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Rapport annuel des évêques

Année: 1911
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Barillon

II. — Malacca.

Population catholique 30.912
Baptêmes d’adultes 1.089
Baptêmes d’enfants de païens 854
Conversions d’hérétiques 31
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Mgr Barillon nous envoie le rapport suivant sur les travaux de l’année dans son magnifique diocèse.
« L’année dernière, ce m’était une grande joie de pouvoir dire que nos cadres étaient au complet et que nous n’avions plus un seul missionnaire en dehors de la Mission. Cette joie a été de courte durée. Pendant le cours du présent exercice, la maladie et la mort ont décimé nos rangs.
« Successivement, MM. Coppin, Terrien et Saleilles, furent gravement atteints que, après être sortis de la crise par laquelle ils ont passé, il leur fut impossible de reprendre n’importe quel travail, et les médecins affirmèrent que leur seule planche de salut était un retour en Europe avec un repos absolu pendant quelque temps.
« Ces trois Confrères étaient en charge de chrétientés chinoises qui comptent parmi les plus importantes de la Mission. C’est dire que leur départ nous a été bien pénible, et que leur absence fait un grand vide. Mais j’espère qu’ils ne tarderont pas à nous revenir, après avoir renouvelé leurs forces de manière à travailler longtemps encore parmi nous.
« D’autre part, la mort nous a enlevé M. Pouget, doyen de notre Mission. Depuis quelques mois, sa santé était complètement délabrée et son estomac refusait presque toute nourriture, de sorte qu’il est mort d’épuisement. Il s’est éteint doucement et pieusement le 11 mars. Il était dans la 62e année de son âge et la 38e de son sacerdoce.
« Les Dames de Saint-Maur, qui dirigent sept établissements dans le diocèse de Malacca, ont aussi perdu trois de leurs Religieuses : une Irlandaise, une Chinoise et une Française. La première, Sœur Saint-Bernard, a passé vingt-deux ans dans la Mission. La seconde, Sœur Adélaïde, avait pris l’habit en 1862. La troisième, Mère Saint-Augustin, supérieure du couvent de Kuala Lumpur, n’était en Mission que depuis quelques années ; mais elle était si universellement estimée et aimée à cause de son extrême bonté, que sa mort subite, due à une maladie de cœur, fut un grand deuil et fit verser bien des pleurs. Elle sera longtemps regrettée à Kuala Lumpur.

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« Après avoir payé le tribut de notre bien affectueux souvenir à ceux que la maladie a mis pour un temps hors de combat et à ceux qui ont été appelés à la récompense éternelle, nous allons maintenant glaner dans les rapports des Missionnaires quelques détails qui donneront une idée de leurs travaux.
« Voici ce qu’écrit M. Mariette, curé de la paroisse chinoise de Saint-Pierre et Saint-Paul à « Singapore : « Le 2 juillet 1911 fera époque dans les annales de notre église. Une cérémonie « tout à fait extraordinaire s’y passait : l’ordination d’un prêtre, enfant de la paroisse. Le P. « Michel Sih, né et baptisé à Singapore, est, en effet, le troisième fils de notre vieux Sih-Toa-« Ti, qui, comme catéchiste, sert l’église avec dévouement depuis une trentaine d’années. Ses « longs et fidèles services méritaient bien une telle récompense.
« L’ordination ayant lieu dans la ville épiscopale, il semble que la cérémonie eût dû se « faire dans l’église cathédrale. Cependant, pour montrer sa satisfaction à la paroisse qui « donne au diocèse le premier prêtre chinois né dans la Presqu’île, Mgr Barillon eut la délicate « attention d’accorder cet honneur à l’église chinoise et décida de faire la cérémonie, à Saint-« Pierre, le jour même de la fête patronale.
« A cette heureuse nouvelle, la joie de nos chrétiens ne connaît pas de bornes. C’est du « délire. Une souscription est lancée : tous s’inscrivent généreusement et paient joyeusement. « La somme recueillie servira à offrir au nouveau prêtre calice et ornements, et à couvrir les « frais des décorations et des illuminations. On se met à l’œuvre ; tous, jeunes et vieux, « rivalisent d’entrain. Les réparations de l’église et le nouveau porche viennent juste d’être « terminés : les échafaudages tombent, les derniers matériaux disparaissent, des mâts « s’élèvent, des guirlandes se tressent, drapeaux et oriflammes flottent au vent ; l’église, le « kampong, la maison des Missionnaires, tout prend un air de fête.
« La cérémonie est fixée à 8 h. ½ . Dès 7 heures, toutes les place libres sont occupées « dans l’église et à la tribune ; car, outre les chrétiens des deux paroisses chinoises et des « autres églises de la ville, nombre de chrétiens chinois de la campagne sont venus pour « assister à l’ordination de leur compatriote. Aussi, malgré ses proportions assez vastes, notre « église est beaucoup trop étroite : nombre de fidèles devront rester dehors et se pressent sous « le porche, aux portes latérales et jusque sur les vérandas de la maison Saint-Joseph, d’où « l’on peut avoir vue dans l’église.
« L’officiant est l’Evêque du diocèse. Mgr Bourdon est au chœur avec une dizaine de « prêtres de la Mission. Au premier rang des fidèles, se tient le Gouverneur intérimaire de la « Colonie. Au cours de la cérémonie, qu’il suit avec piété et intérêt, on lui verra plusieurs fois « les larmes aux yeux.
« Les rites touchants de l’ordination se déroulent au cours de la grand’messe pontificale. « L’assistance les observe avec une pieuse curiosité et semble profondément émue, surtout à « la prostration, à l’imposition des mains de l’évêque officiant et des prêtres présents, à « l’onction des mains de l’ordinand et à la tradition du calice.
« Après la messe, le nouveau prêtre se rend à l’autel et descend avec le ciboire vers son « vieux père agenouillé à la sainte Table. Le bon vieillard a voulu rester à jeun jusqu’après la « longue cérémonie pour recevoir la sainte communion des mains fraîchement consacrées de « son Benjamin.
« Le lendemain, le P. Michei Sih célébrait sa première messe assisté de M. Chevauché « avec lequel il avait fait ses dernières années de probation. Ses deux aînés, en long habit « chinois, remplissaient à l’autel les fonctions d’enfants de chœur. Puisse-t-il travailler « longtemps et avec fruit à la gloire de Dieu et à la conversion de ses compatriotes ! »
« Ajoutons que quelques semaines plus tard, le 27 septembre, la paroisse de Saint-Pierre et Saint-Paul était de nouveau en fête pour le 25e anniversaire de l’ordination sacerdotale de M. Mariette. A cette occasion, ses chrétiens lui multiplièrent les témoignages de leur affection et de leur reconnaissance, et, tous, nous étions heureux de féliciter notre bien-aimé Confrère en lui souhaitant beaucoup d’années encore d’une vie vraiment sacerdotale et apostolique.

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« Dans le dernier compte rendu, j’exprimais l’espoir que M. Rivet, curé de Malacca, réussirait à recueillir les fonds nécessaires pour réparer la belle église de Saint-François-Xavier, dont le toit et les fenêtres étaient tout à fait délabrés. Cet espoir s’est réalisé. Ce sanctuaire, qui nous est si cher, est maintenant tout renouvelé à l’intérieur.
« Le nombre des chrétiens Eurasiens a grandement diminué à Malacca parce que beaucoup d’entre eux ont émigré dans les Etats Malais Fédérés pour v trouver des emplois. Par contre, la chrétienté chinoise s’accroît sensiblement. M. François, qui en est chargé, a recueilli, cette année, la belle gerbe de 76 baptêmes d’adultes. Voici les détails qu’il me donne sur son poste : « Mes chrétiens, dont j’évalue le nombre à 350 au moins, appartiennent à toutes les « races de Chinois habitant dans le pays : « Hak-Ka, Hoi-Nam, Ho-Kien, etc., etc., ce qui, « entre parenthèses, indique suffisamment la difficulté des langues. La plupart sont « cultivateurs et travaillent soit dans les jardins et rizières, soit dans les plantations comme « coolies. En ville, il y en a relativement peu, et aucun n’occupe un rang élevé dans la société « chinoise de Malacca.
« Le nombre de 76 baptêmes d’adultes est probablement le plus élevé qui ait jamais été « enregistré ici et semble indiquer qu’un mouvement de conversions se produit. Je ne sais si « j’atteindrais ce chiffre l’année prochaine ; cependant j’espère que beaucoup de mes « catéchumènes persévéreront, et que, une fois baptisés, ils m’amèneront leurs parents et leurs « amis.
« Il y a, à Malacca, une catégorie de riches Chinois, vieux habitants du pays, qui, jusqu’à « présent, n’ont guère songé à la religion. Toutefois le fait suivant pourrait avoir une certaine « répercussion parmi eux.
« Sur la route qui mène à la petite chrétienté de Gading, habite un riche païen de 72 ans. « En allant visiter les chrétiens, je m’arrêtai plusieurs fois chez lui. Au commencement, le « vieux païen avait peur de moi et se cachait quand il me voyait arriver. Mais, un soir appelé à « Gading pour une enfant malade, je fis halte chez lui afin d’arranger la lampe de ma « bicyclette ; il était 7 heures du soir. Ce fut, paraît-il, le coup de grâce. Jamais, dit-il ensuite, « nos bonzes n’iraient ainsi la nuit pour voir une enfant malade, surtout sans être payés. « Certainement la religion du Père est la vraie.
« Quelque temps après, il me fait prier d’aller chez lui le 8 de la 7e lune, pour mettre le « diable à la porte de sa maison et la bénir ensuite. Naturellement, j’accepte, et, au jour fixé, « une automobile vient me chercher. M. Henri Duvelle, qui était là, m’accompagne ainsi que « mon catéchiste. Nous arrivons. La grande image grimaçante avait été enlevée, mais les « bâtonnets et autres objets superstitieux y étaient encore; il n’osait y toucher. Nous eûmes « vite fait d’expulser ces vieilles reliques; puis, je bénis la maison et mis à la place d’honneur « un crucifix avec une image de la sainte Vierge. Maintenant mon vieux Tan Ah Ten et sa « famille se préparent au baptême. »

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« Dans les Negri Sembilan, la chrétienté de Titi s’est développée d’une manière très consolante. Bon nombre de familles se sont converties et M. Ruaudel a encore eu une trentaine de baptêmes lors de ma dernière visite. Il y a, dans cette localité, un excellent chrétien chinois qui, depuis des années, s’occupe de mines d’étain. Comme beaucoup d’autres, il a eu bien des revers de fortune ; mais il a fini par rencontrer de riches dépôts de minerai, ce qui lui a permis d’étendre son exploitation en y employant plusieurs centaines de ses compatriotes. I1 est si bon pour eux, si honnête, et d’une conduite si exemplaire, que son influence en attire beaucoup à étudier la doctrine et à se faire chrétiens. Malheureusement, cette station est à une grande distance du poste central de Seremban, ce qui ne permet pas au missionnaire de la visiter aussi souvent et d’y séjourner aussi longtemps qu’il le désirerait.

« Les Religieuses de Kuala Lumpur sont en train de se bâtir un nouveau couvent et une nouvelle école, admirablement situés à proximité de l’église paroissiale. L’ancienne maison en était beaucoup trop éloignée, car les Sœurs et leurs élèves avaient à traverser toute la ville, sous le soleil ou la pluie, pour se rendre aux offices. L’achat de la nouvelle propriété et la vente de l’ancienne ont apporté à la regrettée Mère Saint-Augustin de longs et pénibles soucis qui ont peut-être hâté sa fin. Elle avait enfin réussi, et les bâtiments étaient en cours de construction quand le bon Dieu l’a rappelée à Lui. Dans les conjonctures actuelles, sa présence semblait si nécessaire que sa disparition est un de ces événements qui déconcertent et où les desseins de la Providence sont vraiment insondables.

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« Au mois de février dernier, un grand nombre de Chinois du district de Stiawan ont semblé vouloir se faire chrétiens. Stiawan se trouve sur les confins de Perak et des Dindings, dans le voisinage de la grande baie de Lumut, et dépend du poste de Batu Gajah. Ces Chinois, planteurs de caoutchouc, envoyèrent députation sur députation à M. Chevauché pour l’assurer de leur désir d’étudier la doctrine.
« Notre Confrère ne croyait qu’à demi à ces belles déclarations, mais la perspective d’un magnifique coup de filet le faisait tressaillir d’espérance. Il se rendit donc auprès d’eux en la compagnie de M. Devals. La réception fut des plus enthousiastes : les candidats au catéchuménat affluèrent. Un catéchiste fut installé parmi eux et le Missionnaire leur promit de venir les voir le plus souvent possible s’ils persévéraient dans leurs bonnes dispositions. Petit à petit, il devint évident que leurs vues n’étaient pas très surnaturelles. Ils avaient des démêlés avec la Police ; ils demandaient qu’on leur obtînt des terrains, qu’on les aidât dans leur commerce... On devine le reste.
« J’ose espérer pourtant que tout n’est pas perdu et que, si nous ne pouvons plus compter sur des conversions en masse, nous pourrons du moins glaner quelques épis. M. Maury, qui a succédé à M. Chevauché, continue à s’occuper de ces braves gens ; mais le voisinage des Méthodistes rend la situation difficile.
« Si le missionnaire rencontre des déceptions parmi les catéchumènes, il trouve parfois de grandes consolations dans l’esprit de foi de ses chrétiens. Témoin l’anecdote suivante relatée par M. Maury.
« Ho-Ki-Chun est un chrétien qui demeure à Tronoh. Il plante des légumes dans un tout « petit jardin qui lui donne à peine de quoi vivre. Néanmoins, depuis que je suis à Batu Gajah, « j’avais remarqué que chaque dimanche il m’apportait plusieurs messes pour les âmes du « purgatoire. Un jour, en faisant la visite des chrétiens, j’allai le voir. Tout en prenant le thé, « j’inspecte sa maisonnette et remarque qu’elle était loin d’être neuve. Le toit, couvert de « vieilles atapes, était tout constellé de trous. Je lui demandai :
« — Pourquoi ne recouvres-tu pas ta maison, car elle doit faire eau quand il pleut !
« — C’est vrai, répondit-il, mais je n’ai pas de quoi la réparer.
« — Mon bon ami, répliquai-je, au lieu de demander des messes pour les âmes du « purgatoire, tu pourrais tout d’abord recouvrir ta maison ; le bon Dieu ne te demande pas ce « sacrifice.
« Ecoutez sa réponse : « Père, ce que je souffre, quand il pleut, dans ma maison, sur mon « lit et sur moi, n’est rien en comparaison de ce que souffrent les âmes du purgatoire ; car j’ai « appris que toutes les souffrances de ce monde sont infiniment plus petites que la moindre « souffrance de ces pauvres âmes. Aussi, j’estime que je dois, avant tout, tâcher de les « secourir. » Vous devinez mon émotion et ma joie en entendant ces paroles sublimes dans « leur simplicité. Je ne pus qu’ajouter : « Continue ! le bon Dieu est content de toi, et les « âmes du purgatoire ne seront pas ingrates. »

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« En poursuivant notre voyage vers le Nord, nous arrivons à Ipoh, où M. Fourgs a « remplacé M. Coppin. « Depuis le départ de ce dernier pour la France, écrit-il, il n’y a eu « dans la paroisse rien de bien extraordinaire ; je voudrais, cependant, signaler un certain « mouvement de conversions qui se dessine parmi les enfants chinoises qui fréquentent « l’école des Sœurs. Je l’attribue, pour une large part, aux bons exemples de l’une d’elles qui « a été baptisée cette année sous le nom d’Agnès.
« Depuis longtemps, Agnès soupirait après le jour où elle pourrait recevoir le sceau des « enfants du bon Dieu. Et voici que, par une permission divine, de pénibles circonstances « sont venues hâter pour elle l’arrivée de ce jour de bonheur. Son père et sa mère, vieux « païens opposés à son baptême, lui ont été enlevés par une cruelle maladie à quelques jours « d’intervalle.
« Agnès eut bien de la tristesse en voyant son père mourir dans le paganisme ; aussi, elle se « promit de prendre ses précautions et de ne pas laisser sa mère mourir dans les mêmes « conditions. Et dix jours plus tard, quand elle la vit en danger, elle fit si bien qu’elle la décida « à devenir chrétienne ; elle, non encore baptisée, versa l’eau régénératrice sur le front de sa « mère mourante. Peu après, cette dernière s’en allait au Ciel dont son admirable fille lui avait « ouvert la porte. Elle avait baptisé, elle avait sauvé sa mère ! ... A cette pensée, Agnès « oubliait tout le reste, même la rudesse du coup qui l’avait frappée.
« Désormais tout à fait libre, et d’ailleurs admirablement préparée, elle fut baptisée sans « retard au matin de l’Annonciation. Elle est au comble du bonheur. La voyant si heureuse, et « étant journellement témoins de sa conduite exemplaire, plusieurs de ses compagnes se sont « mises à l’étude du catéchisme. Puissent-elles suivre, jusqu’au bout, les traces d’Agnès et « devenir bonnes comme elle ! »
« M. Sausseau, qui est en charge des Indiens de toute la région d’Ipoh, me dit qu’il évalue le nombre de ses chrétiens à 1.250 ou 1.300. Mais là, comme dans beaucoup d’autres districts, ces chrétiens Indiens sont éparpillés un peu partout dans les plantations et souvent à de grandes distances de l’église, ce qui rend leur administration et leur bonne formation religieuse excessivement difficiles. Là où il se trouve des groupements un peu plus importants, le Missionnaire va leur donner la messe de temps en temps, le dimanche, car c’est le seul jour où il est possible de les réunir, et il en profite pour les instruire, les recevoir aux sacrements, catéchiser les enfants, etc. Ces pauvres gens auraient besoin d’être continuellement en contact avec le prêtre : mais celui-ci ne peut être partout à la fois.

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« Voici maintenant un petit extrait du long et très intéressant rapport que M. Cardon nous a adressé sur Machang Bubok, dans la Province Wellesley : « Les sociétés secrètes, qui « avaient failli nous nuire si grandement, il y a trois ans, ne font plus parler d’elles. Elles ont « été combattues avec vigueur par la Police de la Colonie et du Territoire de Kedah.
« Il m’a été facile de constater que les quelques chrétiens qui s’étaient affiliés à ces « sociétés l’avaient fait par peur ou par ignorance. Aussi, je n’eus pas de peine à ramener ces « brebis arrachées au bercail.
« J’eus cependant de grosses difficultés au sujet d’une famille dont le père refusait de se « réconcilier avec l’Eglise. Ma peine était fort grande, car cette famille compte de nombreux « enfants. Le bon Dieu se chargea de l’affaire.
« Un de leurs parents malade s’était fait transporter chez eux. Or, un matin, il tomba dans « une espèce de coma et ne donnait plus signe de vie. Tout le monde le croyait mort. Il resta « ainsi toute la journée. On faisait les préparatifs pour les funérailles, quand, soudain, à la « tombée de la nuit, le mort pousse un long soupir en s’écriant : « Je veux le Père ! Vite ! allez « chercher le Père ! car j’ai vu le diable, et il m’a conduit en enfer où il voulait me retenir... « J’ai fini par m’échapper, et je veux voir le Père ! »
« J’étais alors absent pour la retraite. A mon retour, je me hâtai d’aller le voir et le préparai « de mon mieux. Peu après, le malade mourait, pour de bon cette fois ; et j’espère qu’il n’a « plus eu maille à partir avec le diable. En tous cas, cette vision ou ce rêve a fait grande « impression et a été la cause de la conversion de toute la famille. »

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« Le beau poste de Balek Pulau, dans l’île de Penang, se relève petit à petit des ruines causées par la crise de l’agriculture dont j’ai parlé à plusieurs reprises dans les précédents comptes rendus. Au point de vue spirituel, M. Germane est content de sa paroisse.
« Mes chrétiens, écrit-il, aiment leur église, et ils le prouvent par la peine qu’ils prennent « pour venir à la messe le dimanche. Cette fidélité me fait croire qu’ils ne se négligent pas « trop, non plus, au point de vue des autres préceptes ; car ils savent bien qu’il serait inutile « d’être zélés pour l’observance d’un commandement s’il en est d’autres pour lesquels ils « seront condamnés.
« Leur fidélité au devoir pascal et à la réception des sacrements est une preuve encore plus « évidente de la sincérité de leur foi. Or, je n’ai aucun chrétien ne faisant pas ses Pâques par « raison de pure indifférence et d’apathie religieuse. Il n’y en a que quelques-uns qui ne « s’approchent pas des sacrements, et c’est pour d’autres raisons. Il y a cependant un point « noir : ce sont les filles qui ne trouvent pas à se marier. Or, voilà que les quelques mariages « qui eurent lieu l’an dernier ont déjà donné six naissances et ce sont six filles !... »
« En terminant ce compte rendu, ajoute Mgr l’Evêque de Malacca, j’ai le plaisir de faire remarquer que le nombre de nos catholiques a enfin dépassé les 30.000. Avec la grâce de Dieu, qui fera fructifier les travaux de mes bien-aimés Confrères, j’espère que dans quelques années, nous atteindrons les 40.000. »



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