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Rapport annuel des évêques

Année: 1922
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Barillon

II. – Malacca.

Population catholique 41.090
Baptêmes d’adultes 1.123
Baptêmes d’enfants de païens 1.362
Conversions d’hérétiques 23


« Le grand événement du présent exercice, pour le Diocèse de Malacca, écrit Mgr Barillon, a été le sacre de Monseigneur Louis Perrichon, évêque de Corone, Coadjuteur avec future succession de l’Evêque de Malacca. Cette grandiose cérémonie eut lieu, le dimanche 27 novembre, dans la cathédrale du Bon Pasteur, à Singapore. L’évêque consécrateur était Mgr Bouchut, Vicaire Apostolique du Cambodge, et les évêques assistants, Mgr Perros, Vicaire Apostolique de Siam et Mgr Perroy, Coadjuteur de la Birmanie Méridionale. Dans le sanctuaire, Mgr de Malacca et Mgr Mérel, avec une trentaine de prêtres, formaient une belle couronne autour du nouvel oint du Seigneur. Depuis son sacre, Mgr le Coadjuteur a déjà visité bien des districts de la Mission et, au mois de juillet, il a commencé une longue tournée de confirmations qui ne s’achèvera qu’en novembre.
Un autre fait bien consolant, c’est l’ordination de deux nouveaux prêtres indigènes. L’ordination du premier eut lieu le 3 décembre 1921 au collège de Penang, et c’est par elle que le nouvel évêque a inauguré son épiscopat, qui ne pouvait avoir de meilleures prémices. Comme ces deux recrues du sacerdoce étaient originaires de la ville de Malacca, nous avons jugé que la vieille cité avait bien mérité la faveur d’avoir l’ordination du second prêtre, dans son église paroissiale de Saint-François-Xavier. C’est ce qui se fit le 19 février 1922. Daigne le grand apôtre des Indes nous continuer sa puissante protection, en nous envoyant de bonnes et nombreuses vocations. Un autre de nos séminaristes qui a fini ses études théologiques, fait actuellement son temps de probation avant d’être promu aux Ordres Sacrés, et deux autres viennent de recevoir la tonsure. De sorte que nous avons l’espoir fondé de compter, dans quelques années, une demi-douzaine de prêtres indigènes.
Maintenant, après avoir montré le beau côté de la médaille il me faut aussi en montrer le revers, et ce revers est loin d’être brillant. En effet, au lieu de voir, comme chaque année, notre population catholique s’augmenter d’un bon millier, elle se trouve diminuée de plusieurs centaines : 41.090 seulement contre 41.760 du précédent compte rendu… Il est vrai que cette année nous enregistrons un peu moins de baptêmes d’enfants de chrétiens et d’adultes, mais ces baptêmes devraient nous donner une augmentation de population chrétienne. D’où vient cette diminution ? De l’état de plus en plus lamentable du commerce de la presqu’île, qui a réduit au chômage bien des mines et des plantations : un certain nombre de Chinois et un plus grand nombre d’Indiens n’y trouvant plus d’ouvrage, sont rentrés dans leur pays. Nous avons perdu de ce fait environ deux mille chrétiens. Une bonne partie reviendra, sans doute, quand les temps seront meilleurs. Mais en attendant, nous traversons une crise longue et pénible, qui jette nos chrétientés dans la gêne et le désarroi. Nous en trouvons l’écho douloureux dans tous les rapports des missionnaires.

Faisons maintenant la revue des différentes parties de la Mission, en suivant la classification officielle qui distingue de la Colonie proprement dite, les Etats Malais fédérés et les Etats Malais non fédérés.

I. Colonie proprement dite. – Elle comprend l’île Singapore, l’île de Penang avec la province Wellesley, et le territoire de Malacca.
Dans la ville de Singapore, à la paroisse chinoise de Saint-Pierre et Saint-Paul, M. Mariette signale les difficultés toutes spéciales qu’il rencontre, pour l’instruction religieuse des enfants. Comme beaucoup d’entr’eux sont envoyés très jeunes à l’école anglaise, c’est un vrai problème de leur faire apprendre les prières et le catéchisme en chinois. Il y en a pour lesquels cela devient impossible. Aussi, leur curé a dû créer pour eux une division spéciale, la division anglaise. Le bon Père Grisel, qui était devenu le compagnon de M. Gazeau à l’église chinoise du Sacré-Cœur, depuis plus d’un an et demi, nous a quittés subitement, le jour même de l’Ascension, pour aller au ciel célébrer cette grande fête. Le matin même de l’Ascension il avait encore pu dire la Sainte Messe ; c’était son viatique.
Serangong est une oasis presque toute chrétienne, dans un coin de l’île de Singapore. Au village et dans jardins des alentours, sur plusieurs kilomètres, les catholiques chinois avec leurs belles familles sont beaucoup plus nombreux que les païens. Quand les missionnaires passent de ce côté, à l’heure où les petits garçons et les petites filles se rendent aux écoles ou en reviennent, ils sont ravis d’entendre tous ces enfants les saluer, en criant de leur plus belle voix : « Que Dieu vous protège ! » C’est un gros travail d’instruire toute cette jeunesse, M. Bécheras s’en acquitte avec une maîtrise et un zèle au-dessus de tout éloge.
De Singapore, transportons-nous à Penang. En ville, à l’église de l’Assomption, de nouveau M. Devals fait l’intérim, pendant l’absence de M. Louis Duvelle, qui a dû aller refaire sa santé en France. Voici ce qu’écrit M. Devals : « A mon retour à Penang après un an d’absence, il m’a été agréable de constater un progrès sensible dans la vie religieuse de la paroisse de l’Assomption. L’assistance aux offices du dimanche est plus régulière et plus nombreuse ; le nombre des communions de dévotion est en augmentation notable. La jeunesse qui fréquente les écoles donne meilleure impression par sa piété, son bon esprit et sa bonne tenue. Ces résultats sont dus, sans nul doute, au zèle de M. Duvelle qui s’est épuisé à la tâche. Mais les trois retraites prêchées, l’année dernière, par le Père Lynch, à la paroisse, puis aux garçons et aux filles, ont produit un renouveau de ferveur qui est encore palpable. Tout n’est cependant pas parfait. A côté d’un gros noyau de familles bien fidèles, il se trouve une nombreuse population ignorante et indifférente… Beaucoup habitent loin de l’église et n’y viennent presque jamais. En général ils sont pauvres et leur niveau social et religieux vont de pair. Ils sont plutôt superstitieux. »
M. Sausseau, qui a remplacé Mgr Perrichon à l’église indienne de Penang, dit dans son rapport : « Cette année, j’ai cherché à connaître ma nouvelle paroisse. Quoiqu’il y ait bien des misères comme ailleurs, je me suis rendu compte que, somme toute, elle est une bonne, une excellente paroisse. Mgr Perrichon a inculqué à bon nombre des paroissiens de Saint-François-Xavier l’amour de la communion fréquente et même quotidienne. La nouvelle école tamoule de filles, ouverte en janvier 1921, sous la direction du couvent, fonctionne à merveille. Le nombre des élèves s’élève actuellement à 161. Un inspecteur du gouvernement, venu au mois de janvier dernier faire passe un examen de fin d’année, a été surpris des résultats déjà obtenus, et l’école a été placée de première classe sur toute la ligne. Ce beau résultat est dû au dévouement de Sœur Marie-Magdeleine, une Sœur indienne qui a mis tout son cœur à cette œuvre. »
M. Tour curé de la paroisse de Pulo-Tikus, étant tombé gravement malade, c’est encore M. Devals, toujours prêt à rendre service, qui a rédigé le rapport à sa place. » M. Tour, écrit-il, ayant pris possession du poste de Pulo-Tikus en décembre 1920, n’y a joui d’une bonne santé qu’environ une année ; mais il a fait beaucoup en peu de temps. Il a d’abord réparé et embelli l’église, puis il a transformé le presbytère et ses dépendances, et enfin il a remanié l’enclos paroissial, où maintenant tout respire l’ordre et la propreté. Son activité ne s’est pas bornée à ces améliorations matérielles. Dès le premier jour, il a su gagner le cœur de ses ouailles et les attirer à Dieu, par la réception fréquente des sacrements. Les Sœurs de Saint-Maur y ont pris la direction de l’école des filles ; elles ont déjà 80 élèves. Les Frères dirigent également l’école des garçons, et ont, tout près de là, à côté du Collège général, leur noviciat avec 47 novices ou postulants, dont M. Tour avait la direction spirituelle jusqu’à sa maladie. »
Le poste chinois de Balek-Pulau est un de ceux qui souffrent le plus de la crise commerciale. « Nos chrétiens d’ici, écrit M. Auriol, sont presque tous de petits agriculteurs ayant de nombreuses familles. Ils avaient déjà quelques difficultés à vivre avant la crise ; la plupart avaient des dettes qu’ils ne se pressaient pas de liquider, alors qu’il l’auraient pu. Aussi tous ceux qui ont manqué de prévoyance ont maintenant terriblement à souffrir. Un certain nombre de familles ont déjà quitté. Cependant des chrétiens sont venus d’ailleurs pour vivoter ici et ainsi la population catholique n’a pas diminué. Naturellement, ces difficultés matérielles sont cause que la vie chrétienne, en général est moins intense. Toutefois, il y a une élite qui monte et devient de plus en plus fervente. »
Le Père Seet qui est chargé des trois postes chinois de la province Wellesley, se plaint lui aussi de l’exode d’un certain nombre de chrétiens et catéchumènes, causé par le manque de travail.
En terminant cette partie du compte rendu qui se rapporte à Singapore et Penang, je me fais un devoir de dire notre reconnaissance à nos confrères de la Procure et du Collège, qui se mettent, autant que cella, leur est possible, à notre disposition, pour donner des messes dans les paroisses et les communautés. Sans leur bienveillant concours, nous serions très souvent pris au dépourvu.
Dans le territoire de Malacca, M. François qui en est chargé, a baptisé 44 adultes et espère bien davantage. « Le mouvement de conversions, écrit-il, que je signalais l’an dernier parmi les Fokinois, continue, et l’espoir d’une moisson abondante se précise de plus en plus. Non seulement les hommes, mais des femmes et des enfants apprennent la doctrine et demandent le baptême. J’avais déjà ouvert une maison de doctrine à Tangkah, j’en ai ouvert quatre cette année, à Bemban, à Merlimau, à Sabatu, à Sungei Sendok. J’ai l’intention d’en ouvrir encore une autre à Sungei Rambei. Partout les catéchumènes viennent régulièrement faire les prières le dimanche et, même chaque soir, il y en a qui viennent d’assez loin pour la prière en commun. Aussi, le diable n’est pas content : méthodistes et membres des Sociétés secrètes s’entendent, comme larrons en foire pour enrayer le mouvement. Malgré tout, le nombre des catéchumènes s’accroît de jour en jour. J’ai un excellent catéchiste qui se dépense sans compter ; mais il ne peut suffire à tout. Il m’en faudrait deux autres, et je ne sais où les trouver… »

II. Etats Malais fédérés. – Ces Etats sont : Perak. Selangor, les Negri Sembilan et Pahang. Les principaux centres chrétiens que nous avons à Perak sont : Taiping, Ipoh, Batu-Gajah, Bagan-Serai, Telok-Anson et Tapah.
Taiping a deux églises : l’une pour les chrétiens de langue anglaise, l’autre pour les Indiens, M. Cardon, qui est chargé de la première, fait remarquer que, depuis quelque temps, le gouvernement n’admet plus autant de malades dans ses hôpitaux pour les Chinois. Le résultat est une diminution sensible dans le nombre de nos baptêmes d’adultes « in articulo mortis », tandis que nos baptêmes à l’église ont augmenté.
M. Hermann, curé des Indiens, est content de voir un certain nombre de ses petits paroissiens fréquenter l’école des Frères. Mais cette tendance vers le progrès a son bon et son mauvais côté : Ceux qui étudient sérieusement et ne s’arrêtent pas à moitié chemin, obtiennent des emplois assez lucratifs et améliorent leur position sociale. Pour les autres, c’est bien différent ; ils grossissent les rangs des « déclassés. »
Ipoh a également deux églises, mais avec une population catholique plus considérable. M. Coppin, qui a la direction de l’église Saint-Michel depuis dix-huit ans, se félicite du chiffre de communions qu’il a atteint. « Je suis heureux, écrit-il, de voir mes paroissiens venir à la Sainte Table assez nombreux le dimanche. C’est surtout la dévotion au Sacré-Cœur qui a suscité ce grand mouvement vers la Sainte-Eucharistie. »
A l’église indienne de Notre-Dame de Lourdes, M. Déredec écrit que les « coolies » des plantations ont sensiblement diminué ; « mais, ajoute-t-il, en ville, la population chrétienne augmente toujours si bien que je me vois obligé d’agrandir mon église. Je puis dire qu’en général l’esprit de mes paroissiens est bon… Ils aiment leur petite église en planches et se font un devoir d’y venir nombreux à la moindre cérémonie. Ces bonnes habitudes sont l’œuvre de mon prédécesseur, M. Sausseau. Je tâcherai de bien conserver l’héritage qu’il m’a laissé.
M. Maury, rentré de France depuis quelques mois, a repris la direction de son poste de Batu-Gajah. Il s’est appliqué à favoriser un mouvement de conversions qui s’est manifesté à Pusing, assez gros village situé à cinq kilomètres de sa résidence. « Je suis, écrit-il, de plus en plus persuadé que j’aurai beaucoup de conversions dans ce village, quand j’y aurai construit une église-école, et si je puis obtenir un bon catéchiste pour y résider. »
C’est parmi les Indiens de Saint-Joseph de Bagan-Serai que M. Riboud apprend la langue et fait ses premières armes, sous la direction de M. Hermann, chargé de ce poste en même temps que de Taïping. Il est enchanté de vivre avec ces gens de la campagne qui sont si bons, mais ont le défaut de trop fréquenter les débits de « callou » ou eau-de-vie de cocotier. Les missionnaires ont formé une association de jeunes gens qui réagit vigoureusement contre cette malheureuse propension.
L’année dernière, M. Périssoud annonçait qu’il allait commencer la construction de sa nouvelle église, pour remplacer celle qui fut incendiée en 1914. Cette construction est maintenant en voie d’achèvement et les chrétiens de Telok-Anson s’en glorifient.

De l’Etat de Perak, nous passons dans celui de Selangor. La ville de Kuala-Lumpur avec ses 80.000 habitants en est le grand centre, au point de vue religieux aussi bien qu’au point de vue administratif. Aussi, elle a trois églises, sans compter la chapelle des « Central Workshops » on Ateliers centraux du Chemins de fer, qui sert à une population de 600 catholiques.
Au mois de juillet, la paroisse indienne de Saint-Antoine a eu de belles fêtes : d’abord le 13, pour la bénédiction de trois cloches offertes à l’église par des paroissiens et des amis ; puis le dimanche 16, pour la Confirmation. Ce jour-là, il y eut 104 confirmations et 720 communions. Cette paroisse même séparée de Klang devenu autonome, compte encore plus de 2.000 fidèles. M. Le Mahec qui en est chargé, a cent fois raison de dire qu’un seul missionnaire ne peut suffire à y faire tout le travail et s’occuper encore des sous-stations à l’extérieur. Il y a vraiment impossibilité matérielle d’entendre toutes les confessions, la veille des grandes fêtes. M. Le Mahec a enregistré 46 baptêmes d’adultes.
Klang, qui est devenu le centre d’un nouveau district, commence déjà à montrer sa vitalité. Non seulement M. Souhait a réussi à le doter d’un presbytère bien convenable, mais il a pu encore réparer la vieille église et la doter d’un joli autel. Puis il lui a donné une filiale, en bâtissant une chapelle à Assam-Jawa, 40 kilomètres plus loin, dans la région de Kuala-Selangor. Le jour de la bénédiction de cette petite chapelle, 232 indiens y ont reçu la sainte Communion.
Après Perak et Selangor viennent les Negri-Sembilan. Seremban qui en est la capitale, est aussi la seule résidence proprement dite des missionnaires. Ce poste central a des postes secondaires, en particulier Mantin et Titi qui ont église et presbytère. Le prêtre y fait de fréquentes visites et même y séjourne de temps en temps, mais non d’une manière habituelle. M. Fourgs, chargé de tout cet immense district a comme vicaire le jeune Père Lee, le Benjamin de notre clergé, qui s’est mis de tout cœur au travail et rend de très grands services à son curé. Celui-ci se félicite de l’excellent esprit de ses chrétiens, mais il est bien affligé de les voir tant souffrir de la crise actuelle, car la plupart sont des Chinois agriculteurs ou travaillant dans les mines. D’autre part, il y a, soit dans les Negri-Sembilan, soit dans le territoire de Malacca qui en est voisin, environ un millier de chrétiens indiens, et nous n’avons plus de missionnaire disponible pour s’occuper d’eux particulièrement.
Plusieurs localités de l’Etat de Pahang, comme Raub, Bentong, sont visitées par nos confrères de Kuala-Lumpur. De plus, nous avons une chapelle à Kuantan, sur la côte Est de la presqu’île. Après Pâques, Mgr Perrichon et M. Henri Duvelle y ont fait une tournée d’administration : ils n’y ont trouvé que très peu de chrétiens. Toute cette lointaine région est dans le marasme. Avant la guerre, Kuantan semblait destiné à un avenir prospère, et nous y avions acquis des terrains en vue d’y fonder un beau poste. Là encore il faudra attendre le retour de temps plus favorables.

III. Etats Malais non fédérés. – Ces Etats sont : Johore, Kedah, Perlis, Kelantan et Tringanu.
L’Etat de Johore occupe l’extrémité Sud de la presqu’île, et la ville du même nom est située sur le petit détroit qui sépare le continent de l’île de Singapore. Rien donc de plus facile que de passer d’une ville à l’autre. C’est ainsi que Mgr de Malacca a pu bénir la nouvelle église de l’Immaculée-Conception, en présence de cinq évêques et d’une trentaine de missionnaires, trois jours seulement après le sacre de Mgr Perrichon. Cette église est le centre de l’évangélisation dans le Sud de la contrée. Dans le Nord, nous avons une maison-chapelle à Muar, avec 150 chrétiens, administrés par les confrères de Malacca. Enfin, les missionnaires de Seremban prennent soin des chrétiens de Gemas, importante jonction de la grande ligne de Singapore-Penang-Bangkok avec celle de Pahang.
Kedah se trouve tout à fait au Nord de la Mission. Il fait face à Penang et est contigu à la province Wellesley. Alor-Star, la capitale, a une chapelle desservie par le Curé de l’Assomption de Penang et déjà trop petite pour sa population catholique. Divers groupements assez importants de chrétiens indiens ont été visités par M. Auvé. De son côté, le Père Seet s’occupe le plus qu’il peut des chrétiens dispersés dans ces parages. « A Changloon, écrit-il, il y a au moins 15 familles chrétiens, et chaque année, j’y fais un voyage pour donner l’occasion de faire les Pâques. Il y a deux ans, ces chrétiens ont bâti une petite chapelle en bois, très convenable, à leurs frais. Chaque fois que j’y vais, je confesse une cinquantaine de personnes. »
Nos grandes écoles des villes sont toutes dirigées par les Frères de la Doctrine chrétienne et par les religieuses de Saint-Maur. Les Frères sont au nombre de 52, dont 35 européens ou américains et 17 indigènes. Ils sont aidés par 135 professeurs laïques et ils ont 5.918 élèves. D’autre part, il y a 198 Sœurs, dont 150 européennes et 48 indigènes, avec 69 assistantes laïques, qui enseignent 3.332 enfants et jeunes filles, et prennent soin d’un millier d’orphelines. Ces chiffres disent éloquemment combien nous sommes redevables aux Frères et aux Sœurs, pour les immenses services qu’ils rendent à notre Mission.


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