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Rapport annuel des évêques

Année: 1937
Pays: Taiwan
Mission: Bangkok
Rédacteur:Mgr Perros

CHAPITRE VII
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GROUPE DES MISSIONS

DE L’INDOCHINE OCCIDENTALE

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I. — Bangkok.

(SIAM)


Population catholique 33.801
Baptêmes d’adultes 567
Baptêmes d’enfants de païens 953


L’exercice 1936-1937 n’a rien de bien sensationnel pour la Mission de Bangkok. Son Exc. Mgr Perros constate que les baptêmes d’adultes et d’enfants de païens à l’article de la mort sont en diminution sur les années précédentes et le nombre des catéchumènes a baissé presque de moitié. Il mentionne ensuite la mort de M. Guillou, ainsi que celle d’un de ses plus jeunes prêtres indigènes. Provicaire depuis 1932, M. Guillou a travaillé pendant 52 années en mission sans jamais avoir pris un congé en France et fut un modèle d’énergie et de vaillance jusqu’à la fin. Apprenant la mort de Mgr Boucher, Son Excellence rend un hommage ému à ce grand bienfaiteur des Missions et prie le divin Maître de lui accorder bien vite la récompense éternelle.
Mgr Perros va nous exposer les soucis que lui donne la question des écoles. ─ « Une « nouvelle loi sur l’enseignement primaire a été promulguée, il y a deux ans, écrit-il, une autre « loi sur les écoles privées le fut l’année dernière. Les conditions imposées à nos directeurs et « professeurs deviennent de plus en plus difficiles ; il importe à tout prix de ne pas perdre les « positions acquises. Nos écoles ont été grandement encouragées par les magnifiques succès « remportés par leurs élèves : aux examens de 8e année du cours secondaire, 16 élèves des « Sœurs de Saint-Paul de Chartres ont été présentées et toutes ont été reçues. Parmi elles 3 « catholiques vienent en tête de tous les candidats (exactement 2.362, dont 951 furent reçus). « La 4e est une élève des Ursulines, qui ont eu 10 élèves reçues sur 12 qui avaient été « présentées. »
« A l’Assomption, le nouveau Provicaire, M. Perroudon, constate avec joie les résultats obtenus : « Notre jeune Action catholique, écrit-il, semble bien lancée, et nous espérons « qu’elle contribuera un jour largement au développement de la foi chrétienne dans le pays de « Siam. Le 20 décembre 1936, elle a donné une kermesse dont l’organisation a coûté bien des « soucis, mais qui a permis d’aider efficacement l’école paroissiale. Les écoles fonctionnent « normalement et comptent 260 élèves dont 72 païens. La Rév. Mère Supérieure du Couvent « de l’Assomption mérite tous les éloges pour la part très active qu’elle prend dans la « formation de ses bambins. Nous sommes obligés de refuser des enfants par suite du manque « de locaux, et aussi parce qu’il ne serait pas prudent d’aller plus vite que ne le permettent nos « modestes ressources. Notre but est de former des chrétiens, mais il faut tout d’abord faire « tomber les préjugés. Aussi nos premiers soins vont-ils à imprégner les enfants païens d’une « mentalité chrétienne. »
« M. Tapie, chargé du district de Samsen, au nord de Bangkok, ajoute à son compte rendu les réflexions suivantes : ─ « Si on en juge par les chiffres, la vie chrétienne de ce poste « semble s’être améliorée. Cette progression provient en partie de ce que, en ce moment, « Bangkok attire les chrétiens de l’intérieur qui, aux prises avec les difficultés de la vie, « espèrent trouver en ville des moyens d’existence plus faciles. Le poste de Banbuathong, au « contraire, paraît plutôt décliner. Les Chinois qui y sont nouvellement installés ont à lutter « contre de nombreuses difficultés ; les vers, la pluie, la sécheresse viennent périodiquement « anéantir leurs espoirs. Aussi, pas de nouvelles recrues, l’élan est arrêté. Toutefois, je ne puis « que rendre hommage à la foi de ces Chinois, manifestée par leur assiduité aux prières et à « l’assistance à la Messe, leur ferveur à recevoir les sacrements lorsqu’ils ont un prêtre qui « parle leur langue. »
A Xiengmai, M. Meunier, en indiquant les chiffres de baptêmes obtenus, observe que : « ces résultats sont, numériquement parlant, nettement inférieurs à ceux des années « précédentes. Plusieurs chrétiens trouvant que le catholicisme leur a peu rapporté « matériellement, sont retournés à leurs erreurs. ─ « Puisque cela ne sert de rien d’être « chrétien, disent-ils, inutile de pratiquer la religion. » ─ Ces quelques unités, hélas ! jouent « un rôle néfaste parmi leurs frères et jettent le trouble dans beaucoup d’âmes. Ceux qui « paraissent être les plus fervents dans la foi sont devenus souvent les plus tièdes dans la suite. « A cela rien d’étonnant, car le Laotien est d’un tempérament très inconstant : ce qui lui paraît « bon aujourd’hui, demain lui semblera mauvais. Par contre, les excellents chrétiens ont une « réelle influence sur les païens vivant dans le même village ; ceux-ci se familiarisent « singulièrement vite, non pas avec les dogmes de la religion qu’ils ne connaissent pas, mais « avec leurs frères catholiques. Le christianisme n’est donc plus pour eux une nouveauté. Il « importe de former de bons et nombreux catéchistes et d’organiser l’Action catholique dans « les paroisses.
« Trois nouvelles écoles ont été ouvertes cette année : une à Bosâng, une à Muang Phrao, « et une troisième à Xiengdao. Le total des élèves ne dépasse pas 80. C’est peu, dira-t-on ; « mais l’école de Mérim n’avait, la première année, que 12 élèves, elle en compte « actuellement 72. Nous pouvons donc espérer que ces 3 nouvelles écoles progresseront peu à « peu. »
« La nécessité de l’Action catholique, poursuit Son Excellence, se fait sentir dans tous les districts et particulièrement dans celui de Xiengmai. En effet, de bons chrétiens bien instruits, convaincus, ayant un grand esprit de foi, sont assurément de précieux collaborateurs pour amener les païens à la religion, et affermir dans la foi les nouveaux chrétiens. Nos instituteurs et institutrices non religieux pourraient nous rendre de signalés services, mais pour eux la question du salaire est primordiale. Beaucoup se félicitent et s’estiment heureux, lorsqu’après avoir été élevés et instruits gratuitement par la Mission, ils réussissent à trouver ailleurs que chez nous une place qui leur procure un salaire supérieur à la modeste rétribution que leur donnerait le missionnaire. Pour remédier à cet état de choses, nous nous efforçons de former des religieuses institutrices : depuis deux ans, plusieurs d’entre elles ont déjà passé avec succès les examens qui leur donnent le droit d’enseigner et de diriger une école.
« M. Martin, à Khôkvat, fait remarquer que le petit fléchissement dans le nombre de communions de ses chrétiens n’a d’autre cause que sa longue absence motivée par la maladie qui l’a retenu à l’hôpital. ─ « La ferveur des chrétiens, ajoute-t-il, loin d’avoir diminué, « augmente plutôt, surtout parmi les jeunes gens. Cependant, quelques vauriens me donnent « du souci. Joueurs et buveurs d’alcool, ils attirent dans le village chrétien des païens qui « n’ont rien de recommandable. Avec les idées modernes de liberté et d’égalité, le « missionnaire n’est plus obéi comme jadis ; il lui faut donc implorer l’aide des maires de « villages, qui n’étant pas chrétiens eux-mêmes, n’ont pas toujours sa manière de voir et « d’apprécier. »
« Au mois de décembre 1936, à l’occasion de la fête de la Constitution du Siam, des jeunes filles de nos écoles exposèrent leurs travaux ; ce fut les établissements catholiques qui reçurent les honneurs du jour. Chaque école des Sœurs de Saint-Paul et des Ursulines obtint, avec un diplôme d’honneur, une médaille commémorative ; en outre, 14 élèves des Ursulines gagnèrent chacune une récompense spéciale pour leurs dessins et tableaux. A un concours organisé par la Légation de France, un élève des Frères et une enfant des Sœurs de Saint-Paul arrivèrent premiers pour l’obtention d’une bourse qui leur permettra de faire leurs études en France. Une élève des Ursulines fut classée première en anglais et envoyée continuer ses études on Angleterre aux frais du gouvernement siamois. C’est un succès magnifique tout à l’honneur de nos éducateurs et éducatrices.
« Un autre succès bien supérieur à ceux que je viens de dire, vaudra aux Frères des Ecoles Chrétiennes et aux Religieuses une récompense autrement précieuse que les félicitations des hommes : une des meilleures élèves du Couvent de l’Assomption, après une attente de cinq ans imposée par sa mère fervente bouddhiste, a réussi enfin à entrer au Carmel ; deux jeunes enfants des Frères, après avoir passé avec succès leur examen de sxième année de cours secondaire, sont entrés au petit séminaire pour se consacrer au service du Divin Maître. Ces merveilles de la grâce sont sans doute le résultat des prières de nos bienfaiteurs et bienfaitrices, auxquels nous adressons toute notre reconnaissance. Nous prions pour eux, pour les associés des œuvres bénies qui aident les ouvriers apostoliques à faire connaître et aimer Dieu ; nous supplions le Seigneur de nous donner de saints prêtres. Jeunes gens qui lirez ces lignes et dont le cœur est encore accessible à l’enthousiasme, si vous saviez quel bonheur on goûte à travailler dans les Missions et à mourir après avoir consacré toute sa vie pour elles !... » Si scires donum Dei…


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