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Notice nécrologique

RIVET Henri Pierre

M RIVET

MISSIONNAIRE APOSTOLIQUE DE MALACCA

Né le 19 décembre 1856
Parti le 2 août 1882
Mort le 3 octobre 1915


M. Rivet est le troisième missionnaire nantais que la mission de Malacca a perdu en moins d’un an.
Henri-Pierre Rivet naquit à Chantenay-sur-Loire (Nantes, Loire-Inférieure) le 19 décembre 1856. Ordonné prêtre le 29 juin 1881, il entra au Séminaire des Missions-Etrangères le 1er août suivant. Après un an de noviciat, il partit pour la mission de Malacca le 2 août 1882.
Ses premières années de missionnaire se passèrent dans la ville de Singapore à l’école Saint-Joseph, dont Mgr Gasnier lui confia la direction religieuse, tandis que des maîtres laïques y faisaient les cours d’anglais. Il aurait certainement préféré être mis, de suite, à l’étude des langues indigènes et exercer le ministère apostolique proprement dit, mais il sacrifia ses goûts particuliers au bien général de la mission qui avait besoin de ses services à l’école Saint-Joseph.
Outre le bien qu’il fit à l’âme des enfants comme confesseur, il gagna leur affection et acquit sur eux un véritable ascendant, qui devait lui être plus tard très utile. En effet, la Providence le destinait à être un jour curé de la cathédrale, et, comme tel, à se retrouver en contact avec un bon nombre d’anciens élèves de l’école Saint-Joseph, devenus grands et pères de famille. L’influence qu’il avait eue sur eux naguère au collège, lui donnait plus d’autorité pour les diriger comme curé.
Vicaire à Singapore de 1886 à 1888, il fut ensuite curé à Pinang de 1889 à 1899 et à Malacca à deux reprises différentes, de 1899 à 1901 et de 1909 à 1914, époque à laquelle il retourna en France pour y mourir… Curé de la cathédrale à Singapore de 1901 à 1909, il profita de son influence sur ses anciens élèves du collège et ses amis, qui étaient nombreux, pour les réunir en une sorte d’association, et il fonda le « Catholic Club », qui a été longtemps actif et populaire. Ce cercle existe encore aujourd’hui, mais il a perdu beaucoup de son ancien entrain.
S’il fallait juger des gens sur la mine, personne n’eût hésité à dire que M. Rivet était toujours en bonne santé. Et cependant il était loin de se bien porter. Plusieurs fois la maladie l’obligea à cesser tout travail. Une fois en particulier, lorsqu’il était curé de Pinang, son état parut tellement désespéré qu’on s’occupait déjà de préparer ses funérailles, quand, tout à coup, il revint à la vie. A certaines époques, tout en continuant d’exercer le saint ministère, il souffrit beaucoup de l’estomac, qui, à la fin, se trouva complètement élabré.
Quand il quitta Singapore le 25 mai 1914 pour aller en France, on soupçonnait bien que le mal de gorge dont il était atteint pouvait avoir de funestes conséquences ; mais on comptait sur l’habileté des spécialistes français pour en procurer la guérison.

A son arrivée en France, les docteurs le déclarèrent atteint d’un lupus érythémateux ou d’une affection cancéreuse au larynx, mais se reconnurent impuissants à le guérir du mal dont il souffrait. Quant à lui, il ne s’effraya pas le moins du monde de se voir ainsi condamné par la science. Pleinement résigné à la volonté divine, il profita du temps qui lui restait, pour réfléchir sur ses responsabilités de prêtre et de missionnaire et se préparer à paraître devant le Souverain Juge.
« Ce fut là, écrit M. Sibers, la grande préoccupation du cher malade pendant toute la durée « de son séjour au sanatorium de Montbeton, où il arriva le 24 juillet 1914. Il suivait les « exercices de la communauté, prenait une part joyeuse aux récréations, lisait beaucoup et « aimait à causer avec les confrères. Mais il revenait souvent sur la nécessité pour lui de se « préparer à la mort… Dans ce but, il fit une retraite de 12 jours, et, quand il l’eut terminée, il « disait gaîment : « Maintenant, ça m’est égal ! que le bon Dieu m’appelle à Lui quand Il « voudra... »
Cependant le mal progressait peu à peu et la nutrition devenait de plus en plus difficile. M. Rivet reçut l’extrême-onction au commencement de septembre 1915, et alla en s’affaiblissant jusqu’au 3 octobre. Ce jour-là, à 1 h. ½ du matin, il s’endormit dans le calme et la paix du Seigneur, entouré de la sympathie et des prières de tous les confrères présents.



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