| Année: |
1982 |
| Pays: |
Singapour |
| Mission: |
SINGAPOUR |
B. SINGAPOUR
1. Singapour :
Évolution politique, économique et sociale
Si jusqu’à présent Singapour n’avait guère connu le problème de la récession, il n’en est plus de même aujourd’hui. Dès la deuxième moitié de l’année 1981 les signes en étaient visibles, mais ce n’est guère qu’en 1982 qu’elle est devenue évidente. La croissance qui était de 10 % tout au long des années 70 est tombée brusquement l’année dernière entre 4 et 5 % ; encore ce résultat positif est-il dû largement aux secteurs de la construction et des transports et communications qui sont artificiellement maintenus à un très haut degré d’activité. Le secteur de la construction, par exemple, a connu une croissance de 32 % en 1982.
Si l’on en croit les propos tenus par le Premier Ministre au début de l’année, les perspectives sont encore plus sombres pour l’année qui vient. Si le citoyen moyen n’est pas encore réellement frappé par la récession, il ressent tout de même le fait qu’il est plus difficile de trouver du travail, pour les jeunes en particulier. Les prix ont tendance à augmenter un peu plus vite que beaucoup de salaires ; il vient aussi moins de touristes.
C’est dans cette perspective que le gouvernement a pris, au cours de l’année 1982, une série de mesures qui devraient aider Singapour, non seulement à survivre à la récession, mais encore à se retrouver à son avantage le jour où la récession mondiale prendra fin. Un plan en quatre points a été présenté par le ministre de l’économie, au moment de la fête nationale, en août 1982. Il s’agit surtout de pousser artificiellement l’activité des secteurs domestiques de la construction et des transports et communications. Il faut aussi encourager les investisseurs étrangers et rendre les produits transformés à Singapour encore plus compétitifs sur le marché mondial. En même temps, il faut profiter du ralentissement de l’économie pour pousser la formation technique des ouvriers et des cadres de l’industrie en vue d’améliorer la productivité. Le redéploiement industriel vers les secteurs de haute technologie à haute productivité continue en même temps. Beaucoup de Singapouriens sont même devenus passionnés de toutes espèces d’ordinateurs.
Par ailleurs et comme prévu depuis au moins trois ans, le gouvernement a abandonné la Commission des salaires où il siégeait aux côtés des représentants du patronat et des syndicats pour décider chaque année des hausses de salaires. Le gouvernement estime qu’il faut maintenant laisser les salaires correspondre au niveau de la productivité et à celui des prix.
L’année 1982 a vu aussi la restructuration de la fédération nationale des syndicats (NTUC). Dorénavant les syndicats-maisons sont encouragés dans tous les secteurs de l’industrie. Le changement est vu comme une manière d’accélérer la productivité. Il n’en reste pas moins que disparaît avec ce dernier avatar du syndicalisme à Singapour, l’infime parcelle de pouvoir qui restait encore aux délégués élus par la base à l’intérieur du NTUC.
Avec l’encouragement donné au secteur économique local, de grands projets d’infrastructure ont été ou vont être mis en chantier. Après l’achèvement des routes à grande circulation de l’île, plusieurs dizaines de routes secondaires sont refaites ; la deuxième phase de construction du nouvel aéroport international de Changi est entamée et enfin les premiers travaux pour le futur Métropolitain de Singapour (MRT) vont commencer dans quelques mois. La construction de logements s’est aussi accélérée au cours de l’année dernière et deux nouvelles villes sont en construction rapide.
Dans une économie qui est totalement dépendante de l’étranger en général et de l’Amérique en particulier, les possibilités de manœvre sont minimes. Cependant la petite taille de Singapour lui permet des réajustements politiques et économiques beaucoup plus rapides et efficaces, face à la conjoncture internationale, que dans beaucoup d’autres pays plus riches et plus grands. Si la récession économique ne dure pas trop longtemps, il semble donc que Singapour devrait s’en tirer à son avantage. Reste cependant la question de savoir ce qui adviendrait de Singapour dans l’éventualité où la récession durerait plus de deux ou trois ans. En août dernier, le Premier Ministre insistait sur le fait que « Singapour ne peut pas tenir si la récession économique en Europe et en Asie dure plus de deux ou trois ans... » Curieusement, cette affirmation n’a pas l’air de tracasser beaucoup les citoyens de Singapour. Pourtant c’est une possibilité réelle. Sans doute faudrait-il alors revoir radicalement la question de l’indépendance nationale de Singapour et repenser su position à l’intérieur de la région.
On peut se demander si ce n’est pas là une des raisons du soudain intérêt des dirigeants de Singapour pour la fédération de Malaisie depuis le milieu de l’année dernière et aussi de la publicité très chaleureuse qui a été donnée par la presse de Singapour aux rencontres annuelles des Premiers Ministres des deux pays. On peut se poser la question dans la mesure où la presse de Singapour n’a pas l’habitude de prendre des initiatives de ce genre à moins d’y être encouragée par le gouvernement.
Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’on n’a jamais autant parlé de défense militaire que ces deux dernières années. Bien qu’aucun ennemi, même potentiel, ne se profile à l’horizon immédiat, le gouvernement essaye de développer la défense civile, fait une grande publicité pour l’armée et essaye de renforcer le patriotisme plus que douteux des citoyens de Singapour. Une enquête récente essayait de montrer que ce patriotisme allait en se renforçant. A la question de savoir s’il fallait défendre Singapour militairement la majorité répondait par l’affirmative et se disait prête à le faire. Les motivations étaient cependant largement inspirées par l’intérêt personnel égoïste.
Il n’y a pas de réponse bien claire donnée par le gouvernement à la question de savoir quel est l’ennemi intérieur ou extérieur contre lequel Singapour devrait se défendre militairement.
L’évolution politique
En ce début des années 80, dans une société qui a été largement dépolitisée depuis 1965, bien des observateurs constatent non sans ironie ─ que le débat politique a repris.
Le vieillissement de la première génération de dirigeants avait amené Lee Kuan Yew, le Premier Ministre, à se préoccuper depuis plusieurs années du problème de la succession. Mais ce n’est qu’au début de l’année 1980 qu’il semble avoir enfin trouvé une équipe de rechange composée de jeunes technocrates. Encore fallait-il les lancer dans la politique. Leurs capacités intellectuelles reconnues et leurs compétences techniques ne les préparaient pas spécialement au combat politique. Au cours de ces deux dernières années, ils ont eu l’occasion de montrer davantage leurs limites dans ce domaine que leurs capacités.
Le PAP, parti de Lee Kuan Yew, qui contrôlait la totalité des sièges au Parlement a vu un de ces sièges passer, en octobre 1981, à un des leaders de l’opposition modérée, J.B. Jeyaretnam. Il pourrait en perdre quelques-uns de plus si des élections partielles avaient lieu cette année, comme la rumeur publique le prétend. Il n’y a pas de danger immédiat cependant que le PAP perde le contrôle du Parlement et du gouvernement. Il n’a pas été difficile par ailleurs, pour les orateurs du PAP au Parlement, de ridiculiser le seul membre de l’opposition qui poussait sa fausse note dans la chorale chantant la gloire du PAP et du gouvernement. La presse n’a pas manqué non plus d’ajouter son grain de sel. Par ailleurs tout le monde savait déjà à l’avance que les possibilités d’action de J.B. Jeyaretnam seraient limitées du fait qu’il n’a pas accès à l’information gouvernementale et qu’il n’a pas d’équipe travaillant avec lui. De fait, ses interventions manquent souvent d’à propos, et il n’a pas manqué de décevoir certains de ses supporters.
Malgré cela, le PAP a manifesté une nervosité extrême après la victoire un peu inattendue de J.B. Jeyaretnam ; peut-être à cause d’une enquête, menée en grand secret au début de l’année dernière, qui montrait qu’une majorité de Singapouriens étaient favorables à la présence d’une opposition au Parlement. L’enquête montrait en même temps que le PAP avait largement perdu le contact avec la population.
C’est donc pour toutes ces raisons que le gouvernement s’est lancé depuis l’année dernière dans une grande campagne d’explication de sa politique, pour combattre l’idée qu’une opposition est nécessaire au bon fonctionnement du gouvernement. De sérieux efforts sont faits aussi pour humaniser un peu l’image des jeunes leaders du PAP qui se lancent à tour de rôle dans des tournées en différents quartiers de la ville.
En même temps, le PAP a changé de structure. Il était jusqu’à présent composé d’environ deux cents cadres, dont les noms restaient secrets, et d’un millier de membres connus. Instrument de gouvernement très efficace, il ne fonctionnait guère comme un parti politique ordinaire. Il est devenu depuis quelques mois un « mouvement national ». Les implications de ce changement ne sont pas encore bien claires, mais ce qui est certain c’est que les pouvoirs du comité exécutif sont renforcés au détriment de ceux des membres ordinaires. Il est possible que ceux qui sont à l’origine de ce changement, conscients qu’ils avaient atteint les limites du pragmatisme en matière de politique, aient ressenti la nécessité de « repolitiser » la société, au moins dans une certaine mesure.
D’ailleurs la campagne, qui est menée depuis trois ans sur la nécessité de l’éducation morale dans les écoles et les entreprises, entrerait assez bien dans cette perspective. Elle tend, semble-t-il, à forger une idéologie nationale qui n’aurait rien de particulièrement moral ou éducatif, mais qui serait au service du progrès technique et de la productivité. Les mois qui viennent devraient permettre de voir ce qu’il en est exactement des changements politiques en cours.
2. L’Église à Singapour
L’Église de Singapour continue de jouir de la paix et de la prospérité du pays et si on scrute les chiffres et examine l’activité du clergé, des religieux et des mouvements laïcs on y voit des signes de vie.
Nous avons maintenant 29 églises, bâtiments relativement modestes mais qui peuvent contenir de 500 à 1.500 personnes assises. Elles se remplissent le dimanche dans une proportion de 60 % de la population catholique qui avoisine 100.000 fidèles. Ces églises sont les centres de 26 paroisses aux populations et territoires fort divers : les plus grosses ont plus de 5.000 personnes aux messes du dimanche et les plus petites n’arrivent pas au millier.
Chaque paroisse a ses organisations et souvent cherche à vivre par elle-même sous l’autorité encore souvent fort autocratique du curé. Toutefois les trois paroisses de la côte Est qui ont essayé un travail en commun continuent toujours en ce sens et d’autres essais sont possibles ailleurs.
Les structures mises en place par l’archevêque tiennent toujours, même si ces dernières années, on a vu un net refus de certains prêtres locaux de servir dans ces structures. La machine tourne un peu à vide et on est sans cesse en quête d’une direction générale ou d’orientations. Si on se tourne vers les écoles, on s’aperçoit qu’elles deviennent de plus en plus dépendantes du ministère de l’éducation. Le débat sur les priorités imposées par le gouvernement en faveur de l’enfant unique n’a pas donné de résultat autre qu’une certaine lenteur dans la réalisation des programmes officiels. L’enseignement religieux semble pouvoir bénéficier d’un certain regain d’intérêt à cause de la politique de redressement de la moralité par les écoles. Mais il y a sans doute des malentendus. L’État pousse davantage à une morale à son goût qu’à une éducation religieuse. Sans doute la Bible est de nouveau enseignée, mais davantage comme connaissance que comme foi exprimée.
Autrefois on ouvrait des écoles, maintenant on s’apprête à en fermer. Nos écoles ont une gloire passée, mais des bâtiments vétustes avec des installations qui n’ont pas suivi le progrès. Le gouvernement pousse à une modernisation coûteuse que les écoles ne sont pas capables d’entreprendre. Sauf peut-être les plus grosses écoles de culture chinoise qui semblent avoir accepté de se moderniser avec l’aide du gouvernement. Faut-il penser avec l’archevêque que nos services sont si précieux que le gouvernement nous suppliera de continuer ? Sans doute l’archevêque est-il conduit à penser ainsi par la décision du gouvernement de passer un contrat avec les Salésiens pour une autre Boys’Town.
Singapour voit passer des « experts » en toutes sciences. L’Église en profite pour se tenir à jour en liturgie, catéchétique, sociologie, etc. Beaucoup de « séminaires » sont organisés. Les jeunes prêtres sont systématiquement envoyés à l’étranger pour études après cinq ans de ministère paroissial. Malheureusement le niveau intellectuel des candidats au sacerdoce semble plutôt en baisse. Serait-ce que l’appel de Dieu n’apparaît pas comme suffisamment provocant à ceux qui ont davantage de dons naturels.
Le grand séminaire de Penang se déplace en grande partie à Singapour cette année. Les élèves de Singapour ne pouvaient plus obtenir de visas pour la Malaisie et pour un temps la Malaisie renverra à Singapour ses théologiens avec ses professeurs.
On peut dire que notre clergé local est dévoué et fervent. Les ministères sont bien différents : on trouve le prêtre qui se dévoue en milieu ouvrier et insiste sur le social auprès des étudiants qui aimeraient mieux parler de dévotions. Il y a l’expert qui régit la Cathédrale très cléricalement et travaille au ministère de l’éducation pour établir un programme national d’éducation morale. Il y a ceux qui enseignent les adultes et ceux qui font de la musique. On reste ordinairement très clérical.
Les Religieux apportent des richesses culturelles et spirituelles variées. En plus des MEP nous trouvons les Jésuites, les Picpuciens, les Scheutistes, les Franciscains, un OMI, et surtout les Rédemptoristes. Maintenant nous attendons les Salésiens et deux prêtres de l’Opus Dei qui sont sur le point de s’établir. Tout ce monde apporte quelque chose d’original qu’il s’agisse des prêtres de France, Belgique, Hollande, Irlande, Australie ou Philippines, et aussi Taïwan.
Les Religieux non prêtres sont dans l’enseignement : Frères des écoles chrétiennes, de Saint-Gabriel ou Maristes. Ils Ont fort travaillé pour un recrutement local avec beaucoup de déboires dus peut-être à leur manque de discernement des vocations. Les Religieuses font un effort sérieux de renouveau. Les Dames de Saint-Maur ont recommencé à trouver des novices, les Canossiennes sont en pleine expansion et aussi les, Franciscaines Missionnaires de Marie ou les Franciscaines de la Maternité Divine. Petites Sœurs des Pauvres et Carmélites se maintiennent, le Bon Pasteur est aussi en mouvement. On trouve toutes les tendances à l’ouverture ou au traditionalisme. Mais il semble bien que les Religieuses soient plus conscientes de l’appel à un apostolat direct et à la collaboration avec le clergé. Il leur faut maintenant défendre leur charisme spécifique.
En 1981 un événement local attira notre attention : à l’occasion du Congrès Eucharistique de Lourdes, 25.000 catholiques célébrèrent leur Seigneur dans un stade de la ville par une messe concélébrée avec l’archevêque et 60 prêtres. Notre Archevêque semble aimer ces manifestations de masse et nous en aurons d’autres. Peut-être doit-on voir en cela un désir de Mgr d’affirmer l’identité catholique face aux sectes qui semblent si attirantes pour nos gens et qui organisent de grands rallyes.
Il y a dix ans une partie du clergé local, réuni en séminaire, affirmait que l’Église se mourait. Il y a eu sans doute cette tendance au pessimisme et elle continue, mais on voit maintenant un certain nombre de mouvements de laïcs au développement prometteur : La JOC et l’ACO sont encore en vie, la JEC progresse, la Légion perd un peu de sa popularité, mais le Renouveau Charismatique rassemble les plus ardents par centaines. Et voilà qu’en 1982 « Mariage Rencontre » a donné un week-end de récollection à 900 couples et les programmes issus de « Mariage Rencontre » touchent des milliers de jeunes.
L’Église de Singapour témoigne de Jésus-Christ. Tous les ans il y a de nombreux baptêmes d’adultes et c’est un Rédemptoriste du pays qui a commencé une formule de Catéchuménat nouvelle et plus engagée dans la vie de la communauté. L’apostolat auprès des émigrants travailleurs migrants est surtout la préoccupation d’un prêtre local. Sans doute on aurait aimé voir marquer plus d’intérêt pour les réfugiés, mais ce qui a été fait l’a été avec les laïcs du pays et si un prêtre MEP s’occupe des prisons il a trouvé toute une équipe de laïcs pour 1’aider. On trouverait facilement des exemples de renoncement parmi les couples qui, après un week-end de « Mariage Rencontre », acceptent de sacrifier leur temps libre pour consacrer plusieurs heures chaque semaine à un programme de formation des jeunes ou des couples. Et ne peut-on pas se réjouir de voir l’un ou l’autre, plus aisé, abandonner un travail lucratif pour se consacrer davantage au service des autres, ou même accepter un autre enfant dans la famille dans l’espoir que le Seigneur puisse trouver des serviteurs pour sa vigne ?
3. Les confrères MEP à Singapour
Notre dernier rapport, écrit en vue de l’Assemblée Générale de 1980, disait qu’il serait urgent de renforcer la cohésion du groupe MEP de Singapour, de façon à conduire une réflexion soutenue sur notre rôle missionnaire, et de « faire preuve d’imagination », de manière à trouver une identité MEP. Cela nous permettrait aussi d’avoir quelque chose à proposer à des jeunes qui éventuellement viendraient rejoindre notre groupe. Qu’en est-il trois ans après ?
MEP et statistiques de l’Église de Singapour
Notre nombre reste à peu près constant : 23 confrères fin 1979 – 22 fin 1982 ce qui veut dire que nous vieillissons sans trop diminuer. Sur les 22 confrères présents
6 ont 70 ans et plus,
8 ont de 60 à 69 ans,
7 de 50 à 59 ans,
1 n’arrive qu’à 38 ans !
Comparé à l’ensemble du clergé (65 prêtres diocésains + 39 religieux) le groupe MEP demeure encore important, 1/5 de l’ensemble environ. Mais nos confrères viennent nombreux en tête de liste pour l’âge.
Sur 22, 19 travaillent dans les cadres paroissiaux, dont sept comme responsables de paroisse, et trois en dehors du cadre paroissial. Enfin neuf ont des responsabilités dans les commissions ou comités diocésains.
Deux nouveaux services
Durant l’été 1980, le Père G. AROTÇARENA ouvrait un centre dans le quartier de Geylang. C’est là un projet dans la ligne des insertions nouvelles dont on parlait déjà lors de la préparation de l’A.G. 80. Il est parrainé en grande partie par les trois paroisses voisines du Centre et pour une petite part par la Société. Parrainage financier évidemment, mais aussi, à des degrés divers, des prêtres et des laïcs du secteur se sentent partie prenante du projet. Ils le voient comme une présence de l’Église dans un milieu chinois et malais plutôt pauvre (beaucoup d’ouvriers immigrés) et fort peu touché par l’influence chrétienne.
Les activités du Centre sont assez diversifiées, essayant de répondre aux besoins de gens qui seraient facilement exploités ou en difficulté. Classes d’anglais pour des ouvriers chinois venus de Malaisie, aide légale sur les problèmes d’immigration et de travail, théâtre populaire malais et soirées de détente, refuge temporaire pour des personnes en difficulté, sans domicile ou récemment sorties de prison.
Car le Père Arotçarena s’occupe très activement des prisonniers et des drogués, secondé en cela par un bon groupe de laïcs : classe de Bible, sessions de prière, célébration de l’Eucharistie, … tout cela dans un milieu où pendant des années l’Église catholique n’était présente que par des liturgies mensuelles.
Quant au Père J. CHARBONNIER, c’est dans l’organisation et l’animation du Service Chine qu’il travaille dur, depuis que les Supérieurs, après l’A.G. 80, lui demandèrent d’être le premier responsable de ce Service. Il a associé à son apostolat de conscientisation des chrétiens de Singapour aux besoins des chrétiens de Chine un groupe de jeunes adultes qui, pour la plupart, étaient conseillers de sections jocistes d’expression chinoise. Il a un centre bien placé dans l’enclos de la cathédrale avec salle de réunion et salle de documentation. Un secrétaire à temps plein l’aide à rassembler et classer les nouvelles de Chine, et à publier le Bulletin du Centre en français, anglais et chinois une fois tous les deux mois. Pour rester en contact avec ce qui se fait ailleurs et les correspondants qu’il a dans d’autres pays, le P. Charbonnier voyage pas mal. Il est un conférencier demandé pour beaucoup de réunions où l’on traite de l’Église de Chine. Bien que ce soit un service de Société, Mgr Yong, archevêque de Singapour, facilite le travail du Centre et a été personnellement présent à plusieurs de ses activités.
Des réunions de réflexion, des temps de prière
Dans ce qu’on a appelé « l’après Assemblée » on recommandait aux confrères d’établir des groupes de réflexion qui leur permettraient de devenir toujours plus conscients de la priorité à donner aux non-chrétiens dans leur apostolat. Début 1981 seize confrères commencent à se réunir en deux groupes, une fois tous les deux mois environ, selon la ligne « apostolat par milieux de vie » regroupant sept confrères, et la ligne « paroisse à orientation missionnaire » avec neuf confrères, ces groupes restant toujours ouverts à ceux qui voudraient s’y joindre par la suite. De plus on décida d’une réunion annuelle de tous les confrères au cours de laquelle chacun donnerait un court compte rendu de ses activités et priorités de l’année. Deux matinées passées ensemble début janvier 1982 nous ont certainement aidés à mieux connaître notre travail, à mieux nous apprécier et peut-être même à nous soutenir. Il y a là un début de réflexion sur notre rôle missionnaire. Mais avec les congés et les nombreuses autres réunions on oublie parfois qu’on aurait besoin de se retrouver entre MEP.
On avait commencé à prier ensemble pour l’A.G. en 1980, récitant la prière du milieu du jour le mercredi avant notre repas MEP hebdomadaire. Depuis l’an dernier on a décidé d’étoffer cette prière. C’est maintenant quinze minutes de prière ensemble animée par les confrères, à tour de rôle et selon le charisme de chacun. Cela nous permet de nous découvrir et de nous aider dans notre union au Seigneur. Mais là encore il faut rester vigilant et ne pas oublier de demander un volontaire pour la semaine suivante.
Les Confrères et leurs activités pastorales
En tête nos deux post-jubilaires. Le Père C. HUC vient de passer les rênes à un prêtre du clergé local et devient prêtre résidant dans cette paroisse de Mandai, mi-rurale, mi-urbaine, dont il fut le curé pendant plus de quinze ans. Tout autour de l’église, bâtie au sommet d’une colline, c’est le calme et la verdure, avec d’immenses jardins d’orchidées cultivées beaucoup plus pour leur valeur à l’exportation que pour leur beauté. Mais les HLM ne sont pas loin. Aux quelque 1.200 ruraux chinois est venu s’ajouter un bon millier de paroissiens habitant la ville satellite bâtie face à la Malaisie tout près de la digue qui joint les deux pays. Le Père Huc, toujours solide, fait beaucoup de visites, assiste à des réunions charismatiques, visite les vieillards d’une institution semi-officielle confiée à des religieuses. Il nous dit qu’il devient dur d’oreille et ne veut plus conduire la nuit. Cela se comprend, à 78 ans ! Mais le travail le maintient en bonne santé et l’esprit est toujours vif. Il fut l’un des plus assidus à la session sur la morale animée par le Père Espie en août 1982 !
Le Père L. MAGNIN, 76 ans, est vicaire inamovible à St-François-Xavier, où le Père Brygier vient de succéder au Père Amiotte. Des sermons enflammés, des parcours en autobus dans tous les azimuts de l’île, des parties épiques de « scrabble » et des cauchemars qui suivent certaines émissions de télévision sont des signes certains de vitalité. N’oublions pas toutefois le côté artistique de notre confrère, connu et apprécié de beaucoup pour la manière dont il repeint les statues et leur redonne vie !
Le Père F. BRYGIER est le curé calme et studieux de cette paroisse. Il est aussi conférencier très apprécié des Carmélites et c’est chez lui que les confrères peuvent trouver les livres les plus récents de théologie et d’Écriture Sainte...
Le Père P. BOUTTAZ, 74 ans, vient de changer de curé et reste toujours très actif dans la paroisse de Ste-Bernadette où il assure beaucoup de présence, de confessions, de catéchismes, et d’où il visite très régulièrement le grand hôpital central de Singapour. Il est très apprécié des malades, et peut-être plus encore des prêtres d’autres paroisses qui font souvent appel à ses services.
A l’archevêché, le Père Ph. MEISSONNIER, 73 ans, doté depuis peu d’un téléphone particulier, reste plus que jamais en relation avec les nombreuses personnes qu’il connaît depuis plus de 40 ans et qui s’adressent fidèlement à lui. Il est aumônier du couvent voisin et aussi du Tiers-Ordre du Mont-Carmel. De temps en temps il réussit à sortir du « cloître » de Singapour pour aller porter la bonne parole aux quelque 500 chrétiens de Christmas Island, une île située à l’Est de Sumatra, qui produit des phosphates et qui, bien que territoire australien, a des résidents venus surtout de Singapour et de Malaisie.
Le Père J. CHARBONNIER (50 ans), aumônier du collège catholique préparatoire à l’Université, aumônier des groupes de JOC d’expression chinoise, membre de la commission diocésaine pour l’apostolat des laïcs, est surtout, et peut-être avant tout, directeur et animateur du « China Catholic Communication », dit plus prosaïquement Service Chine. En plus de tout cela le Père Charbonnier aide volontiers dans les paroisses, surtout pour l’apostolat en chinois, et donne même des cours de philosophie aux élèves de terminale du lycée français. Et ces élèves passent leurs examens avec succès, ce qui démontre les qualités du professeur ! Mais bientôt un nouveau voyage nous l’enlèvera pour quelques semaines. Il nous reviendra alors avec des diapos nombreuses et un numéro des EFA nous donnera l’essentiel de sa nouvelle expérience. Ces voyages font d’ailleurs plaisir aux confrères, car J. Charbonnier n’oublie jamais de rapporter quelques spécialités gastronomiques des pays visités !
Le Père R. NICOLAS (52 ans), vice-recteur de la cathédrale, est fidèlement présent à sa besogne, la célébration d’une messe quotidienne à 13 h 15 ne lui donnant pas beaucoup de latitude de mouvement. C’est à la cathédrale que s’adressent les étrangers de passage à Singapour et beaucoup d’isolés dans des situations faciles à comprendre mais aux solutions difficiles. Le Père Nicolas a de la patience et du doigté. Il est devenu, depuis un an, l’aumônier de la communauté française, essayant de trouver son chemin parmi tous les itinéraires catéchétiques, et il donne des cours d’histoire de l’Église à l’Institut de Pastorale. Il est aussi membre de la commission liturgique diocésaine.
Pas loin du centre, à St-Michel, André CHRISTOPHE (52 ans), a été un curé intérimaire exemplaire pendant le congé du titulaire. Mais c’est avec joie qu’au retour de celui-ci, le Père Cl. BARRETEAU, il se sent à nouveau plus libre pour son apostolat auprès des ouvriers et des pauvres. Le Père Cl. Barreteau, 53 ans, après un congé qui lui a permis de voyager (Chine et transsibérien) a eu maille à partir avec rhumatisme et arthrite, depuis des années ses compagnons trop fidèles. Cela va mieux, et il redonne ses soins attentifs à des paroissiens nombreux mais qui fréquentent souvent d’autres centres paroissiaux à cause des transports et des sens interdits.
Le Père P. ABRIAL (60 ans), attend son congé pour rompre avec sa paroisse de Toa Payoh qu’il fonda il y a plus de douze ans. L’énergie ne lui manque pas et les catéchumènes sont nombreux, mais même à 60 ans accomplis on a besoin de bouger. Aussi le curé a-t-il accompagné sa chorale qui pendant deux semaines régala diverses audiences de Californie. Ira-t-il bientôt faire un saut jusqu’au Szechwan, l’Église de sa jeunesse ? Cela le tente. Mais en attendant il est pleinement au service de ses quelque 8.000 catholiques. Le Père J. BOURCARI (67 ans), son vicaire silencieux et ponctuel fait en sorte que tout se passe selon l’horaire et le programme établis. Il porte consolation et joie, car il sait plaisanter et sourire, aux malades des deux hôpitaux voisins qu’il visite très régulièrement et ses confrères, tout spécialement, l’apprécient, car on peut compter sur sa ponctualité, sa prudence et sa discrétion.
Pas loin du Père Huc, le Père L. AMIOTTE, 65 ans, à son retour de congé est devenu animateur vicaire d’une des plus vieilles paroisses de l’île, Bukit Timah, bien connue pour son pèlerinage à St-Joseph. Travaillant avec un curé chinois, flanqué par les Dames de St-Maur et les Frères de St-Gabriel, à l’ombre d’une église pour le moins monumentale, le Père Amiotte se dépense auprès des paroissiens, des réfugiés vietnamiens, des groupes charismatiques. Il essaye de percer les secrets du teochew, dialecte chinois parlé par bon nombre d’anciens ; il a déjà lancé un groupe de Femmes chrétiennes, et quelques semaines après son arrivée le clergé du district le faisait son représentant au conseil presbytéral. Comme toujours : « Pas de problème ! »
Le Père A. FORTIER (71 ans), tout au nord de l’île détient un des records de longévité comme curé. Il connaît vraiment bien ses paroissiens ─ chose difficile et rare dans beaucoup de nos paroisses devenues trop grandes ─ et les cultive avec soin. Aussi ont-ils été heureux de le retrouver en bon état après une opération à la hanche fort bien réussie. Mais voici que l’autre hanche donne aussi des signes de fatigue. Le Père marche pour l’instant avec une canne mais le moral est bon et on trouvera bien une solution. Notre-Dame Étoile de la Mer, comme s’appelle sa communauté, est en mains sûres.
Le Père P. BARTHOULOT (66 ans), après avoir été durant plusieurs années un intérimaire de métier est devenu curé de Paya Lebar, dans un quartier qui lui était familier mais qui est actuellement en plein développement, avec de grands ensembles qui poussent plus vite que des champignons. Il visite beaucoup et garde sa communauté paroissiale très accueillante aux nouveaux venus. Membre de la Commission pour la vie des prêtres, il est souvent à l’hôpital auprès des confrères malades et veille à garder le contact avec les prêtres qui étudient à l’extérieur du diocèse.
Le Père J. JEANNEQUIN (56 ans), est toujours vicaire dans la paroisse à dominante chinoise teochew de Serangoon. Mais là aussi, que de changements ! Finies les maisons de bois aux toits de latanier ou de zinc ! De grands ensembles et tout un brassage de population. De vieux résidents doivent se reloger dans d’autres quartiers, car on démolit leur maison, et après quelques mois ce sont des gens venus d’ailleurs qui occupent les appartements bâtis à l’emplacement qui avait été évacué. Mais le Père Jeannequin reste calme, assiste fidèlement à de nombreuses réunions de laïcs, se perfectionne en audiovisuel, et devient très volontiers le photographe de talent du groupe MEP lors de nos réunions.
Le Père H. BERTHOLD (71 ans), est maintenant retiré dans sa paroisse Ste-Anne, qu’il a bâtie et dont il était le curé jusqu’il y a quelques mois. Ce sont ses yeux qui lui causent des ennuis à cause d’une mauvaise circulation du sang. Il voit fort mal et doit se contenter de concélébrer la messe avec son curé, un Père chinois qui l’entoure de soins et de respect. Mais à Ste-Anne, Hippolyte est chez lui, et il peut encore s’occuper avec son jardin et sa plantation d’orchidées ainsi que son élevage de lapins. C’est chose plutôt rare à Singapour et ça permet aux confrères d’apprécier de temps en temps une gibelotte bien réussie par la cuisinière chinoise. C’est chez lui que nous faisons un arrêt tous les mercredis pour un apéritif et un temps de prière, et occasionnellement pour une réunion plus longue. C’est lui que beaucoup de paroissiens et amis viennent consulter, car sa sagesse et sa prière sont très appréciées dans ce quartier de Serangoon où le Père Berthold a travaillé depuis presque 30 ans. Mais les paroissiens diminuent en nombre, car c’est autour de Ste-Anne que le gouvernement a créé un centre d’élevage intensif et concentrationnaire de quelque 300.000 cochons ! Ceci va permettre à Singapour d’exporter des porcs jusqu’à Hongkong, mais laisse encore sans solution le problème des odeurs !
Dans les quartiers Est de l’île nous trouvons un groupe de six confrères.
Le Père G. AROTÇARENA, qui n’a que 38 ans, a dû chercher de nouveaux locaux pour son centre, à son retour de congé. En fait il est mieux installé qu’auparavant, toujours dans le même quartier, avec un bail de trois ans. Il est parmi nous un de ceux qui lisent, pensent, et prévoient. Il est vrai qu’il est pratiquement le seul à pouvoir espérer autant d’avenir que de passé et son travail, tout en dérangeant des habitudes, rend le Christ présent dans des milieux jusqu’ici très fermés.
Le Père H. SAUSSARD (62 ans) a passé vingt-deux ans dans le district de Jalan Kayu, tour à tour animateur d’un centre qui permettait un contact avec beaucoup de non-chrétiens, bâtisseur et curé de la paroisse St-Vincent de Paul. Puis, à cause d’une mauvaise santé, il s’est occupé à nouveau uniquement de son centre. A son retour de congé, il a été nommé vicaire à N.-D. de la Paix, dans un quartier de l’île où il n’était pas encore connu. Mais le P. Saussard fait vite connaissance. Il arrive à se faire comprendre de tous et fait un bon tandem avec son curé chinois originaire de Mongolie. Il a une voix puissante et fait des sermons sans complexes. Malheureusement Henri n’est pas aussi solide qu’il le paraît : cœur irrégulier, circulation du sang trop paresseuse, résultat semble-t-il de trop longues stations debout, il a dû partir en France pour soigner une plaie à la jambe qui refusait de se cicatriser. Dès le départ, dans l’avion, il avait trouvé des aides compatissants et il nous reviendra bientôt nous narrer de nouvelles aventures.
A St-Étienne, le Père P. MUNIER (63 ans) se retrouve tout nouvellement nommé curé et seul maître de la paroisse. Pendant deux ans il avait été vicaire auprès d’un prêtre chinois et d’un prêtre indien malayalee dans son ancienne paroisse de la Ste-Famille. Mais on a eu besoin d’un prêtre d’expérience tant pastorale que financière pour démêler une situation quelque peu délicate. Le Père Munier a accepté la responsabilité de cette paroisse au cœur de grands ensembles habités par des gens de classes modestes et pauvres. A côté de l’église les sœurs Canossiennes, qui s’occupent d’une école de filles, lui apportent une aide fidèle.
Enfin à N.-D. du Perpétuel Secours, les Pères L. Loiseau et M. Arro, avec comme voisin et aide le Père F. Dufay. Ce dernier a le titre de «préposé » de la Maison régionale et se trouve être aussi l’énonome des confrères de Singapour. Le Père LOISEAU (56 ans), depuis l’élection du P. Arro comme Régional, se trouve curé de cette paroisse en pleine croissance avec près de 9.000 catholiques. Donc beaucoup de temps pris par les visites des familles, les catéchumènes ─ avec 100 à 120 baptêmes d’adultes par an ─ les soins des communautés de quartier dans la ligne du renouveau paroissial, et avec cela les week-end du « Mariage Rencontre », des fiancés et des jeunes. On en passe... Mais l’homme est solide, sérieux, dort peu, mange vite, et suit s’entourer d’aide.
Le Père ARRO (51 ans), heureux de ne plus être curé, aide son nouveau pasteur dans cette communauté qu’il a vu changer de bien des manières en ces dix dernières années. Lui aussi a été mordu par les week-end du « Mariage Rencontre » et autres ce qui lui vaut de connaître des couples bien sympathiques, mais aussi d’assister à des réunions qui n’en finissent plus. Et puis il y a aussi les charismatiques... et pour l’an prochain des cours de théologie à assurer au grand séminaire qui va s’ouvrir à Singapour... Et avant tout cela les confrères de la Région. Heureusement qu’il a un vice-régional de taille, côté Malaisie, le Père André Volle, et partout des confrères quelquefois malades mais sans histoires !
Enfin le Père DUFAY (66 ans), oreille faible mais voix puissante, est celui qui accueille et fait tout un tas de travaux ennuyeux pour le bien de tous. Résidant à la Maison régionale, tout à côté de la paroisse, il a un ministère fort actif et est un conseiller apprécié ─ même si ce charisme l’encombre de pas mal de brebis boiteuses. Les charismatiques ont en lui un guide sûr, et les dames de la conférence St-Vincent de Paul sont éduquées dans le véritable amour des pauvres. Tous les lundis, à la Maison régionale, il reçoit une dizaine de confrères, qui aiment y manger ensemble, et c’est lui qui prépare les célébrations qui nous réunissent de temps en temps. C’est l’économe fidèle : même les fluctuations du franc n’arrivent pas à l’émouvoir.
Verrons-nous notre groupe augmenter ? Ce n’est pas probable. Il est à remarquer que l’ensemble des confrères, surtout les plus âgés, restent en bonne santé, et que le groupe devient plus cohérent, tout en restant bien uni aux membres du presbyterium.
Une session sur la morale, animée par le Père Espie, a été bien appréciée : neuf matinées d’un travail sérieux qui nous a ouvert des approches nouvelles. Nous aurons pour la première fois, en janvier 1984, une retraite en français pour tous les confrères de la Région.
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