| Année: |
1889 |
| Pays: |
Malaisie |
| Mission: |
Malacca |
| Rédacteur: | Mgr Gasnier |
II. Malacca.
Population catholique 13.422
Baptêmes de païens 2.259
Baptêmes d’enfants de païens 191
« Le diocèse de Malacca, écrit Mgr Gasnier, est, sans contredit, l’un des plus extraordinairement constitués qui se trouvent sur la surface du globe, en ce sens que, des 13,422 catholiques qu’il renferme, aucun n’appartient à la race malaise, qui est la population vraiment indigène de la presqu’île. Si l’on compte les États de Kedah, Perak, Salangore, Sungei Ujong, Negri Sambilan, Muar, Johore, Pahang, Tringganou, Kelantan et Patani, puis les quatre gouvernements qui dépendent directement de la couronne d’Angleterre, à savoir : Singapore, Malacca, Dindings et Pinang, la population malaise est de 700,000 environ ; c’est encore la race qui domine, du moins par le nombre.
« Les tribus sauvages, qui sont certainement les aborigènes, refoulés dans l’intérieur, quand les Malais s’emparèrent du littoral, forment une population de 60,000 habitants environ ; de ce nombre, 350 seulement sont catholiques. Mais la Chine, avec sa population surabondante et remuante, envahit chaque année la presqu’île. L’année dernière, 138,000 Chinois sont descendus Singapore, ce qui porte à 400,000 environ le chiffre des émigrés du céleste emprire dans tous les États de la péninsule. Depuis dix ans, les familles chinoises se sont multipliées, et le nombre de ceux qui sont nés ici, et que l’on nomme Baba, est déjà très considérable. Sur 13,422 chrétiens que nous comptons dans le diocèse, 5,887 sont chinois.
« Vient ensuite la colonie indienne, qu’on peut évaluer à 40,000 habitants, dispersés dans tout le pays. De ce nombre, 3,240 sont catholiques. Les Européens de toute nation, qu’on évalue à 5,000 environ, nous donnent un chiffre de catholiques qui varie entre 6 et 800. Enfin, il a dans toute l’étendue du diocèse, de 12 à 14,000 Eurasiens ou métis, dont les uns descendant de Portugais, les autres, de Hollandais ou d’Anglais. On y compte 3,425 catholiques appartenant au diocèse de Malacca, et 3,000 environ qui dépendent du diocèse de Macao. »
La cathédrale du Bon-Pasteur de Singapore compte, à elle seule, de 1,800 à 2,000 catholiques. Le chiffre de 14,000 communions de l’année, dit assez le travail énorme qui pèse sur Mgr de Malacca, assisté, il est vrai, de Mgr Bourdon et du P. Delouette, curé de la cathédrale. L’église chinoise, qui réunit 1,200 chrétiens , est desservie par le P.Vignol, qui a obtenu 55 baptêmes d’adultes ; 12 baptêmes ont été enregistrés par le P. Meneuvrier, chargé de la congrégation tamoule de Singapore, et des Indiens dispersés dans les États de Negri Sambilan, Sungei Ujong, Salangore, Malacca et Johore.
« A Sarangong, le P. Saleilles, malgré sa santé délabrée, se livre à tout son zèle pour améliorer ses 500 chrétiens. Il entretient dans ce poste des écoles pour les différents dialectes, et visite régulièrement l’hôpital. Cette année, il y a baptisé 300 adultes, sans compter 58 autres baptisés à l’église. A Johore, qui compte 250 chrétiens , il a aussi commencé une colonie, sur un terrain concédé par le sultan.
« Sur la côte occidentale de la presqu’île se trouve la rivière de Muar, où se prépare une magnifique moisson d’âmes. Non loin de Malacca également, 10,000 Chinois avaient demandé l’année dernière à se faire chrétiens . Le manque de catéchistes nous a forcés de différer leur instruction ; nous avons demandé des hommes au Fo-kien, mais ne sera-t-il pas trop tard quand ils arriveront ? Le P. Galmel, établi à Ayer-salak, s’efforce de fairé revivre l’œuvre du P. Borie, en ramenant au bercail les sauvages qui avaient regagné leurs forêts. Le gouverneur a honoré la colonie de sa visite, et a fortement recommandé cette entreprise au secrétaire d’État.
« Les sauvages de Negri Sambilan sont visités par le P. Perrichon, qui réside à Seremban ; une ligne de chemin de fer va relier ce poste à la côte. Un peu plus au nord, est Kwala-lumpor, où le P. Letessier a baptisé 130 adultes à l’hôpital. De là, il peut aussi visiter les sauvages, mais les fièvres des bois l’ont abattu, et une sciatique le met dans l’impossibilité de marcher.
« Sur la rivière de Perak, à 60 kilomètres de la côte, se trouve Telok-anson. Dans cette ville, très importante comme port et comme tête de ligne de chemin de fer, le gouvernement vient de nous donner un terrain pour église et écoles. Nous y avons de 70 à 80 indiens, et on me demande 30 ou 40 familles indiennes pour y fonder une colinie, dont le gouvernement ferait tous les frais. Il se fait à Telok-anson un commerce d’étain très considérable ; la douane y perçoit journellement une taxe de 5 à 6,000 francs.
« Batu-gaja est situé sur le Kinta, affluent du Perak, à 75 milles environ du poste précédent. Le P. Allard, aidé du P. Barillon, y administre 800 chrétiens .Ils a baptisé 1,240 adultes .à l’hôpital, et 75 à l’église. Le grand secret du succès de ce vétéran de l’apstolat est autant dans les longues heures passées devant le Saint-Sacrement, que dans ses prédications incessantes. A Thaëping, qui compte en tout 750 chrétiens, le P. Gazeau a baptisé 55 infidèles. La congrégation indienne de ce poste, comme toutes celles qui sont semées çà et là sur le continent, sont visitées par le P. Fée.
« Sur la rivière de Krian, à 8 milles dans l’intérieur, se trouvent de grandes plantations, qui donnent de l’ouvrage à 4,000 Indiens. Les protestants, chefs de ces plantations, y ont bâti une église, dédiée à saint Antoine, pour les 250 chrétiens que nous y possédons. Enfin, dans la province de Welesley, la chrétienté de Sainte-Anne, qui se compose de 300 Chinois, s’est augmentée de 19 baptêmes d’adultes ; 52 ont été obtenus par le P. Terrien à Matchan-buboh.
« Comme Singapore, Pinang possède des église distinctes pour les diverses communautés chrétiennes. Cette année, le P. Fée chargé de visiter les Indiens du continent, et d’administrer la paroisse Sainte-François-Xavier, a obtenu 39 baptêmes d’adultes. La paroisse chinoise qui compte 350 chrétiens , réunis autour de l’église de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, s’est augmentée de 59 nouveaux baptisés. »
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