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Rapport annuel des évêques

Année: 1907
Pays: Vietnam
Mission: Tonkin maritime
Rédacteur:Mgr Marcou

IV. — Tonkin maritime

Population catholique 89.000
Baptêmes d’adultes 1.371
Baptêmes d’enfants de païens 8.263
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« L’an dernier, écrit Sa Grandeur Mgr Marcou, vicaire apostolique du Tonkin maritime, la famine a éprouvé une partie de ce vicariat, la province de Ninh-binh. Cette année, cest l’autre partie de la mission, la province de Thanh-hoa, qui a particulièrement souffert de la faim. Après la perte successive de deux récoltes, toutes les réserves de riz ont été rapidement épuisées, et les habitants de cette vaste province se sont trouvés réduits à la dernière indigence. Le gouvernement a fait quelques distributions de riz. Mais, comparés aux besoins extrêmes de toute une population, ces secours sont restés insignifiants. Aussi, le nombre des malheureux qui sont morts de faim pendant la durée de ce fléau est incalculable.
« Nous avons reçu quelques aumônes de France. Son Éminence le cardinal préfet de la Propagande nous a fait un don de 3.000 francs. Grâce à ces secours providentiels, nous avons pu apporter quelques soulagements aux misères si grandes de nos pauvres chrétiens. Les infidèles n’ont pas été délaissés. Nos hôpitaux, nos petits refuges, leur ont ouvert largement leurs portes. Le manque de place seul a limité les admissions. Un grand nombre de ces infortunés doivent la vie à la charité chrétienne. Quelques-uns, en arrivant chez nous, avaient déjà trop enduré de privations et de souffrances. Leur faiblesse était extrême. Nous n’avons pu les arracher à la mort. Du moins, nous avons eu la douce consolation d’administrer à la plupart le sacrement de baptême, et de leur assurer ainsi la vie bien plus précieuse de l’âme et le bonheur éternel.
« Cette mortalité extraordinaire nous a fourni un chiffre de baptêmes in articulo mortis supérieur à celui des années précédentes. Les adultes régénérés à leur entrée dans l’éternité ont atteint le nombre de 632, et les enfants celui de 8.263.
« Beaucoup d’âmes se sont tournées vers nous pendant ces jours d’épreuves, et nous comptons 2.336 catéchumènes et 739 nouveaux baptisés. Les uns et les autres seraient plus nombreux, si nos ressources n’avaient été absorbées par les victimes de la famine. Nous tournons nos regards vers la bonne Providence, espérant fermement que l’année prochaine nous apportera, avec l’abondance matérielle pour nos populations, jusque-là si malheureuses, tous les moyens nécessaires pour accroître le nombre des convertis et pourvoir à une instruction et à une formation sérieuses, qui assurent leur persévérance.
« Deux actes du Saint-Siège ont attiré tout particulièrement notre attention au cours de cette année. Il s’agit de la Constitution Acerbo nimis de Pie X, relative à l’enseignement du catéchisme, et du Décret de la Sacrée Congrégation du Concile sur la communion fréquente et quotidienne.
« Nous aussi nous avions quelques progrès et réformes de détail à accomplir sur ces matières. Le missionnaire, absorbé par l’administration, les soins à donner aux malades, s’en remettait plus ou moins aux catéchistes, pour l’instruction des enfants, des catéchumènes et même des chrétiens. Les prescriptions si sages et si précises de Pie X ont excité le zèle de tous. La plupart des confrères et des prêtres indigènes se sont mis, sans retard, à expliquer eux-mêmes le catéchisme. Avant longtemps, tous, sans exception, se feront un honneur de suivre, de point en point, les directions du Souverain Pontife sur ce sujet. Le bon Dieu bénira ces efforts, qui demanderont un surcroît de travail véritable et, à l’avenir, nos chrétiens, encore mieux instruits, nous consoleront par une fidélité plus exacte, si possible, à pratiquer notre sainte religion.
La communion fréquente était, depuis longtemps, en honneur parmi nos populations chrétiennes. Il nous reste bien peu de chose à faire pour être en harmonie parfaite avec la doctrine exposée dans le nouveau décret. Mais, après l’enseignement si net, si catégorique, de la Sacrée Congrégation du Concile, tout nous fait espérer qu’une nouvelle impulsion sera imprimée, surtout pour amener les fidèles, en grand nombre, à la communion fréquente et même quotidienne. Nous en espérons de très grands fruits de grâces et de bénédictions célestes sur les individus, les familles et tout le vicariat. »
Mgr Marcou avait l’intention, dans le compte rendu de cette année, de porter les regards, tout spécialement, sur le Laos tonkinois, qui forme une partie importante de la mission. De grands sacrifices y ont été faits. L’évangélisation s’y poursuit avec de remarquables progrès. Sa Grandeur comptait sur son jeune et zélé supérieur, le regretté M. Blanchard, pour faire un exposé complet de la situation, lorsque la mort est venue le frapper, juste au moment où il allait se mettre à ce travail. Les districts laotiens ne pouvaient faire une perte plus sensible. M. Blanchard était doué de qualités supérieures, qui permettaient de fonder en lui les plus sûres espérances pour la conversion de ces peuplades à demi sauvages du Laos.
Le chef de l’importante tribu des Muong-Soi venait de se déclarer catéchumène. Le chef d’une autre tribu, le Phia-ba-lat de Muong-ven, dont il a été déjà question dans le compte rendu de l’an passé, demandait le baptême avec instance. M. Blanchard avait entrepris un long et pénible voyage pour terminer son instruction et le faire enfant de Dieu et de l’Église. A peine de retour, le zélé supérieur se mit de nouveau en route pour prendre en main la direction de tout un village qui demandait à se convertir. Ces fatigues excessives ont été la cause de sa mort.
« Le bon Dieu, en nous reprenant le meilleur ouvrier de son œuvre, a voulu nous faire comprendre que c’est en Lui, et en Lui seul, que nous devons placer toute notre confiance. Aussi, nos confrères qui travaillent à cette œuvre si difficile, mais si méritoire, loin de se décourager, continuent vaillamment à se consacrer de tout cœur au salut de ces pauvres âmes, et ils espèrent dépasser bientôt le chiffre de 2.000 néophytes qu’ils ont déjà atteint.
« M. Degeorge écrit de Yen-khuong : « L’œuvre de l’évangélisation se poursuit « normalement. Muong-deng est divisé en trois sections. La première, celle du chef-lieu, est « en partie chrétienne. La seconde, qui se compose de 9 petits hameaux, est acquise à notre « cause. Plusieurs familles ont reçu le baptême les années précédentes. Les autres étudient le « catéchisme. Cette population a un excellent esprit, et si elle persévère dans ses bonnes « dispositions, ce dont je n’ai aucune raison de douter, elle nous fournira les meilleurs « chrétiens de Muong-deng. Quant à la troisième section, elle est encore toute païenne. Le « Tao-Kai, leur chef, semble vouloir se convertir. Il fut, du reste, baptisé dans son jeune âge. « S’il cède enfin à la grâce divine, je ne doute pas que les hameaux qui lui sont soumis ne le « suivent et ne demandent aussi à s’instruire de notre sainte religion. Les catéchumènes de « Muong-deng atteignent le chiffre de 158. »
A Muong-ha, les catéchumènes deviennent plus fervents. Lors de sa dernière visite, le missionnaire a constaté, avec joie, qu’ils savent et récitent très bien les prières. Bientôt, il pourra faire un long séjour au milieu d’eux, pour continuer leur instruction et les préparer plus directement au baptême.
M. Martin a terminé cette belle église de Phong-y, qui lui tenait tant à cœur . « Elle est, au « milieu de ces régions sauvages, écrit-il, un éloquent prédicateur de la religion. Je lui attribue « déjà au moins 30 baptêmes, et j’espère que ce n’est qu’un commencement de ses « nombreuses conversions.
« L’hôpital, tenu par les Sœurs indigènes, est un autre prédicateur, et plus éloquent encore. « Cette année, ces bonnes religieuses ont reçu 893 malades. Elles en ont visité et soigné 2.000 « à domicile et distribué, au dispensaire, des remèdes à plus de 6.000 infirmes. Cette année, « l’hôpital et la Sainte-Enfance ont donné 245 baptêmes in articulo mortis.
« De plus, j’enregistre 51 baptêmes d’adultes. Ces néophytes, à part quelques rares « Muongs, sont presque tous des Annamites venus de la plaine. Plusieurs d’entre eux sont « entrés malades à l’hôpital. Les bons soins des Sœurs les ont touchés et convertis. Ils se sont « mis avec zèle à l’étude du catéchisme, et sont devenus d’excellents chrétiens. Tous les soirs, « de 7 à 10 heures, mes catéchistes et moi instruisons nos catéchumènes. C’est une « consolation pour mon coeur de missionnaire de constater quelle ardeur ils apportent à « l’étude.
« Le 8 mai, j’ai eu la joie d’en baptiser 32. Le lendemain, fête de l’Ascension, ils firent « leur première communion, en même temps qu’un groupe d’enfants de chrétiens. Phong-y « n’avait jamais vu pareille solennité. La ferveur de mes néophytes était telle, que dans la « soirée ils organisèrent une procession sans prêtre. Ils allèrent cueillir les plus belles fleurs « des bois, et les déposèrent en pyramnide sur une table, à l’entrée du village. Ils partirent de « là au bruit des pétards, au roulement du tambour, en récitant le chapelet avec une piété « débordante d’enthousiasme. La procession suivait le colossal bouquet, porté sur les épaules « des plus robustes. Arrivée à l’église, elle se replia autour de l’autel de la Sainte Vierge et les « fleurs furent offertes à Marie, avec une naïve et bien touchante solennité.
« Depuis ce beau jour la ferveur n’a pas diminué. Je suis heureux de constater la fidélité de « ces néophytes à assister à la sainte messe et aux prières. Je compte encore 75 catéchumènes « à instruire pour l’an prochain, et j’ai tout lieu d’espérer que ce chiffre augmentera. »
La chrétienté de Phong-y peut être donnée comme modèle de piété et de zèle pour le service de Dieu. Les fidèles qui n’assistent pas à la messe tous les jours sont peu nombreux. Personne, sans une raison grave, ne se permettrait de la manquer le dimanche. Dans l’année, 5.298 communions y ont été distribuées. La visite pastorale de Mgr Marcou a donné à tous un grand élan vers le banquet eucharistique.
Les enfants de Phong-y manifestent leur première ferveur, par une grande assiduité à suivre l’explication du catéchisme. Ils sont environ 60. Ils ont une méthode de récitation bien faite pour exciter leur émulation. Le dimanche à 3 heures, après la récitation du chapelet, ils se rangent sur deux lignes dans l’église, les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Le missionnaire fait l’appel, puis il pose la première question du chapitre indiqué le dimanche précédent, à un enfant. Celui-ci donne la réponse, et il pose la question suivante à son voisin de droite, qui répond et interroge à son tour celui qui vient après lui, et ainsi de suite. Le chapitre passe ainsi successivement par toutes ses questions, de bouche en bouche, du premier des garçons à la dernière des filles. Quand la récitation est terminée, viennent les explications sur la matière de cette leçon. Elles sont ordinairement suivies d’interrogations sur les fêtes de la semaine, annoncées le matin au prône. Ce procédé a le grand avantage d’intéresser vivement les enfants à la vie liturgique de l’Église, de leur faire pénétrer peu à peu le sens des cérémonies et de donner à leur foi un aliment substantiel et fécond.
M. Bourlet écrit de Muc-Son : « Cette année a été spécialement dure dans ces régions. Le « riz manquait et la faim torturait les estomacs. Des bandes de mendiants demi-nus, pâles, « décharnés, couverts de vermine, sillonnaient le pays, épouvantable armée de la misère, qui « semait le chemin de ses morts. Ils s’en allaient au hasard, couchant sur la terre nue, avec le « ciel pour toit, ou le feuillage de quelque figuier sacré ; et puis, un beau jour, ils tombaient « pour ne plus se relever. Ce fut pour quelques-uns la porte du ciel, grâce au petit hôpital de « Muc-Son, où ils arrivaient avant de rendre le dernier soupir. »
M. Doumecq annonce 430 catéchumènes, dont le plus grand nombre, sans doute, seront baptisés au cours du prochain exercice. Il raconte une conversion, nouvel exemple des voies mystérieuses de la divine Providence, par où passent les âmes que Dieu appelle à la vérité et au salut. « Un jour, dit-il, que j’étais à Loi-nhan, je vis arriver chez moi une personne âgée, « accompagnée d’un jeune homme, évidemment la mère et le fils. Après les salutations « d’usage, elle me raconta comment elle était devenue chrétienne. Elle me dit : Je suis du « village de Lang-giap, qui est entièrement païen. Tous les membres de ma famille le sont « également. Jamais par conséquent personne ne m’a parlé de religion ni exhortée à embrasser « le christianisme. Cependant je me sentais intérieurement poussée à me convertir. J’ai résisté « longtemps à ce mouvement de la grâce. Un jour, ne pouvant plus le contenir, j’allai m’en « ouvrir au P. Soubeyre. Il me fit reconnaître dans cette impulsion l’appel de Dieu et « l’obligation que j’avais de lui obéir. Mais pour être plus sûre dans mon dessein, ou, plutôt, « lui-même, pour m’éprouver, m’engagea à réfléchir sérieusement avant de prendre une « décision ferme. Mon parti était fixé et je n’avais pas besoin d’attendre davantage. Aussi, « trois jours après, je revenais trouver le missionnaire pour me déclarer catéchumène et lui « demander de m’instruire de la religion chrétienne.
« Je me suis aussitôt mise à l’étude. J’ai reçu le baptême. Dès lors, mon âme jouit d’une « grande paix. Je suis heureuse autant qu’on peut l’être en ce monde, car je suis devenue « l’enfant de Dieu.
« Depuis mon baptême, ,je me suis sentie animée d’un grand désir de travailler à instruire « les autres. J’ai converti, dans mon village, toute ma famille, qui est allée s’installer à Cua-« sung. J’ai amené aussi à notre sainte religion mon second fils que voici, avec sa femme et « son enfant. Je m’occupe actuellement de la conversion de mon fils aîné. Son cœur est « encore dur comme la pierre. Néanmoins, j’ai bon espoir. Car l’autre jour est mort un petit « enfant de la famille. Les parents étaient dans la désolation. J’ai pu le baptiser avant son « dernier soupir ; et j’en suis tout heureuse. Je ne doute pas, en effet, que ce petit ange du bon « Dieu n’intercède pour tous les nôtres, et qu’il ne m’aide à convertir mon fils aîné et tous les « siens. »
« A Ninh-Binh, continue Mgr Marcou, chef-lieu de la province de ce nom, M. Pilon a enfin vu couronner tous ses travaux de ces dernières années par la consécration de la belle église qu’il a élevée à la gloire de la sainte Vierge. Mgr Gendreau, le vénéré vicaire apostolique du Tonkin occidental, a bien voulu venir présider la première cérémonie de ce genre qui se faisait au Tonkin.
« Nous conformant au désir du Saint-Père, exprimé dans l’Encyclique Acerbo nimis, nous avons fondé, dans chacun des principaux centres du vicariat, Phat-diem, Thanh-hoa, Ninh-binh, une école, où les enfants des chrétiens puissent apprendre le français et s’initier aux éléments des sciences sans avoir recours aux écoles du gouvernement, où leur foi serait presque toujours plus ou moins exposée. C’est Ninh-binh qui a eu son école en dernier lieu. Voici ce qu’écrit à son sujet M. Pléneau : « A peine ouverte, l’école recevait un jeune païen, « du nom de Kim. Dès son arrivée, je remarquai son ardeur au travail, et surtout à la classe de « catéchisme, que je fais chaque samedi, à tous les élèves chrétiens et païens. Après trois mois « d’études acharnées, il ne vint plus. Je pris des informations et je sus que ce jeune homme « était alité et souffrait de la fièvre.
« Quelques semaines se passent. Un mercredi, jour de congé, poussé sans doute par mon « bon ange, je partis visiter le petit malade. A peine entré dans sa pauvre chaumière délabrée, « j’entends ces paroles, prononcées avec un accent plaintif : « Père, Père, je vous en prie, « donnez-moi le baptême. Tout ce que vous avez dit en classe, je le crois de tout mon cœur . « Je crois en un seul Dieu créateur. Je crois à la Sainte Trinité, au Fils de Dieu, seconde « personne de la Trinité, qui est venu parmi nous, et est mort pour nous racheter. Je crois à la « sainte Église, dont je veux être l’enfant. »
« J’étais touché jusqu’aux larmes. Je lui donnai le baptême avec une joie que je ne saurais « exprimer. Puis, je m’entretins quelques instants avec ses parents. Dix minutes, un quart « d’heure au plus, après avoir été fait enfant de Dieu, Marius Clément (c’est le nom que « j’avais donné à mon petit néophyte) partait pour le ciel, pour le contempler et l’aimer « éternellement. »
Mgr Marcou termine son compte rendu par un coup d’œil jeté sur les œuvres générales de la mission, le petit séminaire, les hôpitaux et les léproseries. « Depuis quelque temps, dit Sa Grandeur, nous reconnaissons la nécessité de relever ou développer les études de nos petits séminaristes. Comme ces jeunes gens n’entraient au collège qu’à l’âge de seize à dix-huit ans, et que le séjour dans cet établissement n’était que de six années, la moyenne des études était insuffisante. Les élèves mieux doués seuls pouvaient, dans ce court espace de temps, acquérir la science nécessaire. La première chose à faire pour augmenter le niveau de l’instruction, c’est de prendre les éléments plus jeunes, et de les garder plus longtemps au séminaire. Nous le comprenons. Aussi, nous avons établi un probatorium, où les enfants seront admis de douze à quinze ans, et où ils passeront une année ou deux, suivant leurs aptitudes, pour faire ensuite leur temps normal de petit séminaire. Un autre avantage d’un pareil établissement sera de nous permettre un meilleur choix des enfants destinés au petit séminaire.
Les charges de la mission seront un peu plus lourdes, mais, devant l’importance du but à atteindre, nous ne pouvions que nous confier en la divine Providence et aller de l’avant.
Dans les hôpitaux et les établissements de la Sainte-Enfance, les Sœurs de Saint-Paul continuent à nons prêter le concours le plus dévoué, et à nous édifier par la pratique d’une charité que rien n’arrête, et qui fait l’admiration même des infidèles.
Des deux léproseries que nous possédons dans ce vicariat, l’une, celle de Phuc-nhac, reçoit des subsides du Gouvernement ; l’autre, celle de Thanh-hoa, est entièrement à la charge de la mission. M. Collomb, qui en est chargé, m’écrit : « J’ai eu 11 baptêmes in articulo mortis. Ce « chiffre aurait été plus élevé et l’œuvre prendrait une autre extension, si les secours qu’on « distribue aux lépreux étaient plus abondants. Croirait-on qu’ils doivent se suffire avec 2 « cents ½ par jour ? Les ressources de l’œuvre ne permettent pas de leur donner davantage. « D’un autre côté, les autorités communales des villages environnants leur défendent d’aller « mendier sous peine de s’exposer aux plus mauvais traitements. Ces malheureux font pitié à « voir. Cependant, malgré leurs souffrances, ils sont bien résignés ; car, c’est en entrant dans « la léproserie qu’ils comprennent les bienfaits de notre sainte religion, qui ordonne la charité « envers le prochain. Abandonnés des leurs, chassés de leurs villages, que seraient-ils devenus « s’ils n’avaient été recueillis par la charité chrétienne ? Aussi, s’ils ne sont pas chrétiens « quand ils arrivent, ils ne tardent pas à le devenir, et tous sont baptisés sinon dans les « premiers temps, du moins au moment de la mort. Je n’en ai pas encore rencontré un seul, « qui ait refusé d’étudier et d’embrasser le christianisme. »



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