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Rapport annuel des évêques

Année: 1914
Pays: Vietnam
Mission: Cochinchine Occidentale
Rédacteur:Mgr Quinton

II. — Cochinchine Occidentale

Population catholique 71.907
Baptêmes d’adultes 1.261
Baptêmes d’enfants de païens 4.621
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La Mission de Cochinchine occidentale a été très éprouvée dans son personnel.
« Au mois de janvier dernier, écrit Mgr Quinton, notre vénéré vicaire apostolique, dont la santé avait subi de graves atteintes pendant les trois dernières années, a été obligé de nous quitter pour aller demander au climat de France le rétablissement de ses forces épuisées. Après un assez long séjour dans un sanatorium de Suisse, Sa Grandeur nous annonce qu’Elle va beaucoup mieux. Plaise à Dieu que son retour au milieu de nous ne se fasse pas attendre trop longtemps ! En effet, les difficultés provenant du manque de personnel deviennent de plus en plus grandes. Depuis le départ de Mgr Mossard, deux missionnaires, MM. Génibrel et Prouteau, sont morts, ainsi que deux prêtres indigènes très zélés, les PP. Duoc et Qui ; M. Bosvieux, qui sentait ses forces diminuer de jour en jour, a dû rentrer en France ; deux prêtres indigènes, d’un âge avancé, ont demandé à être déchargés de leurs paroisses ; un autre, encore relativement jeune, est devenu presque aveugle et ne peut plus assurer le service régulier dans ses chrétientés.
« Nous avons plusieurs missionnaires en France ; mais nous n’espérons pas qu’aucun puisse rentrer ici avant la fin de la guerre. Il est vrai que huit nouveaux prêtres ont été ordonnés ; toutefois, il est nécessaire de les initier à la pratique du saint ministère, avant de leur confier un poste.
« Si le nombre des catéchumènes baptisés n’est pas aussi grand que le compte rendu de l’an dernier le faisait espérer, cela vient de ce que les confrères, chargés du district de Bentré, où nous avons près de 600 catéchumènes, ont jugé prudent d’attendre et de prolonger l’épreuve plus que de coutume. En effet, ces catéchumènes, formant des agglomérations isolées des autres chrétientés, il faut, de toute nécessité, les éprouver davantage et aviser, si faire se peut, au moyen d’encadrer ces nouvelles recrues dans une élite de bons chrétiens habitués, de longue date, à la pratique de notre sainte religion. Par ce moyen, les néophytes prennent beaucoup plus vite les habitudes chrétiennes, et, au bout d’un certain temps, on ne les distingue plus des chrétiens de race. La difficulté est de trouver des familles qui puissent et veuillent aller se fixer au milieu d’eux.

« Dans le compte rendu de cette année, trois chiffres me paraissent particulièrement consolants » ce sont ceux des confessions annuelles, des communions et des mariages : les autres restent à peu près les mêmes que l’an dernier.
« Le nombre des communions pascales tend à se rapprocher de plus en plus du nombre des confessions annuelles. Cela indique que, graduellement, on arrive à suivre à peu près partout le décret Quam singulari amore. A moins d’en avoir fait soi-même l’expérience, on ne se figure pas toutes les difficultés que présente, dans notre mission, l’application de ce décret, qui sera, nous l’espérons, le salut de notre jeunesse annamite.
« La préparation des petits enfants à la première communion, si elle est faite sérieusement, est une tâche extrêmement pénible pour les ouvriers apostoliques. Beaucoup d’enfants arrivent à l’école à l’âge de huit à dix ans sans avoir reçu, dans la famille, aucune éducation religieuse ou morale, ne sachant pas la plus petite prière, ne connaissant rien de Dieu ni de l’âme. Pour préparer, dans un temps restreint, un certain nombre de ces enfants à recevoir l’absolution, dont ils ont parfois grand besoin, il faut se donner beaucoup de mal. C’est pourquoi, dans les grandes chrétientés, où deux prêtres suffisaient autrefois, trois n’arrivent pas à faire tout le travail qui s’impose depuis la publication du décret sur la communion des enfants.
« Si nous pouvions obtenir que les parents donnent aux enfants une formation plus chrétienne et les instruisent eux-mêmes des vérités essentielles, la tâche des prêtres, des instituteurs et des institutrices en serait bien moins pénible. Nous espérons y arriver malgré les difficultés ; le nombre toujours croissant des communions nous en est une garantie certaine. Le chiffre des communions passe, cette année, de 599.682 à 643.764 : or, il est impossible que les pères et mères de famille qui se confessent et communient souvent, ne finissent pas par mieux comprendre leurs devoirs envers leurs enfants. Voilà pourquoi j’ai grande confiance dans la réception fréquente des sacrements de pénitence et d’eucharistie, pour nous aider à établir la famille vraiment chrétienne en Cochinchine.

« Nous comptons, cette année, 821 mariages, cent de plus qu’en 1912-1913. Cette augmentation a son importance, étant donné que les jeunes gens, surtout ceux des villes, tendent de plus en plus à suivre la mauvaise coutume française de ne se marier que très tard ou de ne pas se marier du tout, légitimement. La moyenne des mariages dans nos districts — Saigon mis à part, à cause de la population européenne — était tombée, les deux dernières années, au-dessous d’un mariage pour 100 chrétiens ; elle est remontée, cette année, à un mariage pour 82 chrétiens.
« Mais il ne suffit pas que les gens se marient ; il importe surtout qu’une fois mariés, ils ne se séparent pas pour les motifs les plus futiles, comme cela arrive trop fréquemment. Malheureusement, l’exemple des païens, joint à celui que donnent certains de nos compatriotes et quelques riches chrétiens annamites, tend à introduire le divorce parmi nos catholiques aisés. Comme c’est le fondement de la foi qui manque à la solidité de ces unions, là encore les sacrements de pénitence et d’eucharistie nous sont d’un grand secours pour maintenir les époux dans la pratique de leurs devoirs réciproques.

« Notre séminaire compte actuellement 149 élèves, dont 23 en philosophie ou en théologie : et 126 dans les classes d’humanités et de grammaire. Nous avons aussi deux élèves au collège général de Pinang.
« La communauté des catéchistes, dirigée par M. Ernest Hay, comprend 13 catéchistes en fonction, et 25 élèves-catéchistes. Nous aurions besoin d’un bien plus grand nombre de ces auxiliaires si précieux pour l’évangélisation et l’instruction des catéchumènes : mais la fonction de catéchiste, très méritoire devant Dieu, est si modeste aux yeux des hommes, qu’elle n’attire qu’un petit nombre de nos jeunes Annamites.
« Les Frères des Ecoles chrétiennes ont à l’Institution Taberd 873 élèves, dont 362 chrétiens et 511 païens. Les Frères tiennent encore l’école paroissiale de Mytho, que fréquentent 175 élèves. Il serait grandement à désirer que nous eussions beaucoup d’élèves semblables dans notre mission.

« Il y a au Carmel de Saigon 32 sœurs professes, 2 novices et 4 postulantes. Pendant que les ouvriers apostoliques plantent et arrosent le champ du Seigneur, Ces religieuses prient le Maître de la moisson de bénir leurs travaux et de donner l’accroissement.
« Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres — 73 religieuses européennes et 225 religieuses ou novices indigènes — ont 196 élèves, dans leurs pensionnats ; 652 garçons ou filles dans leurs orphelinats, et 899 élèves dans leurs écoles. Elles ont soigné 9.168 malades dans leurs hôpitaux ; 402 adultes et 2.124 enfants ont reçu le baptême dans les établissements de nos zélées auxiliaires.
« Nos quatre couvents annamites comptent 403 Sœurs, novices ou postulantes. Ces religieuses nous rendent de grands services, dans les chrétientés dont elles tiennent les écoles. Malheureusement, le nombre des sœurs valides ne suffit pas pour la direction de toutes les écoles. »


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