec plus de facilité et plus rapidement son immense territoire,
A Savannakhet depuis 1953, le P. DONJON, toujours fidèle au poste, s’occupe avec une régularité et une ponctualité parfaites de ses 828 baptisés. Il assure en plus la messe quotidienne des sœurs de la Charité de Ste-Jeanne-Antide et donne des cours de catéchisme et de religion à leurs nombreux élèves. Depuis novembre 69, il est aidé par le P. DEFLORENNE, en stage chez lui. Notre jeune confrère continue aussi à se perfectionner en laotien, qu’il parle déjà bien, et a pris la succession du P. MILLOT à Séno. Séno a été fondé, pour ainsi dire, par le P. Millot. On y compte maintenant 124 baptisés, une école primaire. Le P. Deflorenne fait encore des visites hebdomadaires à des villages de réfugiés, les soigne et leur procure les maigres secours dont il peut disposer.
Cette année encore a été une année où chacun, aussi bien à Thakhek qu’à Paksé, a vécu pleinement sa vocation missionnaire, malgré les difficultés et les dangers qui se sont accentués…
Nous n’avons, par ailleurs, qu’à nous féliciter de la bonne entente, de l’esprit de service et de la charité qui règnent entre nous. Ici, pas de contestation ni de problème particulier comme, par exemple, celui du célibat, mais, chez à peu près tous, une saine conception de la vie et du devoir missionnaires. Souhaitons qu’il en soit toujours ainsi !
Réactions sur le Document d’orientation
Les confrères, pour la plupart, ne l’ont pas encore lu en entier. Est-ce le style si condensé. la doctrine si serrée, ou le sérieux de la ligne missionnaire à suivre qui les a fait hésiter ? Peut-être ces trois points. Toujours est-il qu’ils se rendent compte, dès maintenant, de la plupart des problèmes qui se posent à eux-mêmes, ici au Laos, pour faire de l’Eglise laotienne une église dans la ligne du Concile. Ils se rendent compte également du travail immense qu’il faudra déployer, tant pour l’action missionnaire proprement dite, que pour l’effort spirituel et culturel qu’elle demande de chacun de nous.
Louis MICHEL,
Supérieur régional.
SAVANNAKHET
RESPONSABILITÉS DIOCÉSAINES
Vicaire apostolique Mgr ARNAUD Jean (1)
Provicaire et commissions diocésaines PP. ABALLAIN Georges
Directeur du pré-séminaire * SALEUM, pr. loc.
Procureur EVRARD Jean
RESPONSABILITÉS M.E.P.
Vice-supérieur régional, conseiller régional MONTAGNE Clément
MINISTÈRE PAROISSIAL
Popu- Catho- Adultes Catéchu-
lation liques baptisés mènes
KHAMMOUANE 6 000 731 31 32 PP. ABALLAIN Georges
* HUU, pr. loc.
DONDON 655 4 12 * SOMMENG, pr. loc.
NAMDIK 488 4 7 MONTAGNE Clément
LAB Hubert
SIMANG 231 4 EVRARD Jean
SIENGVANG 669 6 36 * KHAMPHAN, pr. loc.
BANCHIENG 759 7 NÉNOT Jean-Baptiste
PONGKIOU-DONG
MAKBA 1 172 2 62 OUVRARD Joseph
NAHA PHOM 110
NAM THON 106 3 9 MONTAGNE Clément
SAVANNAKHET 20 000 830 6 10 DONJON Vincent
SENO 103 1 DEFLORENNE Guy
Chrétiens dispersés 200
EN FRANCE
Service d’information COZIEN René
Etudiant DESBOIS Pierre
GOURIOU François
LE MOAL Alain
Congé de maladie MILLOT Pierre (2)
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(1) La S.C. de la Propagation de la Foi a accepté la démission de Mgr ARNAUD en juillet 1969.
(2) Rapatrié au mois d’août 1968, le P. MILLOT a dû subir, dès son arrivée en France, l’amputation d’une jambe.
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